Archive pour le mot-clef ‘Photo’

See You Soon

Samedi 16 octobre 2010

Dans le cadre du Mois de la PHOTO-OFF, Jeune Création présente, en partenariat avec la Mairie du 18e, l’exposition

SEE YOU SOON / La Galerie Miniature

Du 5 au 20 novembre
Vernissage le 4 novembre 2010 de 18h à 22h

Dédiée à la jeune photographie, l’exposition « See You Soon » est née d’un protocole artistique qui donne lieu à un dialogue intime – un jour sur deux, pendant un temps défini, deux photographes s’échangent, sans se connaître, une photographie réalisée dans la journée. Une correspondance où se croisent les menus faits de l’existence, les incertitudes et les élans propres à chacun. Brazzaville/Phnom Penh, Madrid/Monterrey, Dubaï/San Francisco : deux villes en écho, étrangères l’une à l’autre mais avec de profondes similitudes, captées respectivement par Baudouin Mouanda et Philong Sovan, Juan de Marcos et Alejandro Cartagena, Binu Bhaskar et Drew Kelly

galerieminiature

Galerie Jeune Creation
6 villa Guelma 75018 Paris – métro Pigalle
du mardi au vendredi de 11h à 18h
le samedi de 14h à 19h
01 42 54 76 36 – info@jeunecreation.org

Timotheus Tomicek

Mardi 20 juillet 2010

www.timotheustomicek.net

Clémence Veilhan

Lundi 19 juillet 2010

Rejouer 24 moments de ma vie,
qui me viennent en tête sans réfléchir,
le plus simplement possible.
Debout, devant un fond blanc,
me photographier 24 fois.
Regarder chaque image,
et écrire les mots
que j’associe à ces photographies.

www.clemenceveilhan.com

Jérôme Bohée

Samedi 17 juillet 2010

Le symbole, l’espace, le lieu, le décorum et la temporalité sont autant de thèmes récurrents et présents dans l’oeuvre de Jérôme Bohée, qui ne cesse d’axer son travail plastique et photographique sur la réflexion d’espaces porteurs d’une ambiguïté architecturale. Comme dans la série des lieux de représentation, 2007 où le lieu s’apparente aussi bien au décor du pouvoir qu’à un espace sacré, porteur dans les deux cas d’une surcharge symbolique. C’est sur cette double lecture que prennent naissance les œuvres photographiques de l’artiste.

Mais c’est également au travers des thèmes existentiels tels que l’identité, la mort, ou encore le temps que se forge son travail.

L’explication de la représentation de nos contemporains se fait en passant par une réflexion sur les espaces qu’ils bâtissent et occupent. La présence ou l’absence interroge au sein même de ces lieux, la place qu’a l’individu par rapport à la société. Mais c’est aussi au travers du portrait que l’artiste continue à développer cette réflexion. C’est dans une froideur sociologique que la série Enfants, 2008 prit forme, questionnant le spectateur en partie sur la pose, et par le mimétisme d’une posture officielle tenue par un jeune modèle. Ces séries photographiques créent un décalage et donnent naissance à une interrogation sur la valeur du paraître dans notre société, ainsi que sur le rapport entre politique et propagande, entre vrai et faux.

L’aspect architectural prédomine dans l’œuvre de l’artiste, renvoyant à une esthétique froide et objective. Dans les séries : Lieux de passage, 2006 et Parking, 2005, ces espaces publics vides questionnent tant sur un aspect paradoxal qu’ils engendrent, que sur la distance et la froideur avec laquelle ils ont été créés. Ces lieux qui sont supposés être « habités » se retrouvent être « aseptisés » de toute présence. Ce temps qui semble être figé nous laisse apparaître un lieu qui perdure au travers des années. Cette captation de l’image et ce rapport au temps restent présents dans la totalité de son travail photographique.

