Sans titre, Huile sur papier, 2010, 50×65 cm.
Un tableau / un dessin
Olivier Filippi
Vernissage le vendredi 11 mars à 18h
Exposition du 12 mars au 9 avril 2011
Du mardi au samedi de 11h-18h
« Suivant deux modes distincts, les œuvres graphiques et picturales d’Olivier Filippi mettent à l’épreuve la vitesse de l’image, l’évidence commerciale du design graphique héritier du Pop, le caractère de pures surfaces des productions culturelles de masse. Les dessins démantèlent le processus visant, dans les tableaux, à atteindre par une voie lente et intuitive, une force d’impact similaire à celle de l’image publicitaire et technologique. À ce titre, par l’espace et le temps d’improvisation et de « désordre » qu’ils s’autorisent, et par leur fragilité même, ils associent à la grande maîtrise dont témoignent les tableaux récents la manifestation du souci profond et réfléchi de renouvellements prochains et de devenirs inattendus. »
Cédric Loire, extrait de « Lent impact », avril 2008.

Galerie Jeune Création
24 rue Berthe 75018 Paris (Abbesses / Pigalle / Anvers)
01.42.54.76.36
info@jeunecreation.org
Avec le soutien de la Mairie du 18e.
portrait (femme au maillot blanc), 105×130 cm, acrylique sur toile, 2009
La peinture est un temps arrêté qui défile à toute vitesse. C’est une obsession qui synthétise toutes les autres obsessions. C’est la joie d’avoir mal aux jambes et d’être obligé de s’arrêter le soir pour continuer le lendemain. C’est ne pas avoir faim, n’être jamais fatigué.
La peinture, c’est me rapprocher au maximum d’un point qui n’existe pas, sans le dépasser car sinon le tout s’effondre, comme au bord d’une falaise. C’est quand l’équilibre bascule vers le déséquilibre.
La peinture est un enchaînement, une succession d’expériences. Une toile n’est jamais finie, elle continue sur une autre.
Je peins des gens, des individus, sans modèles et je me demande souvent s’ils existent vraiment. J’aborde la personne et l’individu le plus frontalement possible, de manière crue, que j’espère violente. Ces gens me sont devenus intimes par la peinture. Je peins l’individu et combat l’individualisme.
L’écriture des choses ou la contemplation
Un pavé, une corde de cloche, des objets existants, tout peut devenir matière première dans la pratique de Camilo Osorio Suarez. Tout va très vite, les idées se bousculent, chacune étant prétexte à un développement possible. La technique matérialise le regard intuitif que l’artiste porte sur le monde et exploite les médiums qui lui sont nécessaires: la peinture, le dessin, la gravure, la sérigraphie, la photographie, la vidéo et l’installation. D’une grande prolificité, l’artiste questionne son rapport aux choses en créant une tension interne dans ses propositions.
L’acte de créer est pour lui une nécessité de « vider » son inconscient. Les éléments observés dans son environnement sont toujours rapprochés de leur essence qu’il soit cosmologique, tautologique, scientifique, organique, afin de nous en montrer leur force ou leur faiblesse, ou simplement en faire un constat. Un bassin de sel manufacturé reflète son histoire propre par
son usure et la fixation du sel sur les parois. Un olivier plongé dans sa propre huile nous interroge sur ce qu’est l’essence de cet arbre : ne sert-il simplement qu’à produire de l’huile ?
La confrontation des éléments devient le moyen de faire surgir les préoccupations de l’artiste.
Dans une installation, il reproduit une table cosmologique dont la fragilité est visible par la disposition des éléments, ou encore se penche sur les tensions électriques qui seraient factrices de migraine.
L’éclectisme de l’œuvre de Suarez n’est autre que l’immense vocabulaire dont il use comme une forme d’« écriture purgatoire » puisée dans la mélancolie du monde observé. Son œuvre transfigure cette notion et véhicule un regard posé sur la société. Poète contemporain, les mots et les formes s’unissent désormais dans un langage plastique en permanente évolution à l’exemple de sa dernière série de peintures dans laquelle l’écriture et la peinture s’entremêlent.
Fabienne Bideaud
L’acte de figurer est une permanence de l’expression humaine. Une des fonctions de la figuration consiste à investir, et donc transcender, la forme. Cela passe par un processus chargé de sens. C’est de cette manière que j’essaie de vivre le processus créatif.
Parce qu’elle correspond à un travail long, lent, la peinture appelle à un processus méditatif et intime. Les thèmes que j’aborde initient autant qu’ils prolongent cette pratique.
Le rapport au temps est une part essentielle de mon travail, en tant que facteur «trans». Lorsque je reprends des éléments d’une photographie sur une toile, l’acte de peindre modifie ces derniers en profondeur, ceci par le passage d’un concept de temps à un autre. Nous évoluons d’un système qui fixe un certain événement à un moment précis (la photographie) vers un système qui tend à créer son propre espace-temps. À longueur de touches, de couches, la toile est un terrain d’expérience, de possibles qui se réalisent ou non et dont chaque trace contribue à un aboutissement.
Ainsi, j’extrais de la violence de l’instant certains éléments. Nécessairement parce qu’ils résonnent en moi de manière étrange. En tentant de donner une réponse à cette étrangeté, j’affronte une énigme. Mais, par la recherche picturale, j’ai aussi le sentiment d’essayer de cerner et de révéler la vraie nature des choses. En cela, j’approche le mystère.
Mon travail s’intéresse à l’humanité des profondeurs à travers deux notions : l’énigme et le mystère. L’énigme est une affaire personnelle. Le mystère, quant à lui, vaut pour le plus grand nombre, puisque nous sommes tous soumis à une «vraie nature des choses», quelqu’en soit notre compréhension.
Or, mes représentations correspondent à une mythologie qui m’appartient pour une part et qui me relie également à mes semblables. En effet, tout être humain est dépositaire d’un fond commun à l’humanité, d’une culture spécifique et d’une expérience personnelle. En proposant mon travail au public, j’invite chacun à confronter, expérimenter, son propre système symbolique par la perception qu’il a de ces œuvres.
De l’amplification à la révélation
François Jacob manie la couleur et la lumière à la manière d’un peintre. Les formes qu’il peint ou dessine, les photographies de paysages et de formes trouvées qu’il réalise font l’objet de manipulations numériques, de transformations chromatiques. Il s’agit de poursuivre sans cesse l’exploration d’un procédé d’amplification afin d’approcher des terrains cachés, d’ouvrir, sur un mode expressionniste, une brèche dans la perception du réel.
Katell Jaffrès & François Jacob

