Archive pour le mot-clef ‘Photo’

Et si demain

Vendredi 18 novembre 2011

Une proposition de La Galerie Miniature

Du 23 novembre au 7 décembre

Vernissage le mardi 22 novembre à partir de 18h

Prochaine exposition à la galerie Jeune Création, vernissage le 9 décembre


 

Découvrez cinq récits photographiques par Simone Lueck (États-Unis), Stefano Marchionini(Italie/France), Arnaud Rodriguez (France), Kourtney Roy (Canada) et Ricardo Yui (Pérou/France).

Dédiée à la jeune photographie, l’exposition « Et si demain… » propose à cinq photographes de construire une fiction visuelle à partir de ces quelques mots. Images photographiques se conjuguent alors avec une narration aux possibilités multiples où chacun est libre de livrer une vision intime de son univers. « Et si demain… » met en scène cinq récits photographiques comme un photo-roman épuré ou une courte chronique interprétant la possibilité d’une rencontre ou les incertitudes du lendemain. Chaque artiste propose quelques lignes pour accompagner son récit photographique afin que celui-ci s’articule autour des notions de narrations, d’histoires racontées, suggérées, rêvées.

Arnaud Rodriguez / Ricardo Yui / Stefano Marchionini / Kourtney Roy / Simone Lueck

 

«Et si demain»
Cinq histoires photographiques racontées, suggérées, rêvées

 

Galerie Jeune Création

24 rue Berthe 75018 Paris (Abbesses / Pigalle / Anvers)
01.42.54.76.36
Avec le soutien de la Mairie du 18e.


Jérémie Léon

Mercredi 3 août 2011

Entre Dubuque et Chicago, Illinois, 2010, Tirage papier, 37×56 cm.

 

Midwest, 2010.

« L’appréciation individuelle peut se référer à une lecture collective. Toute société a besoin de s’adapter au monde qui l’entoure. Pour ce faire il lui faut continuellement fabriquer des représentations du milieu au sein duquel elle vit. » Corbin,Alain (2001) L’homme dans le paysage.

Comme beaucoup d’entre nous, j’ai été enfant, puis ado, spectateur d’images représentant les États Unis. Par le biais de vieilles séries télévisées, ou dans un cadre familial, de cartes postales,  j ‘ai fabriqué mon image mentale des États Unis.

Il est commun de dire que les grandes crises apportent leur lot d’innovations et engagent une transformation plus ou moins importante des modes de vie. Il était donc le moment d’aller aux États Unis afin de photographier une dernière fois ‘l’american way of life’. J’ai choisi le Midwest pour destination, région à la fois grande terre agricole et puissante industrie automobile.

J’ai vite compris que mon imaginaire était dépassé, altéré depuis quelques temps déjà. Les belles images des années 1980 avaient disparu, ou du moins il n’y avait que leurs traces. C’est à ces traces que je me suis attaché, je n’ai pas voulu représenter la modernité dans l’époque contemporaine, mais bien travailler sur des ‘restes’.

Ceux-ci font donc référence à des lieux qui ont été ou auraient pu être des espaces, des paysages de mon imaginaire. Ces photographies ont par rapport à mes rêves, perdues de leur couleur, perdues de leur lumière, leur sujet a presque disparu.

 

www.jeremieleon.com

Loïc Blairon

Mardi 2 août 2011

9 jeux de Gottfried Wiegand, 2010, Performance (d’après un dessin original de Gottfried Wiegand), 9 diapositives, magnétophone et texte enregistré.

 

Mon travail s’articule principalement autour de la sculpture, de la photographie, du dessin, plus rarement de la vidéo et du texte.

La forte présence de la main (dessins, sculptures), et le format souvent réduit des pièces confèrent à mon travail une allure fragile, parfois pauvre (bois,

tissu) mais aussi précieuse (objets anciens), en tout cas très en lien avec ma pratique d’atelier (son quotidien et ses aléas).

Les médiums que j’utilise sont des matériaux que je combine, des éléments que j’articule. De fait, leur mise en circulation et la pollution qu’ils constituent les uns pour les autres en sont les deux principaux moteurs. Si des éléments de répétition apparaissent clairement c’est pour mieux désorganiser l’appréhension de l’ensemble qu’ils forment, les effets de phrase et de série venant renforcer l’idée de composition.