Les images affrontent les spectateurs directement, sans distance ni échappatoire possible. Ces espaces se dressent perpendiculairement sur leurs chemins, et barrent le passage, soulevant la question de : « Comment se situe l’individu par rapport à ces espaces ? ». L’œuvre de Jérôme Bohée se nourrit de diverses influences aussi bien des médias, de la publicité que du cinéma. L’artiste essaie de créer un corpus d’images riches de sens qui allie et manipule le symbole et joue sur la polysémie de ces signes d’ordre marketing, politique ou religieux au cœur de ces photographies. Son travail interroge et questionne sur notre société qui nous entoure.

série « Lieu de Représentation » //// série « Préséance »

« Préséance » : Droit de précéder, de prendre place au-dessus …

Mais au-dessus de quelle entité se place l’être qui érige ces édifices protocolaires ? À quelle place se trouvent les hommes qui côtoient ces institutions qui font partie intégrante de notre société? Jouant sur la symbolique des signes et sur les artifices d’un décorum, ces lieux se retrouvent être des carrefours où dialoguent signes du pouvoir et symboles religieux.

La série « Préséance » a été réalisée principalement dans la province du Hainaut. Les images se sont construites en parallèle d’un processus de demandes d’autorisation nécessaires à leurs captations photographiques. Ce protocole et cette hiérarchisation présents dans ce monde ordonné et apprêté renvoient à des images quasiment « grotesques », à la limite de la « mascarade ». Ces espaces se retrouvent inondés de signes polysémiques, qui contribuent à l’exécution d’une représentation théâtrale. Faite d’attirance et de répulsion, cette relation antonymique découle de l’image, qui endosse une double lecture et nous interroge sur nos contemporains.

http:// jerome.bohee.over-blog.com

Hanna Husberg

Mardi 13 avril 2010

Jeune Création en partenariat avec la Mairie du 18e
présentent l’exposition de:
Hanna Husberg


Le travail de Hanna Husberg évolue entre une pratique régulière de la vidéo, des interventions ponctuelles in-situ, et plusieurs projets d’installation mettant en jeu divers aspects de notre perception physique et visuelle.
L’observation de la matière, la façon dont l’eau passe d’un état à un autre, les mouvements internes du liquide ou du gaz, transmission, photosynthèse, mutation et évolution, qu’elle soit naturelle ou artificielle, constitue une des sources conceptuelles de ses recherches les plus récentes, comme le projet « Dead zone », qui reconstitue de façon artificiel le phénomène de zone morte ou zone anoxique, que l’on observe dans les mers et les lacs atteint par des efflorescences algales.

Dans le cadre de l’exposition proposée à l’espace Jeune Création, Hanna présente, “skogsö” 4’09, “vass” 3’ et “mustikka”, un ensemble qui renvoie à sa terre natale reprenant le proverbe finnois “ Fraise, ma propre terre, myrtille la terre d’ailleurs” dans l’espace fréquenté par les vibrations du métro parisien.

Une situation duale, hybride, tel le contraste entre le groupe de spatules rosées du pavillon “Fauna de l’Indonésie”, et le conservatoire d’un zoo moscovite sous la neige. » – Jb. Calistru


Hanna Husberg
envoyé par Jeune-Creation. – Découvrez plus de vidéos créatives.

Exposition du 22 avril au 2 mai 2010

*vernissage le mercredi 21 avril à partir de 18h
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6 villa Guelma 75018 Paris – métro Pigalle

mercredi jeudi vendredi 11 – 17h mardi 13 – 21h samedi 14 – 18h

01 42 54 76 36 – info@jeunecreation.org
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Exposition coordonnée par le comité « Jeune Création »

Anne Kathrin Schuhmann

Mercredi 5 août 2009

Schuhmann AK

www.annekathrinschuhmann.com

Schuhmann AKSchuhmann AK

Anne Kathrin Schuhmann, Allemagne, 1982, vit et travaille à Berlin.

Hooded, série de neuf photographies couleur, 2008.