Claudia Comte réalise une œuvre protéiforme : peintures, sculptures, pyrogravures, dessins et photographies. Ses sources sont aussi multiples qu’originales : archives familiale, artisanat vernaculaire, cinéma spectaculaire, héraldique qui se meut en abstraction géométrique, cartoon low-tec, histoire de l’art romantique, monuments publics, statuaire de place du village ou encore les œuvres cinétiques qui ornent posément les giratoires. Les rapprochements opérés par la jeune artiste sont intuitifs. Il n’y a pas de hiérarchie dans les constituants convoqués dans ses œuvres, ce sont des réminiscences.
Jeune Création en partenariat avec la Mairie du 18e
présentent l’exposition :
de Caroline Aycard
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Du 17 mars au 3 Avril 2010

*Vernissage Samedi 20 Mars à partir de 18h
Galerie Jeune Création – 6 Villa Guelma – 75018 (M° Pigalle)
mardi de 13h à 21h
mercredi, jeudi, vendredi de 11h à 17h
samedi de 14h à 18h et sur RDV au 01 42 54 76 36
Caroline Aycard
envoyé par Jeune-Creation. – Films courts et animations.





Exposition coordonnée par le comité « Jeune Création »
Marcelino Stuhmer, Etats-Unis, 1971, vit et travaille à Milwaukee
The Choreographed Accident: A Temporary Memorial for Paul Avery, technique mixte, 2009
Paul Avery (1923-1964) était un agent secret britannique actif au cours de la Guerre Froide dont on a redécouvert récemment le « Warsaw Notebook » – témoignage de sa vie d’espion, qui fit l’objet le 3 octobre 2008 d’un article de Christopher James dans le London Times intitulé « The Choreographed Accident ». Dans ce « carnet de notes », on trouve une photographie d’un accident étrange survenu au début des années 1960, en plein guerre froide. D’après les autorités britanniques, un Zeppelin se serait écrasé à Cardington dans le Bedforshire ; d’après Avery, il s’agirait d’un tout autre engin, extraterrestre ?, fabriqué dans des matériaux et d’une forme inconnus. Il serait arrivé sur les lieux et aurait participé au maquillage de l’accident. Avery s’est suicidé peu après les faits. L’installation de Marcellino Stuhmer s’interroge sur la valeur de preuve de l’image : ici, la photographie du « Zeppelin », sur laquelle on aperçoit le « témoin » des faits, Paul Avery, est censée attester de la machination. Elle a pour fonction de prouver l’existence d’un événement étrange, mais c’est Avery, un homme à la santé mentale fragile, qui l’a prise et l’interprète ainsi. La déconstruction de l’espace, suggère l’importance du discours qui accompagne la photographie, et sa capacité à appartenir au champ de la fiction.
Emilie Bouvard