C’est pourquoi au travers de ces combinaisons, j’aime que des constructions complexes soient corrélées à des choses très simples, moyen de produire des décalages. Au travers d’une articulation qui se veut être précise, quasiment univoque, chaque élément procède du collage, équilibre disparate.

En ce sens, articuler, c’est pour moi établir des équivalences et c’est cette idée qui est à l’arrière-plan de tout mon travail. C’est une manière de penser la place et le rapport qu’ont les choses mais aussi et surtout le vide qu’il faut inventer pour les articuler : la césure, la pulsation fabriquent la forme (l’importance qu’a eu la musique dans mon parcours s’incarne probablement ainsi).

Au fond, j’entrevoie toujours mon travail avec l’idée de géométrie : ce que la raison reconnaît distinctement et ce qui lui échappe totalement. Ce qui explique par exemple la récurrence de la feuille blanche, du cadre, de la mesure ; de l’invisible, du mouvement, du malentendu, etc. Autant de manières de tracer des lignes autour d’un sujet, de l’encadrer mais en faisant en sorte que l’étrangeté, la perte, en soit le résultat paradoxal. Rien ne se mesure dans son entier.

www.loicblairon.fr

 

Lola Reboud

Vendredi 22 octobre 2010

A Journey in Iceland, Une famille après le RŽttir, photographie, 2007

Mon travail photographique se situe entre fiction et documentaire. Il se construit comme un cheminement entre portraits, paysages et scènes de vies et, c’est en mêlant l’errance photographique à ce souci de précision documentaire que je raconte des histoires composées d’individualités, où la géographie est aussi importante que les sujets.
Que ce soit des personnes, des lieux, ou le mythe que l’on s’en fait, c’est la figure humaine que je cherche sans cesse dans une approche photographique et picturale liée au portrait.
Depuis septembre 2007, suite à l’invitation d’un ami, je me suis rendue en Islande  afin de réaliser un projet photographique documentaire  au fil des saisons sur cette île et ceux qui y vivent.
Je suis partie sans a priori cherchant, au rythme des parcours et des rencontres, à en observer, comprendre des situations, et enfin, photographier le quotidien de l’Islande contemporaine et de ses habitants.
En décembre 2008, je suis retournée sur cette île et les photographies du premier puis deuxième séjour ont été rattrapées par l’actualité de la crise financière.
En juillet 2009, j’ai entrepris un troisième voyage pendant l’été et c’est avec le même regard que je poursuis ce travail photographique au travers de l’île et ses habitants.
Ce travail, qui ne peut échapper à l’actualité de la crise financière et l’éruption volcanique du printemps 2010, documente l’Islande contemporaine et ses habitants. À ce jour ces portraits, paysages et scènes de vie au rythme des saisons composent cette série, dans une approche photographique frontale et contemplative privilégiant le temps, la pose et la mise en scène.
A journey in Iceland – ainsi que l’ensemble de mon travail photographique – est un mélange d’errance avec un souci de précision, une quête de l’innocence du regard et une reconnaissance de l’inconnu.

www.lolareboud.com

Clémence Périgon

Vendredi 22 octobre 2010

Pose (rivière), 2006, vidéoperformance, 30 mn

« Dans sa série des Poses, qui sont toutes des vidéo performances, Clémence Périgon se met en scène, immobile, dans un pan de paysage cadré une fois pour toutes. Ces films ont tous une durée de 30 minutes, durée imposée par le format des cassettes vidéo utilisées. Ils sont ensuite restitués dans leur intégralité, sans aucun montage. Les deux seules options récurrentes dans sa série étant sa présence — du moins celle de son corps — et l’immobilité de cette présence. Elle peut être immergée dans l’eau saumâtre d’une mare, sa tête seule affleurant à la surface. Elle peut être accrochée à mi-hauteur d’un poteau électrique en plein champ. Elle peut être couchée au milieu d’un tas de bûches, sa tête emperruquée dépassant seule de cet amas végétal et mort. Elle peut être accrochée au tronc d’un immense pin, telle une excroissance hors règne poussée à même l’écorce.