L’artiste présente ici une série de photographies dont le titre provient du mot anglais « hoodie », intraduisible en français, désignant aussi bien les sweat-shirts à capuche que les personnes qui en portent. Pourtant, le travail de Schuhmann n’est pas un énième travail documentaire sur la violence ou le désœuvrement dans les banlieues parisiennes. Au contraire, ses photographies résultent d’un travail sur la différenciation mené avec ceux que l’on désigne régulièrement sous le terme générique de « jeunes ». Une enquête qui passe aussi par le choix du vêtement, des poses et des lieux dans lesquels ces adolescents sont photographiés. S’intéressant aux poses codifiées de ces derniers, elle choisit de faire rejouer celles-ci dans des contextes différents, révélant des jeux de répétition et un rapport quasi indéfectible avec l’architecture qui les entoure. Photographiés généralement de manière isolée, plutôt qu’en groupe, ces personnages regagnent par le biais d’une étrangeté sous-jacente leur individualité.

Camille Paulhan

Sandra Schmalz

Mercredi 5 août 2009

sa schmalz

Portrait avec façade

Le sujet de ma recherche se situe dans une région du nord-est de l’Allemagne, la Saxe-Anhalt, en ex-Allemagne de l’Est. Le sol sablonneux y est essentiellement exploité par l’agriculture. La proximité de l’activité économique berlinoise laisse cette région dépourvue de développement industriel. La  rupture causée par la réunification de l’Allemagne a laissé des marques. Cette rupture s’est traduite par une transition démographique et un exode rural brusque, ainsi que par l’effondrement du système économique
socialiste et la fermeture générale des coopératives agricoles. Ces changements sont clairement visibles.
Je suis devenue un « témoin d’époque » de ce changement, suite aux longues et régulières visites chez ma grand-mère dans le village de Trüben. Trüben peut être compris comme « drüben » et signifie alors « là-bas » en allemand.

Le changement politique bouleversa une région déjà économiquement faible. La plupart des travailleurs étaient employés dans l’agriculture et l’élevage. Le régime subventionnait ces secteurs afin de réaliser un idéal d’égalité et d’équité sociale, dont la gestion était pourtant chaotique.

La disparition d’instance publique locale au sein des communautés rurales empêcha toute création de niche économique, ou de réorientation des structures existantes. Comme beaucoup d’autres villages,
Trüben n’a pas pu prendre le train en marche et adapter son équilibre socio-économique. De ce fait, la génération des jeunes de 16 à 25 ans, appelée « lost generation », alors qu’elle trouvait sa place dans la société socialiste, fut désorientée et abandonna majoritairement sa terre natale. Obligée de choisir entre un départ, même sans but, ou un immobilisme bordé d’incertitude.

La migration des jeunes vers l’ouest de l’Allemagne, les  grandes villes et même vers l’étranger, continue.
Elle a toujours pour but la recherche d’un travail et d’une vie meilleure. Les personnes âgées restent dans leur village natal et y passent le soir de leur vie. Un développement ou un renouveau y devient ainsi de plus en plus improbable.

Jusqu’à quel point les traditions tomberont dans l’oubli ?
Dans quelle mesure, la mémoire culturelle restera après la migration de la jeunesse ?

Une nouvelle forme de nostalgie est apparue, malicieusement nommée l’ « Ostalgie » (« Ost » signifiant « Est » en allemand). De nombreuses personnes déplorent la disparition du régime socialiste, dont l’essence se traduisait par l’égalité des droits.

Dans cette série d’images, « Portrait avec façade », je donne un visage à des gens qui ne pouvaient pas, ou ne voulaient pas, abandonner leur pays malgré des perspectives austères. Aussi, ils sont devenus les derniers détenteurs des coutumes et des traditions régionales.

