Archive pour le mot-clef ‘Video’

Olivier Lemort

Mercredi 3 août 2011

Les hommes, Vidéo, 2mn44 s, en boucle.

 

Je tente, dans cette vidéo, de m’approprier des stéréotypes masculins issus du cinéma américain. Par l’utilisation du play-back, j’incarne tour à tour les personnages de cinq films à gros succès.

Les répliques choisies sont représentatives d’une certaine masculinité, tout comme la voix des acteurs : pour la version française, ceux-ci sont choisis en fonction de leur voix, sensée correspondre au personnage masculin qu’ils doivent rejouer. Cette masculinité se trouve définie par rapport aux femmes, aux hommes, au corps et à sa signification, au contexte social. Le montage des répliques entre elles introduit, tout en les révélant, un nouveau jeu de ces rapports.

Mes ceux-ci prennent une autre dimension grâce à l’image. Ces répliques, c’est un homme nu, se cachant le sexe, qui les dit, qui les confesse. Cette vidéo étant destinée à être diffusée de manière à ce que les regardeurs la surplombent, cet homme se trouve dans une position de fragilité, de soumission face à eux, dans une posture qui rappelle la contrition, en référence à la peinture classique religieuse. Les répliques vont alors prendre une autre signification : le corps ainsi nommé entre en confrontation avec sa propre image. Ce qui est questionné dans ce travail, au-delà des questions de genre, c’est le devenir du corps lorsqu’il est pris dans le langage.

 

 

Aurélie Sement

Vendredi 22 octobre 2010

« Carrousel », 2010, vidéo DV, 5’ (en boucle)

Déchetterie, Marché de Rungis, Blanchisserie, Centre hospitalier, Aurélie Sement filme dans ces lieux retirés, à la géométrie implacable, les mouvements bien réglés qui entraînent les personnages dans d’étranges ballets mécaniques.
Captif de ces univers sans finalité, l’homme devient un jouet remonté qui répète encore et encore le même mouvement, prisonnier du temps cyclique de la boucle vidéo.

aureliesement.blogspot.com

Clémence Périgon

Vendredi 22 octobre 2010

Pose (rivière), 2006, vidéoperformance, 30 mn

« Dans sa série des Poses, qui sont toutes des vidéo performances, Clémence Périgon se met en scène, immobile, dans un pan de paysage cadré une fois pour toutes. Ces films ont tous une durée de 30 minutes, durée imposée par le format des cassettes vidéo utilisées. Ils sont ensuite restitués dans leur intégralité, sans aucun montage. Les deux seules options récurrentes dans sa série étant sa présence — du moins celle de son corps — et l’immobilité de cette présence. Elle peut être immergée dans l’eau saumâtre d’une mare, sa tête seule affleurant à la surface. Elle peut être accrochée à mi-hauteur d’un poteau électrique en plein champ. Elle peut être couchée au milieu d’un tas de bûches, sa tête emperruquée dépassant seule de cet amas végétal et mort. Elle peut être accrochée au tronc d’un immense pin, telle une excroissance hors règne poussée à même l’écorce.

À quoi aspire l’artiste au fil de ces demi-heures de fixation patiente au flanc des paysages ? À disparaître dans le décor, à la possibilité d’une action, à expérimenter un panel de sensations naturelles, à rêver, à réaliser des exploits, ou du moins à battre des records ? Ou bien, en guerre, à attendre l’ennemi. Tout ce catalogue d’efforts éreintants et vains en vue de se camoufler finit par esquisser, bien au-delà du burlesque et d’un comique que l’on dit de répétition, l’inquiétante sensation d’une petite armée du même soldat multiplié, petite armée de sentinelles affairées à sa propre sécurité, égrenée dans un paysage perpétuellement innocent.
Quant à cette hypothèse de la guerre, Clémence Périgon m’a répondu : « Le personnage peut être n’importe quoi mais pas n’importe qui. Comme tu le suggérais, il pourrait être un soldat parce qu’il est vide. Il attend une guerre qui malheureusement n’arrive pas. » Et si la guerre n’arrive pas, c’est peut-être qu’elle n’a jamais cessé d’être présente, rendue invisible par cette permanence même. Et surtout, qu’à force d’être guettée du côté de l’extérieur, on en vienne à supposer qu’elle ait pour caractéristique d’être intérieure.
En tout cas, il doit s’agir, d’une manière ou d’une autre, de se débarrasser d’un corps, de le distraire et de le perdre dans un effort ou une attente que rien ne motive plus intellectuellement, ni même fonctionnellement. »
Extrait d’un texte de Jean-Yves Jouannais : Les camouflages de l’infemme Clémence Vassili César Périgon, publié dans la revue Semaine 13.07, à l’occasion de l’exposition ah ! ah !, Galerie du Dourven, Trédrez-Locquémeau, 2007.