À quoi aspire l’artiste au fil de ces demi-heures de fixation patiente au flanc des paysages ? À disparaître dans le décor, à la possibilité d’une action, à expérimenter un panel de sensations naturelles, à rêver, à réaliser des exploits, ou du moins à battre des records ? Ou bien, en guerre, à attendre l’ennemi. Tout ce catalogue d’efforts éreintants et vains en vue de se camoufler finit par esquisser, bien au-delà du burlesque et d’un comique que l’on dit de répétition, l’inquiétante sensation d’une petite armée du même soldat multiplié, petite armée de sentinelles affairées à sa propre sécurité, égrenée dans un paysage perpétuellement innocent.
Quant à cette hypothèse de la guerre, Clémence Périgon m’a répondu : « Le personnage peut être n’importe quoi mais pas n’importe qui. Comme tu le suggérais, il pourrait être un soldat parce qu’il est vide. Il attend une guerre qui malheureusement n’arrive pas. » Et si la guerre n’arrive pas, c’est peut-être qu’elle n’a jamais cessé d’être présente, rendue invisible par cette permanence même. Et surtout, qu’à force d’être guettée du côté de l’extérieur, on en vienne à supposer qu’elle ait pour caractéristique d’être intérieure.
En tout cas, il doit s’agir, d’une manière ou d’une autre, de se débarrasser d’un corps, de le distraire et de le perdre dans un effort ou une attente que rien ne motive plus intellectuellement, ni même fonctionnellement. »
Extrait d’un texte de Jean-Yves Jouannais : Les camouflages de l’infemme Clémence Vassili César Périgon, publié dans la revue Semaine 13.07, à l’occasion de l’exposition ah ! ah !, Galerie du Dourven, Trédrez-Locquémeau, 2007.

http://clemence.perigon.free.fr/

Camilo Osorio Suarez

Vendredi 22 octobre 2010

L’écriture des choses ou la contemplation

Un pavé, une corde de cloche, des objets existants, tout peut devenir matière première dans la pratique de Camilo Osorio Suarez. Tout va très vite, les idées se bousculent, chacune étant prétexte à un développement possible. La technique matérialise le regard intuitif que l’artiste porte sur le monde et exploite les médiums qui lui sont nécessaires: la peinture, le dessin, la gravure, la sérigraphie, la photographie, la vidéo et l’installation. D’une grande prolificité, l’artiste questionne son rapport aux choses en créant une tension interne dans ses propositions.
L’acte de créer est pour lui une nécessité de « vider » son inconscient. Les éléments observés dans son environnement sont toujours rapprochés de leur essence qu’il soit cosmologique, tautologique, scientifique, organique, afin de nous en montrer leur force ou leur faiblesse, ou simplement en faire un constat. Un bassin de sel manufacturé reflète son histoire propre par
son usure et la fixation du sel sur les parois. Un olivier plongé dans sa propre huile nous interroge sur ce qu’est l’essence de cet arbre : ne sert-il simplement qu’à produire de l’huile ?
La confrontation des éléments devient le moyen de faire surgir les préoccupations de l’artiste.
Dans une installation, il reproduit une table cosmologique dont la fragilité est visible par la disposition des éléments, ou encore se penche sur les tensions électriques qui seraient factrices de migraine.
L’éclectisme de l’œuvre de Suarez n’est autre que l’immense vocabulaire dont il use comme une forme d’« écriture purgatoire » puisée dans la mélancolie du monde observé. Son œuvre transfigure cette notion et véhicule un regard posé sur la société. Poète contemporain, les mots et les formes s’unissent désormais dans un langage plastique en permanente évolution à l’exemple de sa dernière série de peintures dans laquelle l’écriture et la peinture s’entremêlent.
Fabienne Bideaud