La série montre en pleine page les façades des maisons. Leurs habitants sont placés derrière les vitres de leurs fenêtres. On voit quelques petites familles, pourtant rares ; la plupart des personnes représentées sont des retraités. L’aspect formel respecte l’uniformité de la construction de l’image. Cette construction répétitive dirige le regard de l’observateur vers les différences entre les façades et vers les personnes.

Je prends ces portraits sans entrer dans l’intimité de la maison. L’état de la façade, les plantes, les ornements placés devant la maison, les détails de la décoration des fenêtres, et  évidemment la manière dont les habitants se présentent derrière leurs fenêtres, nous permet de se faire une idée de leur identité et de leur statut social.

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Sandra Schmalz, Allemagne, 1978, vit et travaille à Paris

Série de quatre photographies

Ces quatre photographies de Sandra Schmalz font partie d’une série plus vaste composée sur le même modèle : les images nous montrent les façades de pavillons dont on distingue les habitants de tous âges à travers les fenêtres. L’image est coupée de façon à ce que l’on ne puisse voir ni le ciel, ni les côtés de la maison ; la lumière est grise et les couleurs ternes signalent une composition réaliste, de type documentaire et sociologique. Qu’est ce que Sandra Schmalz documente ? Ces images proviennent de la petite ville de Trüben, d’ex-Allemagne de l’Est, une région marquée par l’exode rural provoqué par la désorganisation du système agricole, subventionné auparavant largement par le régime, à la suite de l’effondrement du bloc soviétique. Cet exode signifie aussi la disparition progressive et l’oubli des coutumes et traditions locales. Sandra Schmalz fait ici le portrait d’individus retranchés, qui refusent de partir, malgré les grises perspectives d’avenir. Parmi eux, la grand-mère de l’artiste. Derrière leurs vitres, visibles, mais séparés, appartenant à un autre monde, ils nous interrogent du regard.

Emilie Bouvard

Ledia Konstandini

Mercredi 5 août 2009

ledia konstandini

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Puppet guards

In most of the cases, puppets are objects, which cohabit with our privacy and our interior habitation.

It’s astonishing how they can play a completely different role.

Their delicacy, softness and naivety, suddenly turn to be their power.

How can this happen?!

Their power is emphasized by the strong contrast between them and the aggressive frontages.

It sounds strange, but they “guard” a building using only their outlook. Immediately they turn into “puppet guards”. In this case, puppets fight using their own image, which compete with the building.

Hanged on these positions, they become talismans. The owners of these buildings, believe somehow in a negative mystical power of the human eyes.

These people hang the puppets for a “serious” reason, for de-concentrating the viewer’s eye. Somehow they admit that the toys are more attractive than the building itself, even though they pretend esthetics and harmony on their architecture .

So, you get confused about the concept of esthetics and vulgarity. It’s hard to understand if the vulgarity belongs to the frontage or to the way puppets are hanged! It’s hard to understand which image wins the battle of

The installation (puppets covered with concrete), materially connects these concept. In the installation I unify the image and the material of buildings and puppets. This I subjective reaction on the phenomenon.

Ledia Kostandini

Faustine Ferhmin

Mercredi 5 août 2009

faustine Ferhmin

Pachacuti

Le terme quechua de Pachacuti signifie «révolution, bouleversement» (cuti) de l’«espace-temps» ou de la «terre» (pacha). Notion centrale dans la pensée cosmogonique inca, elle désigne les cycles réguliers de destruction et de recréation cataclysmiques du monde.

Des formes qui se défont, des architectures qui se laissent recouvrir par la terre, la pierre, jusqu’à se confondre avec le paysage : Ruines. Pas de ces ruines élégantes qui offrent un miroir à la mélancolie du voyageur – mais des vestiges abrupts, qui sont déjà hors de l’histoire, et font signe vers un avant plus archaïque que les civilisations dont elles sont les traces. Paysages de l’entre-deux, où formes artificielles et formes naturelles se confondent, se recouvrent l’une l’autre, semblent s’imiter mutuellement.