http://clemence.perigon.free.fr/

Oxo-Factory

Vendredi 22 octobre 2010

Oxo-Factory est né de la rencontre d’Est#era (Estera Tajber) et de Misiu (Jean-Baptiste Boiteux), artistes vidéastes franco-polonais implantés à Paris. Leur travail s’inscrit à la frontière entre les arts visuels, le théâtre, la création textile. Leur activité artistique de «mix media», se concentre autour des problématiques du temps et de l’espace. Ils invitent sur chacun de leur projet à découvrir de manière ludique un univers urbain fait d’abstractions et de réels provoquant une communication entre l’oeuvre et celui qui la regarde ici et celui qui la regarde là-bas. Oxo-Factory invite les gens à venir s’immerger tout entier dans cette nouvelle réalité.
Ils travaillent en collaboration avec Marcin Wierzbicki (compositeur / programmeur Max/MSP), Tomek Choloniewski (Percussionniste), Sylvain Maziere (R&D), Nikolas Polowski (Décors), Aneta Wierzbicka et Christelle Lassort (violonistes), Olivier Metayer et Nicolas Verger (Appat 203), Patrick Vidal (Musicien, DJ).
www.oxofactory.com

Camilo Osorio Suarez

Vendredi 22 octobre 2010

L’écriture des choses ou la contemplation

Un pavé, une corde de cloche, des objets existants, tout peut devenir matière première dans la pratique de Camilo Osorio Suarez. Tout va très vite, les idées se bousculent, chacune étant prétexte à un développement possible. La technique matérialise le regard intuitif que l’artiste porte sur le monde et exploite les médiums qui lui sont nécessaires: la peinture, le dessin, la gravure, la sérigraphie, la photographie, la vidéo et l’installation. D’une grande prolificité, l’artiste questionne son rapport aux choses en créant une tension interne dans ses propositions.
L’acte de créer est pour lui une nécessité de « vider » son inconscient. Les éléments observés dans son environnement sont toujours rapprochés de leur essence qu’il soit cosmologique, tautologique, scientifique, organique, afin de nous en montrer leur force ou leur faiblesse, ou simplement en faire un constat. Un bassin de sel manufacturé reflète son histoire propre par
son usure et la fixation du sel sur les parois. Un olivier plongé dans sa propre huile nous interroge sur ce qu’est l’essence de cet arbre : ne sert-il simplement qu’à produire de l’huile ?
La confrontation des éléments devient le moyen de faire surgir les préoccupations de l’artiste.
Dans une installation, il reproduit une table cosmologique dont la fragilité est visible par la disposition des éléments, ou encore se penche sur les tensions électriques qui seraient factrices de migraine.
L’éclectisme de l’œuvre de Suarez n’est autre que l’immense vocabulaire dont il use comme une forme d’« écriture purgatoire » puisée dans la mélancolie du monde observé. Son œuvre transfigure cette notion et véhicule un regard posé sur la société. Poète contemporain, les mots et les formes s’unissent désormais dans un langage plastique en permanente évolution à l’exemple de sa dernière série de peintures dans laquelle l’écriture et la peinture s’entremêlent.
Fabienne Bideaud