www.osoriosuarez.com

Eden Morfaux

Vendredi 22 octobre 2010

Construction de Situations
Nommant ses œuvres des « constructions autant architecturales que mentales », Eden Morfaux pose la question de la fonction de l’art et de l’usage de l’espace public. Interrogeant la place et les relations humaines dans la société ou encore l’architecture comme puissance symbolique, historique ou sociale, les constructions d’Eden ne cessent de se confronter au réel. Les problématiques des rapports entre architecture et sculpture sont extrêmement riches sur de nombreux plans : historique, esthétique, formel, théorique… Proches de certaines théories situationnistes, ou encore des happening Fluxus, ses pièces invitent à un usage indéterminé et à l’expérience : elles révèlent l’espace, un possible, une impossibilité : une « construction concrète d’ambiances momentanées de la vie » (Guy Debord).
Dans l’ensemble de son travail Eden Morfaux invite à l’expérience et à la confrontation. Il cherche à montrer comment l’architecture conditionne les relations entre les individus. Souvent inspiré des formes minimales et abstraites, ses projets acquièrent une autonomie esthétique et formelle. Avec la série des Reliefs Concrets, Eden Morfaux utilise l’esthétique et le dessin architectural dont il développe la dimension de « réinterprétation ». Ces reliefs en béton sont réalisés à partir de photographies de façades d’immeubles. Après un travail de dessin, seuls la dimension graphique et le motif de la façade apparaissent en relief. Les éléments en béton de la façade de l’immeuble en constituent le dessin. L’effet de perspective et l’accrochage vertical sont conservés pour relier le dessin à son origine tridimensionnelle.
La série de photographies intitulée Réalité augmentée fonctionne comme un révélateur. En photographiant un paysage au sein duquel il a pris le soin d’installer un carré blanc, Eden nous invite à investir et à nous approprier un espace neutre. Le concept de réalité augmentée vise à compléter notre perception du monde réel, en y ajoutant un élément fictif. Il s’agit donc bien d’une réalité augmentée par la présence de la sculpture. Ne perturbant pas la lecture de la photographie, cet espace plein autant que vide plonge le spectateur au cœur d’un monde à la fois réel et virtuel. Le spectateur devient acteur en interagissant avec l’espace créé. Ainsi, Eden Morfaux mène tout un travail sur le contexte et  « le ré-investissement ». Dans l’ensemble de son œuvre, il mène autant un travail de construction que de déconstruction.
Clément Nouet

www.edenmorfaux.com

Guillemette m.

Vendredi 22 octobre 2010

« Have mountains, and waves, and skies, no significance but what we consciously give them, when we employ them as emblems of our thoughts? The world is emblematic. Parts of speech are metaphors, because the whole of nature is a metaphor of the human mind. The laws of moral nature answer to those of matter as face to face in a glass. ‘The visible world and the relation of its parts, is the dial plate of the invisible.’  »
Ralph Waldo Emerson, Nature, 1836

Une lecture post-moderne de la philosophie transcendantaliste américaine et l’observation des perceptions nouvelles et transformations de l’homme sur la Nature, ont inspiré ma démarche photographique autour d’une réinvention de l’harmonie entre l’être humain et son espace empathique.
Chaque rencontre est une expérience visuelle singulière et intense dont la captation photographique associe la singularité de l’être et de son élément tout en révélant la fusion des existences. Un portrait définit une autre réalité. Il est un compromis entre un espace physique et un espace mental et s’inscrit dans l’affirmation du soi et de l’individualité.
En étroite relation avec la peinture, le paysage est un point d’ancrage vers le poétique, enveloppe celui qui l’habite et dessine les contours d’une rêverie sauvage.
Le portrait est ici montré comme une forme d’hapax existentiel. Il cristallise une rencontre étrange entre un visage et l’esquisse d’un paysage intérieur. Ainsi, cette série se nomme-t-elle ‘Mindscapes’, fusion du mot ‘Mind’ (esprit) et du mot ‘Landscape’ (paysage), que seule la langue anglaise a réussi à assimiler en une seule notion.
www.guillemettem.com