Ces photographies sont le fruit d’une résidence au Pérou : trois mois au cours desquels j’ai parcouru les sites archéologiques du nord du pays, à la fois sur la côte et dans la cordillère.

Si ce travail est de type «topographique», et reprend une tradition d’exploration du territoire qui ramène aux débuts de l’histoire de la photographie, sa visée est autre : il ne s’agit pas d’inventorier le patrimoine archéologique péruvien, mais plutôt se confronter à la dimension tellurique du paysage – à cet «autre» qu’est la pierre, et à un espace-temps plus vaste que celui de l’histoire humaine.

www.faustine-ferhmin.com

faustine Ferhminfaustine Ferhminfaustine Ferhmin

Pauline Curnier Jardin

Mercredi 5 août 2009

pauline curnier jardin

www.myspace.com/colinprunierlapine
www.insect-grime.com

Depuis le début, ma pratique artistique consiste à raconter. À raconter des histoires, ou plutôt ce que j’appelle des «rapiècements narratifs», sortes de cadavres-exquis oraux ou picturaux souvent bancals, absurdes, épiques, noirs, drôles. Comme ce qu’il advient des événements d’une vie qui verrait, comme Don Quichotte avec l’aventure, de potentielles histoires d’amour ou de destinée dans chacun de ses segments, mais surtout comme seule perspective de survie. Ce travail fragmentaire puise dans les mythes et les légendes populaires, l’actualité, dans l’histoire politique ou l’anecdote, dans les objets, les sons et les personnages de mon proche -environnement.-
Ma fascination pour les monstres, les objets et les animaux donne un ton quelquefois grinçant et pathétique à ces histoires dans lesquelles ces derniers jouent le rôle du héros, du sujet pictural ou d’un personnage métaphysique, accentuant à la manière des contes la relation absurde ou énigmatique que nous pourrions entretenir avec ceux-ci, et notre propre peur d’être «des leurs». Ces récits s’articulent grâce à différent médiums tel que le dessin, la photo, le film, l’écriture, la performance ou la chanson et se déploient aussi dans l’installation. Ils projettent à la manière d’un théâtre de poche un univers inspiré du cinéma et du spectacle qui sont mes domaines de prédilection et dans lesquels la question de la collaboration est centrale.
Ma démarche est motivée par les questions à la scène, au cinéma, à la musique et à la littérature, et mon travail, peu importe le médium qu’il emploie, s’inspire et collabore à ces langages. C’est dans cet esprit que j’ai effectué une série de performances où je raconte seule sur scène l’histoire du film que je suis en train de faire. Projetant sur un écran des extraits de ce futur film pour en appuyer le récit oral, chantant le générique au piano, mimant les personnages absents des images, je cherche à faire entrer du vivant en tant que tel dans le cinéma, à déplacer le spectateur de la deuxième à la troisième dimension, mêlant les aventures fictives du personnage principal à ce qui se passe dans l’espace même où celles-ci sont racontées.

pauline curnier jardin pauline curnier jardin pauline curnier jardin pauline curnier jardin

Pauline Curnier-Jardin, France, 1980, vit et travaille à Paris et à Berlin.

De la ciboulette dans la maison-crâne, 2009, installation composée de : »Amis «   (première version d’une collection), 2009, vidéo, 6’40 » (musique : Leyland Kirby) ; « Mami » (Le nez de Mami et les Prosôponpons), 2009, photographie (prise de vue : Jean-Francois Robardet), « La fâveur de la Bûche-Flûte » (Acte III du Salon d’Alone), 2009, sculpture (céramique, bois, fer) et « Amis », 2009, série de 8 dessins (encre sur papier)