www.osoriosuarez.com

Ms&Mr

Vendredi 22 octobre 2010

Ms&Mr perceive their practice as domestic Science Fiction, seeking the potential of unrealized, augmented relationships. They frequently use their own relationship and archival material as the vehicle for these ideas, finding narrative leverage in the realm of theoretical physics.
In Videodromes for the Alone: The Lovecats 1991/2007, Stephanie lip-syncs and dances to the Cure’s ‘The Lovecats’ in ’91, however in this adaptation an adult Richard accompanies her in the dance, crossing literally from the open black digital space into the screen of her past and restoring Stephanie lone lip sync to the plurality of the original song’s title and her original intention for it to be a collaborative lipsync.

www.msandmr.net

Nicolas Juillard

Vendredi 22 octobre 2010

Extraits du compte rendu du Nagazi-Spectrums-Shearsh-Group après l’approche à l’aveugle du Paysage Audiovisuel Français, à la Cité Internationale Universitaire de Paris en novembre 2007, sur une invitation du collectif Glassbox:

Comme en témoigne l’extrait vidéo de la première retransmission, la météo n’était pas particulièrement bonne ce 10 novembre 2007, un temps d’automne typique en France. Le facteur vent étant insuffisant, l’éolienne n’a quasiment pas fourni d’énergie, les captations étaient donc essentiellement le produit de l’ensoleillement du jour. Nous avons réalisé 90 minutes de vidéo afin de rendre compte de ce « non-événement » médiatique mais l’archivage n’est absolument pas au centre de nos préoccupations : Music For Masses #2 s’éprouve en direct, nous voulions produire de « l’ambient music » ou de la météorologie médiatique au sens littéral…

De la pluie et du beau temps
D’ailleurs ce dispositif fonctionne au « premier degré » : en tant que météo-dépressifs, nous pensons que le P.A.F., au même titre que tout paysage, est soumis aux aléas météorologiques. La consommation télévisuelle d’un lieu va, par exemple, augmenter proportionnellement à sa pluviométrie ; un orage, quant à lui, conditionnera un arrêt de l’appareil de réception. Les nombreuses incidences de la pluie et du beau temps sur nos comportements d’auditeurs et/ou de téléspectateurs pourraient être ici énumérées et recensées, mais cela ne relève pas des attributions du Nagazi-Spectrums-Search-Group. C’est néanmoins ce type de constatation essentiel qui nous a amené à placer « la météorologie » référent touristique et facteur de sociabilité universel, au centre de notre dispositif expérimental d’observation de la sphère médiatique. Autres spéculations capitales qui illustrent l’influence des phénomènes atmosphériques sur notre société, les lois de proximité journalistique, et plus particulièrement celle du « Mort-kilomètre » que nous synthétiserons librement comme suit : la prévision d’intempéries dans notre région devient plus importante que l’accident sur la route des vacances qui se déroule à 200 km, et que le génocide à 2000. Cette déontologie lucide qui érige la mitoyenneté géographique et/ou culturelle au rang d’étalon principal de notre conscience du monde, dicte actuellement la conduite de la quasi totalité des médias. Il nous est donc apparu fondamental de rendre un modeste et absurde hommage sculptural à ce principe de hiérarchisation de l’information. C’est donc par tautologie plastique que notre instrument de mesure favorise une étude globalisante et approximative de la forme neutralisée médiatique et que nos diffusions se  restreignent au voisinage immédiat. N’étant ni des professionnels, ni des analystes de renom de la médiatisation, nous assumons parfaitement cette position de néophytes ou, c’est selon, de touristes du P.A.F., nous irons même plus avant en nous intronisant éboueurs-dilettantes de l’environnement médiatique.

