Archive pour le mot-clef ‘Installation’

Florine Leoni et Sylvain Baumann

Mercredi 3 août 2011

PERSISTANCE, 2011, installation multimédia, galerie CIRCA, Montréal, Canada.

 

Florine Leoni, née en Suisse en 1980, diplômée de la Lucerne University of Applied Sciences and Arts, et Sylvain Baumann, né en France en 1981, diplômé de l’Université d’Aix-en-Provence et de l’Université de Québec à Montréal, collaborent depuis 2009. Ils cultivent leurs complémentarités dans une pratique pluridisciplinaire (installation, vidéo, photographie, son, dessin) qui interroge les relations de force, de conditionnement, de contrôle et de frictions entre l’homme et son environnement.

Leurs réalisations explorent les porosités de la limite entre espace physique et espace imaginaire. Comment les débordements de ces différentes réalités superposées les unes sur les autres remettent-ils en question les repères destinés à discerner le vrai de l’illusion ? Et qu’engendrent ces confusions de notre rapport au monde sur nos processus de construction identitaire ?

Ce projet de recherche, par un regard délibérément distancié, prend également appui sur une étude des organisations spatiales construites pour des masses d’individus pour interroger plus encore que l’identité de leurs habitants, la structure même des modèles sous-jacents.

La mise en perspective de ces deux dilemmes, porosité des identités et anonymat structurel, tente ainsi de problématiser les rapports entre modèle et réalité, entre responsabilité et conditionnement, et interroge notre relation aux directives de l’environnement dans nos démarches d’individuation.

 

www.florineandsylvain.com

www.sylvainbaumann.com

www.florineleoni.com

 

Estelle Deschamp

Mardi 2 août 2011

Capriccio, 2010, Placoplâtre, plâtre, corde, dimensions variables.

 

Dans leur dispositif, nombreuses de mes installations participent à l’idée paradoxale d’organisation d’un désordre, dans l’accumulation, la combinaison, la composition d’éléments hétéroclites puisés dans un «stock» constitué au préalable. Les éléments ne sont pas fixés ensembles, mais plutôt empilés, apposés, la mobilité restant en¬visageable. Souvent empreintes d’un sentiment de précarité, renforcé par l’usage brut de matériaux de construction ces installations cherchent à troubler notre perception, oscillant entre deux états, ruine et chantier, ordre et désordre. Les situations qu’elles évoquent jouent avec les codes du mobilier et de l’architecture et s’élaborent autour d’actions de construction, d’assemblage et de composition.

www.estelledeschamp.com

Merci

Lundi 9 mai 2011


Une proposition de Stéphane Albert



Du 14 mai au 4 juin
Vernissage le vendredi 13 mai à 18h
Du mardi au samedi de 11h-18h
Rencontre avec l’artiste le samedi 28 mai de 14h à 18h dans le cadre de la manifestation Quartiers d’Art
Quartiers d’art / 23 lieux, 5 parcours, 1 rallye, 1 cabaret
Vendredi 27, samedi 28, dimanche 29
www.quartiersdart.fr

Une pince-Monseigneur en bois,
des graffiti pyrogravés,
des fragments de façades pour portraits,
un voilage sans perspective fenêtre,
un monde sans contour …
Voici égrainés sommairement quelques éléments de l’exposition personnelle de Stéphane Albert à la Galerie Jeune Création.

Quels sont les objets de ce remerciement?

Composition (Pied de biche ) se situe dans la lignée des reproductions d’outils populaires, que Stéphane Albert réalise depuis 1997. Il opère des processus de glissement de l’objet à la sculpture sur un ensemble de profilés qu’il choisit : des outils liés à la circulation de marchandises comme la cagette, aux outils de lestage comme l’enclume, aux outils d’élévation comme l’échafaudage… etc.
Ces éléments sont reproduits à échelle un, en bois, à partir d’assemblage ou de carottage. Leur intrusion et installation dans l’espace d’exposition dé-contextualisent l’objet de leur environnement convenu: Le chantier, l’atelier ou l’espace domestique. Hors d’usage et hors champ, l’objet devient alors sculpture.
Stéphane Albert sélectionne un objet, il observe sa forme, analyse le rendu industriel et en déduit son propre processus de fabrication à adapter au bois. Détaché des techniques d’artisanat préconçues et empiriques, il module l’outil générique et sériel à la pièce unique.
Composition (Pied de Biche) perd sa fonction et son usage, il ne peut plus permettre d’arracher les clous, de faire levier, de guider, de saboter ou même de briser. Il devient une forme statique et fragile à contempler et à re-figurer. Ce profilé octogonal accède alors au rang de trophée ou de pièces à points de vue multiples.

Compositions murales 1-2-3-4 sont des modules de parpaings en bois composés à la manière du portait. Chacun a son volume, sa couleur et sa forme et ils sont tagués en leur recto. Stéphane Albert a collaboré avec des graffeurs, qui ont apposé leurs « blazes » (leurs signatures). Le principe du graffiti se trouve déplacé, puisqu’il est ici contraint par un cadre (et non par un environnement). De plus, il ne procède plus d’un geste libre et spontané, puisqu’il reprend le tag selon un processus lent et contraignant de brûlage. Le rendu prend alors des allures de bas-relief. Le verso du parpaing n’est pas plein. La pièce offre une double-face, et rejoue en son dos le principe du cartel de l’œuvre et du châssis d’une toile. Cette nouvelle série prolonge le protocole des Constructions (2001-2011), composées à partir de panneaux de bois recyclés et retaillés en modules parpaings, qu’il assemble à partir des couleurs et des marques initiales. Compositions murales 1-2-3-4 laissent présager de nouvelles perspectives de compositions et de récursivité, qu’il projette d’adapter et expérimenter selon les supports à venir et les espaces d’expositions futures.