Julien Lescoeur

Vendredi 22 octobre 2010

Dans notre environnement quotidien qu’est la ville, Julien Lescoeur trouve une matière sémantique et plastique à partir de laquelle il construit un univers insoupçonné.
Du milieu urbain, le photographe traque les éléments fantomatiques : la non présence des habitants, l’état des lieux de transit ou des espaces privés rendus déserts aux heures intermédiaires, dans le sommeil de toute activité… l’artiste créé des univers autonomes au pouvoir de suggestion fort et singulier.
La part descriptive que l’on retrouve dans l’approche du photographe laisse entrevoir l’importance du personnage, du lieu ou de l’objet donné à voir, tant l’image se centre et se construit autour de lui. La composition le sert et il sert l’espace – transfiguré par lui. Présence ou non présence, là est l’enjeu.
Cette position du regard confère à ces photographies un caractère dense et une distance empreinte dʼobjectivité, neutre et silencieuse. La lumière y est le révélateur de ces dimensions, de ces possibles que le photographe distingue et rend visibles sans mise en scène.
Dans la singularité de son point de vue, c’est avec une certaine tension que Julien
Lescoeur nous immerge dans l’univers urbain dont il révèle les absences et l’anonymat. Le génie du lieu, certes, mais au-delà de celui-ci, il s’agit ici de la confrontation de l’homme à sa cité. Le choix de ces images et leur sens explorent les conditionnements opérés par la ville sur l’individu ramené à sa factualité la plus générique : de passage et en sursis. Suggérant la possibilité d’une dialectique entre nous, individus anonymes et en transit, et notre environnement, l’artiste fait du support le propos : Aucun visage dans ces photos, sauf le nôtre, reflété par le Diasec. L’artiste se positionne en observateur des pulsations du monde et dès lors c’est dans notre imaginaire que le sens de ces images se développe pleinement.
Notre acuité sur le monde tel que nous le vivons est aiguisée. La déambulation du regard et de l’esprit s’opère. D’abord dans l’image, puis autour d’elle. L’image occupe l’espace, dont elle attire la dimension. La présence de l’objet photographique relève de l’occupation physique des lieux.
Quand le regard plonge dans l’image, il perçoit les successions, les profondeurs et le temps qu’elle contient. Quand il embrasse l’espace autour de l’image, celle-ci s’éloigne pour rayonner et le mettre en lumière par sa présence, son propos et sa
tridimensionnalité. La photographie est présente et concrète. Elle interagit avec l’epsace sur un mode sculptural.
La démarche est totale et passe par son filtre tous les objets qu’elle observe. Ce faisant, elle créé un corpus cohérent aux éléments autonomes qui fonctionnent dans leur unicité dʼobjets photographiques mais qui sʼenrichissent également des échanges et des relations qu’ils instaurent entre eux.
Ayant grandi à Paris et souvent séjourné à New York, c’est à Berlin que Julien Lescoeur a développé son approche de la photographie. L’influence de ces villes n’est pas étrangère au regard qu’il porte sur son élément. Dans son travail se pressentent, certes, des inspirations picturales classiques d’une part et contemporaines allemandes ou américaines d’autre part, mais c’est surtout dans la synthèse d’une culture urbaine revendiquée et d’un regard construit, choisi et individuel que se trouvent les scellements de sa démarche artistique.
Marjorie Deshayes

www.julien-lescoeur.net

Jérémy Lecomte

Vendredi 22 octobre 2010


Un panneau publicitaire dans la rue
Allemagne, Paris, Copenhague Espagne New York
la même invitation :

« Israël, partez plus loin que prévu. »

Un abribus.
Un bus.
Au cinéma une réclame
Publicité encore : « Israël, partez plus loin que prévu »

2008. La plage. Tel-Aviv. Le 28 décembre. Grand soleil sur toute la côte. La température extérieure est de 22°C.  Celle de l’eau : 18°C.
Sur toute la côte

Image mentale, persistance touristique…
Dit toujours la même chose : trésors cachés, authentique, sacré ; histoire millénaire  des prophètes civilisation berceau beau temps plus loin que prévu….

Fascination.

Drapeaux tags touristes

Soleil armée fierté nation
Soleil
Avions
Armés

On est à Tel-Aviv.
Des hôtels grandes tours de verre.  Bauhaus marché cafés galeries ;
La plage.
La mer. Des avions.
Bombardement soleil avions gaza la côte
Ashkelon. Roquettes. Ashdod.

Bombardements.
RAS.
Écrans.
Gaza Blessés Morts ruines plage sable côte.

Des avions. Des hélicoptères. Des bombes. La plage la ville la mer :
Il est 14h20.

Des avions ciel bleu soleil
Hélicoptères des nuages des bombes.

Images extraites d’un travail intitulé IS REAL 09, réalisé entre décembre 2008 et Mars 2009 en Israël. L’installation sera montée pour la première fois à l’occasion de l’exposition Jeune Création 2010 au 104.