De l’écologie médiatique
À défaut d’être « libre », Music For Masses #2 est une radio-balai, qui recycle, compile, et réordonne chaotiquement les transmissions radiophoniques. Si la machine entraîne une mise en abîme aléatoire de ces émissions, elle n’y ajoute strictement rien. Perroquet des ondes, elle n’est que le révélateur de ce qui nous est donné à entendre quotidiennement. Il s’agit d’un système de tri sélectif arbitraire par « le temps qu’il fait » de l’entertainment diffusé à la population. Le dispositif recompose ainsi, à notre place, une partie de la masse d’informations que nous devons habituellement gérer seul : pourquoi et comment organiser de manière cohérente une corbeille audiovisuelle contenant des interférences, un calembour de Philippe Bouvard, une chanson de la Nouvelle Star, le résultat de Lyon-Bordeaux et l’annonce de la crise financière…? MFM#2 va fournir une classification automatisée et écologique de tels éléments : c’est à dire qu’elle va structurer selon une logique environnementale instantanée, le phénomène de désinformation (inhérent à la surproduction de données pour preuve ce texte) et le synthétiser en un objet sonore que nous pourrions qualifier de « compost médiatique ». Certes, ce média-terreau offre une vision fragmentaire incomplète et compressée du panorama étudié, mais il propose une alternative « statistique » à des systèmes de mesure subjectifs. À l’image de la quasi totalité des productions médiatiques de notre société, ce fumier hertzien obéit à des critères quantitatifs et non qualitatifs. L’objet d’un tel dispositif étant d’obtenir une « radiographie », un cliché sonore du P.A.F. le plus objectif possible, afin de trouver des solutions de retraitement des « infos usées » ; leur recensement historique actuellement proposé comme méthode unique nous apparaissant pédagogiquement aussi utile qu’un herbier pour la gestion des déchets nucléaires.

Du facteur X
Le N.S.S.G désirait également réactiver un geste expérimental primitif que la grande majorité de notre génération, née entre 1960 et 1981, a pratiqué sans doute de 3 à 6 ans « le free radio-tunning ». Cette expérience, ébauche enfantine du « turntablism » consiste à prendre un transistor quelconque et à en moduler aléatoirement les fréquences. Le sujet passera ainsi manuellement d’une station à l’autre jusqu’à la fameuse « radio-martien » de fin de bande, créant ainsi, par un mouvement de va-et-vient, son premier mixage électronique improvisé.
Pour expliquer les intentions liées à cette attitude résolument «électronique», qui n’a toujours pas fait, à notre connaissance, l’objet d’études approfondies, nous formulerons deux hypothèses : cet acte conduirait à échapper, de manière ludique, aux conventions académiques d’un langage utilitariste et dépersonnalisé. Il pourrait également s’agir d’une démarche intuitive de communication avec d’autres espèces que l’homme. Générateur autonome de « chants-dada-médiatiques », MFM#2 s’inscrit donc dans cette tradition de relativisme ethnocentrique par l’irrationnel.
Autre référence à cette génération qualifiée de X, le titre même de la pièce et l’analogie formelle entre le dispositif et une pochette d’un album homonyme de Dépêche Mode. Non, que le collectif ait décidé de rendre hommage à la production musicale de ce groupe, mais nous nous devions d’assumer le premier phénomène de réminiscence visuelle dont nous avons été victime. C’est en 2002 au Québec, lors des premiers tests publics du prototype, qu’un observateur, épais mélomane, nous a fait redécouvrir la jaquette que nous connaissions effectivement mais que nous avions oublié. Le projet s’appelait alors « F.M.AIR ». Cinq années plus tard, lors de l’élaboration de la version définitive, nous réalisâmes qu’il était impossible pour des raisons de politesse élémentaire et de sérieux scientifique de l’affubler d’un #2. Nous avons alors opté pour ce nom légèrement modifié, qui faisait par rebonds successifs, allusion au dit pop-band, mais surtout au magazine féminin éponyme, synthèse visionnaire de « fashionable » et d’informations qui préfigurait l’actuelle évolution médiatique.