Pauline Curnier-Jardin présente ici un ensemble d’œuvres selon une esthétique proche de celle du cabinet de curiosité. Plusieurs médias cohabitent, et certains objets renvoient à d’autres créations de l’artiste : « la fâveur de la bûche-flûte » est un personnage de l’opéra Le Salon d’Alone (2008-2009). A l’arrière-plan de « Mami », on découvre la série de quatre sculpture-masques Les Prosôponpons (2004-2008). Quel rapport entre ces formats hétéroclites ? Il s’agit toujours d’objets, trouvés, chinés, vus dans des musées (« Amis », vidéo ou dessins) et auxquels l’art de Pauline Curnier-Jardin redonne une vie propre. La théâtralité du dispositif est ainsi une condition sine qua non de ce processus : c’est cet univers fantasmagorique propre à l’artiste qui réanime les objets, dont la vie se manifeste entre autres par l’abondance des connotations sexuelles. Ainsi, ces objets dits « primitifs », qui viennent renouveler l’art occidental depuis le début du siècle (arts premiers, jouets, objets artisanaux et folkoriques), sont ici réanimés par l’art. Ils conservent du coup cette inquiétante étrangeté qui est la leur et nous plongent dans un univers marqué par l’altérité.

Pauline Curnier-Jardin participera aussi à deux performances collectives au cours de Jeune Création.

Performances : La Carmagnole des She-Romps – 2009, 25′ avec Catriona Shaw, samedi 7 novembre à 19h ; Les Vraoums -  2009, concert spectacle, 60′, avec Maeva Cunci, Pauline Curnier Jardin, Aude Lachaise et Virginie Thomas, dimanche 8 novembre à 18h30

David Chaignon

Mardi 4 août 2009

chaignon

À propos de « Kitt naked »

L’installation « Kitt naked »se propose de triturer une icône de la culture populaire américaine, la célèbre voiture de la série « Knight Rider », renommée « K2000″ en France. Il s’agit de cette série dans laquelle David Hasselhoff faisait équipe avec une voiture de sport parlante et douée d’intelligence. KITT, l’ordinateur de bord humanisé est présenté nu, débarrassé de sa carrosserie séduisante, de ses armes, de son moteur musclé et de son conducteur viril et souriant. La nudité et l’impuissance de KITT créent ici une situation tragique, accentuée par sa présentation pompeuse. Il s’agit de jouer avec l’humanité de la voiture parlante, mais surtout avec la nature pompière de la série des années 80 remise au goût du jour en 2008. La correspondance entre des formes aussi similaires au fond que la série américaine ou le film d’action, et la surcharge pompière des représentations académiques de la fin du XIXeme siècle est patente. En effet nous retrouvons le même vibrant spectacle dans une peinture de Bouguereau ou Comèrre que dans le dernier Terminator ou dans K2000. Le même même raffinement dans les effets également. Toute cette mécanique est bien sûr au service d’idéologies contestables (le conservatisme bourgeois ou impérialiste d’un coté, et les traditionnelles valeurs américaines paternalistes et chrétiennes de l’autre). Il est possible de se ré-approprier ces codes du spectaculaire et ces vocabulaires raffinés, une fois débarrassés de leurs relents idéologiques.  L’enjeu est d’interroger avec, les mécanismes de façonnage et de résonance de la culture, tout en questionnant ces armes de ravissement massif et ce que produisent aujourd’hui l’Art et l’industrie du divertissement. « Kitt naked » questionne la nature de la frontière entre Art et entertainment en prenant l’angle du spectaculaire comme loupe. KITT est-il encore spectaculaire et séduisant sans carrosserie, cascades et musique? L’art contemporain doit-il lui reprendre ces appareils de séduction abandonnés? A l’heure où certains voudraient commencer une nouvelle ère, un après post-modernisme en somme, où le grand brassage haut-débit de la culture aurait fini son recyclage et commencerait à produire joyeusement avec les fruits de celui-ci, il était amusant de  prendre KITT, un authentique héros reaganien, à la fois incarnation du progrès et monture fougueuse au service de la sécurité des américains, pour mettre en évidence le désenchantement de notre époque ainsi que le mélange des repères esthétiques et idéologiques de celle-ci.