Virginie Laurent

Vendredi 22 octobre 2010

No Man’s Land
La fermeture du camp de réfugiés de Sangatte en 2002 par le ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy a provoqué la naissance de « mini-Sangatte » . Ces squats sont régulièrement évacués par les autorités qui nient l’existence de ses occupants, pour la plupart des hommes, Kurdes, de 20 à 35 ans fuyant un pays où ils risquent leur vie (Irak, Iran…).
L’Angleterre représente pour eux l’Eldorado, lieu où ils pourront demander asile et travailler. La demande d’asile ne peut se faire que dans un seul pays européen, le voyage doit se dérouler dans la clandestinité jusqu’à l’arrivée.
Cherbourg, ville portuaire qui relie les côtes françaises aux côtes anglaises, est une de ces étapes. C’est dans cette ville que j’ai collecté les traces de passages des clandestins, leurs paroles, avant l’effacement, la disparition et l’oubli.

www.virginielaurent.net

François Jacob

Jeudi 21 octobre 2010

De l’amplification à la révélation

François Jacob manie la couleur et la lumière à la manière d’un peintre. Les formes qu’il peint ou dessine, les photographies de paysages et de formes trouvées qu’il réalise font l’objet de manipulations numériques, de transformations chromatiques. Il s’agit de poursuivre sans cesse l’exploration d’un procédé d’amplification afin d’approcher des terrains cachés, d’ouvrir, sur un mode expressionniste, une brèche dans la perception du réel.

Katell Jaffrès & François Jacob

www.francoisjacob.me

Estrella Estevez

Jeudi 21 octobre 2010

Au départ de mon travail il y a l’errance, la déambulation… pendant lesquelles ma pratique se nourrit au hasard des découvertes, dans des paysages tant naturels que citadins.
Ce travail s’imprègne des forces opposées d’un monde qui s’érige et qui s’affaisse, sorte d’extraction de fragment d’un paysage en perpétuelle mutation; passant ainsi d’une observation de la nature entropique à une proposition plastique.
La forme, la matière  sont les lignes directrices d’un processus de transformation de pièces que je produis: transformation « des choses », une transformation organique dans le temps comme un fossile.
Ma démarche s’inscrit dans un questionnement de la sculpture classique  et contemporaine.
A travers son élaboration, la sculpture prend corps dans un «combat» et une «résistance» où tout reste encore possible par rapport à l’idée de départ.
C’est dans cet état de possibilités que mon travail se place, entre opposition et mise en tension des matériaux (matériaux de construction, industriels ou organiques, objets anodins, banals, rebuts…) choisis en fonction de leurs qualités physiques et symboliques; cherchant ainsi à instaurer un langage esthétique à travers les qualités physiques propres aux matériaux.
J’utilise également la photo et la vidéo qui me permettent de témoigner d’une action et de révéler la dimension sculpturale de certaines de mes pièces.

Laure Carnet

Mardi 19 octobre 2010

Interaction (n.f) : Relation existant entre deux éléments d’un système et qui fait que l’activité de l’un est déterminée par l’activité de l’autre.

Je ne cherche pas à raconter une histoire. Ce qui m’intéresse, c’est d’en susciter une. Par le biais du film, de la photographie ou du dessin, je porte un regard sur nos états et nos attitudes. Le spectateur se retrouve généralement face à des personnages solitaires qui effectuent dans des lieux familiers ou reconnaissables une action qui peut paraître décalée. J’utilise des objets, les décontextualise et les détourne pour leur attribuer un nouveau sens. Pourvu d’une trame narrative sous-jacente, mon travail peut s’interpréter comme une prise de parole. Ces interprétations étant miennes, elles se font au féminin.
www.laurecarnet.com

Aglaé Bory

Samedi 16 octobre 2010

“Corrélations” est une série de photographies qui donnent à voir une femme qui vit seule
avec son enfant.
Ce sont des photographies mises en scène.
Des autoportraits. Le déclencheur à distance est visible, tenu dans ma main, indiquant
le moment de la prise de vue.
L’instant décidé.

Ces photographies ont été prises sur plusieurs années, plusieurs saisons.
Ce sont des photographies silencieuses, mais qui racontent à travers ces instants, le lien.
Le vertige de l’existence du lien, inaltérable, total, la tâche difficile d’emmener un enfant, et
puis l’ailleurs, le dehors, le monde qui appellent et excluent, la solitude invisible à l’oeil nu
et dont on ne dit rien. L’amour aussi.

Ces petites choses, quotidiennes, intimes, anodines qui, répétées chaque jour, font les paysages, les tableaux d’une vie, ces petites choses, il a été nécessaire de les photographier, pour qu’elles soient montrées, vues, regardées. Et ainsi, tenter d’archiver le temps.
Le temps de cette femme avec cet enfant. Le temps des femmes.

“Archiver le temps, archiver leurs mérites, le temps passé par elles et dont il ne reste rien.”  Marguerite Duras

www.aglaebory.com