De la logique de l’écho
Au vu des réactions, lors du vernissage, de l’audience qui nous a à plusieurs reprises demandé quels samples nous utilisions, et afin d’être en totale conformité avec les nouvelles lois de libres-échanges culturels, nous tenions à clarifier le fonctionnement audio de la pièce : comme exposé précédemment, nous considérons la réalité médiatique comme un écosystème, et c’est donc par rigueur logique que nous avons utilisé un système d’écho afin de la sonder. S’il y a effectivement un phénomène de répétition produit par cet effet de réverbération, sa durée est courte et constante (mise à part l’alimentation en énergie la météorologie n’affecte aucun paramètre dudit effet) chaque captation est donc traitée « audiophoniquement » de façon similaire. À l’opposé d’un échantillonneur, cette machine à discours est dépourvue de mémoire, la navigation au sein de la sphère médiatique se déroule ainsi sans boîte noire. Cependant, nous avons constaté sur nos relevés l’omniprésence de termes économiques faisant allusion à une dépression (non atmosphérique), ainsi qu’un phénomène de répétition patronymique régulier et constant. Le Nagazi-Spectrums-Search-Group décline toute responsabilité relative à un contenu alarmiste et propagandiste du recyclage médiatique produit par son anémomètre sonore. Le groupe adopte sur le langage, un point de vue scientifique, il envisage la parole pour ce qu’elle est physiquement : un son, une vibration de l’air, du vent. Notre appareil ne produisant que des transmissions aléatoires, et n’ayant, au même titre que tout citoyen, aucun contrôle sur le Paysage Audiovisuel Français, nous ne pourrions être accusé d’une volonté de standardisation de ce dernier. Nous tenions également à déclarer que nous ne téléchargeons aucun fichier sur internet et que nos rediffusions sont à but non lucratif. Nous serons gré aux organismes compétents de ne pas entamer de procédure concernant les droits d’exploitation ou de copyright.

Synthèse et premières conclusions
Après expérience, nous constatons que ce prototype fournit un « bulletin météo sonore » du paysage radiophonique d’un lieu donné à un instant T, et donc par extrapolation, une image partielle de la « réalité médiatique » de ce même lieu. Image partielle, car pour l’instant nos moyens nous limitent à une approche spéculative radiophonique du matériau médiatique. Malgré une introduction au P.A.F. sans visuel, nous avons l’intime conviction, que ces premiers « scans sonores radiophoniques » constituent un progrès non négligeable pour une étude plus objective, du chaos ordonné (ou réalité) de panoramas médiatiques internationaux.
Et nous pouvons d’ores et déjà avancer avec certitude qu’il n’est désormais plus nécessaire d’attendre la fin du journal pour connaître la météo…

http://nicolasjuillard.free.fr/

Hanna Husberg

Jeudi 21 octobre 2010

Le travail d’Hanna Husberg évolue entre une pratique régulière de la vidéo, des interventions ponctuelles in situ, et plusieurs projets d’installation mettant en jeu divers aspects de notre perception physique et visuelle.
L’observation de la matière – la façon dont l’eau passe d’un état à un autre, les mouvements internes du liquide ou du gaz, transmission, photosynthèse, mutation et évolution – qu’elle soit naturelle ou artificielle, constitue une des sources conceptuelles de ses recherches les plus récentes, comme le projet « Dead zone », qui reconstitue de façon artificielle le phénomène de zone morte ou zone anoxique, que l’on observe dans les mers et les lacs atteints par des efflorescences algales et l’installation « Culture Hors Sol », où la renouée du Japon, une plante classée «envahissante» en Europe, a été transposée dans le lac artificiel du Parc du Buttes Chaumont, sur une plateforme flottante donnant les conditions de base, non optimisées, pour la survie dans un environnement hostile.
Jb. Calistru