David Chaignon

www.myspace.com/davidchaignon

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Enrico Centonze

Mardi 4 août 2009

Enrico Centonze

Depuis 2005, le travail de l’artiste suisse Enrico Centonze se concentre dans l’espace public. Ses actions, pour la plupart spontanées, ont pris place dans les villes telles que Londres, Prague, Zürich ou Berlin. Elles réagissent soit au lieu dans lequel elles prennent place, soit à un événement d’actualité. À partir de là, il développe un vocabulaire performatif artistique qui prend la forme de sculptures et d’installations temporaires. Les actions peuvent durer entre quelques heures et plusieurs jours ; elles sont documentées sous forme de vidéos et de photographies. Centonze travaille le plus souvent avec des drapeaux faits de papier, qu’il plante dans le sol ou qu’il attache à des poteaux. À partir du moment où le public se trouve confronté au processus mis en place, l’œuvre prend sa forme définitive.

L’action Everybody wants Gold – Rettung in Sicht (Chacun veut de l’or – Sauvetage en vue) présentée à Jeune Création a été réalisée en Octobre 2008, c’est-à-dire une semaine après l’annonce du paquet de sauvetage de 500 milliards d’euro débloqués par l’état allemand pour secourir les banques du pays. Centonze a installé sur le parterre du Reichstag 500 drapeaux faits de couverture de survie. Avec l’aide d’une équipe de huit personnes, l’artiste a pu planter environ 150 drapeaux, jusqu’à ce que la police intervienne et interrompe la performance.
Les drapeaux étalés et dressés devant le Reichstag apparaissent comme des restes d’un champ de bataille. Sans que cette guerre ou les dommages qu’elle ait pu causer soient visibles, cette guerre pourrait être celle de l’agression de la vie de tous les jours par les medias. Elle pourrait être également celle du contrôle de l’espace public. Mais devant les yeux des spectateurs, elle apparaît surtout comme une bataille sans combat, une reddition contre le vide. À la manière de Don Quichotte qui se bat contre les moulins à vent, il se dégage de Everybody wants Gold une situation absurde et déconcertante. Et c’est justement à travers cette absurdité que les choses se dévoilent, que les conditions et l’état de l’environnement se démasquent.
L’artiste cherche à montrer un état de crise actuelle. Tout en utilisant des moyens stratégiques similaires aux medias – rapidité de réaction, répétition des formules, caractère éphémère et réduit du papier ou de l’action – il répond à un système contemporain et occidental qui livre de façon continue et expéditive une guerre visuelle rendue abstraite.
Oriane Durand

www.enrico111.com

Enrico CentonzeEnrico CentonzeEnrico Centonze

Arnaud Bergeret

Mardi 4 août 2009

arnaud Bergeret

Je travaille autour des rapports intimes qu’entretiennent aujourd’hui le réel et sa représentation. Intimes parce qu’aujourd’hui les systèmes de communication sont des machines à rendre passifs et uniformes.
La représentation de la réalité se révèle trop souvent spectaculaire et simplificatrice.
En interrogeant la façon de montrer, je n’impose pas de réponse, ne propose pas de manière de vivre ou de percevoir, mais tente d’entretenir l’équivoque. Cette équivocité traduit l’ensemble des possibles… la volonté de dépasser une perception confortable et guidée par ceux qui donnent à voir.
Proposer de bouleverser le rapport au quotidien et à l’information, créer un dérèglement de l’espace et du temps où l’éphémère devient pérenne, mettre en évidence la valeur ambiguës des images et des discours d’actualités, enfin, découper le temps et de faire de l’espace, un lieu de passage où l’interaction avec le public joue un rôle central et génèrent une sorte de remodelage de la réalité par le spectateur.