Christophe Herreros

Jeudi 21 octobre 2010

Christophe Herreros est cinéaste. Il réalise des courts métrages qui sont projetés en boucle. Ses films sont intrigants. Il ne se passe rien, et puis soudain le mouvement de la caméra s’accélère ou s’élève et on voit surgir toute une foule de personnes dont on ne soupçonnait pas la présence, avant de revenir au lent panoramique d’une forêt ; ou bien un groupe d’individus se tient autour d’une voiture avant qu’elle ne démarre pour disparaître à l’horizon. Je vous décris ce que ma mémoire a retenu, en plus d’une impression d’ambiance assez proche du « middle-west » qui sert de cadre à l’avion de la Mort aux trousses. Christophe Herreros sait jouer des références sans qu’elles soient explicites. Dans ses films, à la première vision, la surprise survient souvent du hors-champ, de ce que certains appelleraient le hors-d’œuvre. L’essentiel semble être au-delà de l’image comme la vérité est ailleurs. Ainsi les images et mouvements de caméra semblent être les indices d’une énigme qui ne serait pas à résoudre. Certaines de ces séquences apparaissent comme des premières prises, voir comme les chutes de pellicules d’un long métrage que nous ne verrons pas. L’imaginaire du regardeur est ainsi sollicité. C’est toute la vertu poétique de l’ellipse. Le spectateur peut ainsi se satisfaire d’apprécier la qualité de l’image et du plan, en s’intéressant au déplacement d’une figure dans un paysage. L’ambigüité de ce travail est le savoir-faire technique dont il témoigne, savoir-faire qui peut permettre à Christophe Herreros de tenter l’amorce d’une narration. Il ne fait que l’effleurer, car au moment où l’histoire pourrait commencer, la séquence s’arrête pour reprendre à son début. Ainsi le mouvement de la caméra, le plan qui en est issu, s’identifie à l’essence même du récit. En effet, à partir de l’instant où la répétition intervient, ces séquences entrainent le spectateur vers une autre vision, celle d’une substance cinématographique qui devient elle-même son propre sujet, son propre récit, à la façon dont la vue d’un train pénétrant dans la gare de la Ciotat contenait déjà toute l’histoire du cinéma à venir.

Marc Desgrandchamps

christopherreros.com

Estrella Estevez

Jeudi 21 octobre 2010

Au départ de mon travail il y a l’errance, la déambulation… pendant lesquelles ma pratique se nourrit au hasard des découvertes, dans des paysages tant naturels que citadins.
Ce travail s’imprègne des forces opposées d’un monde qui s’érige et qui s’affaisse, sorte d’extraction de fragment d’un paysage en perpétuelle mutation; passant ainsi d’une observation de la nature entropique à une proposition plastique.
La forme, la matière  sont les lignes directrices d’un processus de transformation de pièces que je produis: transformation « des choses », une transformation organique dans le temps comme un fossile.
Ma démarche s’inscrit dans un questionnement de la sculpture classique  et contemporaine.
A travers son élaboration, la sculpture prend corps dans un «combat» et une «résistance» où tout reste encore possible par rapport à l’idée de départ.
C’est dans cet état de possibilités que mon travail se place, entre opposition et mise en tension des matériaux (matériaux de construction, industriels ou organiques, objets anodins, banals, rebuts…) choisis en fonction de leurs qualités physiques et symboliques; cherchant ainsi à instaurer un langage esthétique à travers les qualités physiques propres aux matériaux.
J’utilise également la photo et la vidéo qui me permettent de témoigner d’une action et de révéler la dimension sculpturale de certaines de mes pièces.

Laure Carnet

Mardi 19 octobre 2010

Interaction (n.f) : Relation existant entre deux éléments d’un système et qui fait que l’activité de l’un est déterminée par l’activité de l’autre.

Je ne cherche pas à raconter une histoire. Ce qui m’intéresse, c’est d’en susciter une. Par le biais du film, de la photographie ou du dessin, je porte un regard sur nos états et nos attitudes. Le spectateur se retrouve généralement face à des personnages solitaires qui effectuent dans des lieux familiers ou reconnaissables une action qui peut paraître décalée. J’utilise des objets, les décontextualise et les détourne pour leur attribuer un nouveau sens. Pourvu d’une trame narrative sous-jacente, mon travail peut s’interpréter comme une prise de parole. Ces interprétations étant miennes, elles se font au féminin.
www.laurecarnet.com

Mélanie Berger

Samedi 16 octobre 2010

Mon travail est traversé par des imaginaires de conflit, de lutte, de chaos, de multiple : les pièces que je propose oscillent entre forme et informe, prises par des mouvements et énergies multiples, souvent contradictoires. Chacune me pose un défi : comment dire sans enfermer, comment affirmer une présence tout en la déplaçant ?

J’utilise le dessin, la vidéo d’animation, le livre, comme expression directe d’une pensée évolutive, qui garde en mémoire ses erreurs, ses failles, tout en continuant à se développer.

www.melanieberger.net

Sue-Elie Andrade-Dé

Samedi 16 octobre 2010

www.sueelieandradede.com

Hanna Husberg

Mardi 13 avril 2010

Jeune Création en partenariat avec la Mairie du 18e
présentent l’exposition de:
Hanna Husberg


Le travail de Hanna Husberg évolue entre une pratique régulière de la vidéo, des interventions ponctuelles in-situ, et plusieurs projets d’installation mettant en jeu divers aspects de notre perception physique et visuelle.
L’observation de la matière, la façon dont l’eau passe d’un état à un autre, les mouvements internes du liquide ou du gaz, transmission, photosynthèse, mutation et évolution, qu’elle soit naturelle ou artificielle, constitue une des sources conceptuelles de ses recherches les plus récentes, comme le projet « Dead zone », qui reconstitue de façon artificiel le phénomène de zone morte ou zone anoxique, que l’on observe dans les mers et les lacs atteint par des efflorescences algales.

Dans le cadre de l’exposition proposée à l’espace Jeune Création, Hanna présente, “skogsö” 4’09, “vass” 3’ et “mustikka”, un ensemble qui renvoie à sa terre natale reprenant le proverbe finnois “ Fraise, ma propre terre, myrtille la terre d’ailleurs” dans l’espace fréquenté par les vibrations du métro parisien.

Une situation duale, hybride, tel le contraste entre le groupe de spatules rosées du pavillon “Fauna de l’Indonésie”, et le conservatoire d’un zoo moscovite sous la neige. » – Jb. Calistru


Hanna Husberg
envoyé par Jeune-Creation. – Découvrez plus de vidéos créatives.

Exposition du 22 avril au 2 mai 2010

*vernissage le mercredi 21 avril à partir de 18h
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6 villa Guelma 75018 Paris – métro Pigalle

mercredi jeudi vendredi 11 – 17h mardi 13 – 21h samedi 14 – 18h

01 42 54 76 36 – info@jeunecreation.org
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Exposition coordonnée par le comité « Jeune Création »

Lionel Desneux

Lundi 11 janvier 2010

« Processus organique d’un organisme mécanique »

Exposition du 21 Janvier au 4 Février 2010
Vernissage le Jeudi 21 janvier à partir de 18h


Lionel Desneux
envoyé par Jeune-Creation. – Futurs lauréats du Sundance.

 » En m’inspirant du rapport étroit qu’entretient notre relation à la nature, je voudrais retranscrire l’idée de vie dans la matière. J’observe l’être humain en tant que matière créative qui se compose dans le rassemblement, se décompose puis se recompose.
Avec l’image, je pénètre et donne à voir ce qui est peu ou pas perceptible à l’oeil nu. Le dispositif d’installation me permet de retranscrire la perception du lien entre chaque élément dans la nature. Cette visualisation pourrait rendre l’organisation de la matière organique (végétale ou humaine) mécanique.
C’est peut-être le portrait d’une organisation mécanique d’un
être ou l’organique mécanique d’un peuple,
ou bien le « processus organique d’un organisme mécanique. »

Lionel Desneux


processus organique d’un organisme mécanique
envoyé par Jeune-Creation. – Films courts et animations.

Lionel Desneux
Exposition du 21 Janvier au 4 Février 2010
Vernissage le Jeudi 21 janvier à partir de 18h

Galerie Jeune Création
- 6 Villa Guelma – 75018 (M° Pigalle)
mardi de 13h à 21h
mercredi, jeudi, vendredi de 11h à 17h
samedi de 14h à 18h et sur RDV au 01 42 54 76 36