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Pauline Bastard

Mardi 4 août 2009

pauline Bastard

Mon travail se construit autour de mes outils, en les détournant de leurs fonctions habituelles pour les pousser vers des tendances que je remarque chez eux, je les emmène vers un dépassement d’eux-mêmes. Les objets sont souvent surfaits et donc leur simple emploi me semble une limite, un gâchis, je trouve chez eux des qualités plastiques et narratives. De diverses façons, je fabrique une sorte de poésie autour des icônes de mon ordinateur, d’objets ordinaires ou de mon matériel de travail. Mon positionnement est semblable à celui d’un amateur qui bricole avec le quotidien, j’utilise les images prédéfinies qui sont à ma disposition, les couchers de soleil des fonds d’écran, les graphismes multicolores des logiciels et d’autres gadgets des bazars et je leur crée des rôles sur mesure dans des saynètes dont ils deviennent les héros grâce à ce qu’ils sont et non ce qu’ils sont censés faire. Je les prends au premier degré, et dans cette posture candide, je bricole avec ces objets triviaux un art du minimum, d’où émane un second degré, une prise de distance vis-à-vis de la surfacture de ces éléments en même temps qu’une poésie du dérisoire, romantique et burlesque.

www.paulinebastard.com

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Pauline Bastard, France, 1982, vit et travaille à Paris.

Adepte du pas grand-chose et du low-tech, Pauline Bastard s’intéresse aux jeux de mots et d’images ; si des marques de bronzages deviennent les lettres d’un alphabet pour le moins réduit, un fond d’écran Windows devient prétexte à un conte créole qui peut paraître exotique mais qui se révèle bien vite insignifiant. Elle expose, à côté de ces œuvres en forme de rébus, deux installations au premier abord sensationnelles, mais dont les artifices peuvent être rapidement découverts. Le tas de feuilles mortes dans lequel fourmilleraient des insectes variés, microcosme animé le temps de l’exposition, n’est qu’un subtil jeu de caméras et de projections non reliées ; quant à l’orage produit par des flashs lumineux et des enceintes poussées au maximum, il semble être présenté comme un hommage à Roman Signer, le spectaculaire en moins. Comme dans les premières œuvres de ce dernier, réalisées avec des petits riens, celles de Bastard continuent de nous fasciner, quand bien même nous sont dévoilés les secrets de fabrication. Avec ironie, l’artiste donne à voir des effets spéciaux de bazar, auxquels pourtant chacun aimerait croire.

Camille Paulhan

Estèla Alliaud

Mardi 4 août 2009

e.alliaud

Il est des déplacements que l’on remarque à peine.
Des bouleversements.
Un instant. Pour que nos repères tombent en ruines.

Je donne à voir le passage.
D’un état à un autre.
À aucun moment la construction pré-existante dans sa totalité, ni l’état final, postérieur à la chute.
Je vous parle de la perte, je vous parle du reste – à la fois.

Image d’un désastre et image d’une résistance, c’est cette instabilité qui crée la proximité avec l’humain.
Plus que l’effondrement d’une architecture de feuilles c’est aux fondements de l’intime auxquels on est confronté.

e.alliaude.alliaud

Estela Alliaud, France, 1986, vit et travaille à Paris,

Prix Boesner 2009

Estela Alliaud présente une série de photographies qui documentent des installations éphémères. Les matériaux fragiles avec lesquels ont été réalisées ces installations évoquent directement le caractère  fugitif des choses et le temps qui passe. Les photographies, prises à différents moments d’un même processus de dissolution, montrent un équilibre en train de se défaire sous nos yeux : de la glace fond petit à petit, libérant des pages de livres, des cendres en  briquettes sont pulvérisées, des pavés de sucre se dissolvent dans l’eau. Estela Alliaud a inventé un mot-valise pour parler de son travail : « perdessence » est un terme polysémique qui dit à la fois la perte de l’essence et la traversée du ou des sens. L’économie des moyens utilisés, l’attention portée à des événements peu spectaculaires, le chromatisme restreint enfin permettent à l’artiste de suggérer la portée essentielle contenue dans d’infimes accidents.

Marie Frétigny