Un planisphère sur tissu laisse en suspens une ré-interprétation de l’image du monde. Les inscriptions de noms de villes, de pays, de régions flottent ; tous les tracés ont disparu. Avec Composition (d’après la carte politique du monde, échelle 1 : 23 000 000 – Kümmerly & Frey), la géographie se trouve réduite à un égrainage de noms, redessinés sur le même principe des pages de la Littérature qu’il reproduit manuellement depuis 2000, sous le mobile de protagonistes prénommés Albert.
Stéphane Albert dissout les continents, engendre leurs dérives, les essaime en archipels et s’approprie le planisphère, par nature, normatif et immuable.

L’exposition Merci révèle de multiples translations entre standard et singulier, tout en déjouant les pièges de la sublimation et de l’ersatz.

Charline GUIBERT
Le 28 avril 2011

 

Galerie Jeune Création
24 rue Berthe 75018 Paris (Abbesses / Pigalle / Anvers)
01.42.54.76.36
info@jeunecreation.or

Avec le soutien de la Mairie du 18e.

Magali Sanheira

Vendredi 22 octobre 2010

À travers elle, acier, bois, capteurs de surface, ampli, système de diffusion, 140×140 cm,  2010 (vue de l’exposition Circle Makers, Fluctuat Nec Mergitur, ArsLonga)


De ses navigations dans les quartiers en reconstruction, Magali Sanheira montre un intérêt particulier pour les machines de chantier et pour les paysages qui les accueillent. L’artiste joue sur les échelles, creuse l’antinomie, licencie les outils de leur fonction, et les déplace dans un autre environnement. Inscrite dans une scénographie recombinatoire, A travers elle est une sculpture inspirée d’une lame de scie circulaire, l’outil habituellement générateur de nuisances sonores se transforme ici en amplificateur pour capter et retransmettre les mouvements et les vibrations de son environnement.

http://magalisanheira.free.fr

Sébastien Rémy

Vendredi 22 octobre 2010

100e représentation de, 2010, intervention de pique-nique, Exposition Safari, Cneai

Pour cette exposition Jeune Création au 104, nous avons conçu à 6 mains avec Samuel Delannoy et David Dahan des chaises bancales adressées au personnel (et éventuellement aux visiteurs).
Les assises des chaises ensemble forment un plan non parrallèle à l’axe du sol.

www.sebastienremy.net

Aurélie Peterschmitt-Lévy

Vendredi 22 octobre 2010

FRAGMENTS DʼELLES, 2009, Performance, Techniques et matériaux mixtes, Résidence : La Générale en Manufacture Sèvres.

 

Je crée des réseaux de pensée, je les assemble et les désassemble, jusqu’à trouver un terrain d’exploitation.

Tout est fait de passage et d’assemblage d’éléments les uns par rapport aux autres. C’est une forme qui se dérobe, et qui se montre instable.

Si un objet perd son côté utilitaire que devient-il ?

Si le sens s’en est allé, alors qu’est ce qu’il faut en penser ?

Il n’y a plus ni avant ni après.

Ça ne s’est jamais passé et ce qui ne s’est pas passé, se repassera sans que l’on s’en rendre compte.

On attend, sans attendre que quelque chose se passe, s’accomplisse, ces éléments mis en tensions sont sur le point de…

Ces « objets », liés par une coïncidence calculée, rendent de nouvelles approches possibles et sous-tendent la question de l’objectivité et du discernement : La partie partielle de notre entendement.

 

peterschmitt.levy.free.fr

Johan Parent

Vendredi 22 octobre 2010

La Machine Hypocondriaque
Les machines et les objets proposent dans mon travail un spectacle, ou le spectateur entretient un état contemplatif, ou au contraire une mise à distance par rapport à l’œuvre.
L’idée de révolte est sous-jacente, comme pour souligner un état de surplus et d’énergie intense. Une vision narrative qui permet de considérer l’objet à travers l’espace et le temps, où il exécute une activité incessante et répétitive.
Mes propositions se caractérisent comme des observations fictives qui interrogent la mémoire. Elles témoignent d’un temps éventuel où l’objet à force de gestes permanent ou de tensions, deviendrait comme fou.
Ici la machine et les éléments acquièrent une présence du fait qu‘ils se révoltent, s’enclenchent tout seul, refusent de se tenir, dorment tel des personnages.
Le spectateur vient à admirer devant ces objets autonomes, un écho d’une activité humaine, un reflet de ses gestes et de ses comportements;
Ces travaux exposent un champ de réflexion sur une sorte de personnification des objets. Ceux-ci sont animés et prennent vies, comme pour imiter des états physique et psychique des individus. Une façon de revisiter de manière comique et poétique notre monde quotidien, par une sorte de ré enchantement des corps usuel qui nous entourent.
Avec ces combinaisons d’objets en mouvement, il s’agit peut-être se de réactualiser des interrogations sur les machines telles qu’elles étaient perçues du XVIIIe au XX e siècle. Dans « Les Monstres Nouveaux », Daniel Compère explique qu’au début de l’ère industrielle, les machines étaient assimilées à des êtres vivant, générant pour les individus un état contradictoire entre inquiétude et contemplation.
Dans cette même lignée, mes propositions se constitueraient comme une réappropriation de ces interrogations anciennes, afin de les adapter à notre époque. De plus, on peut dégager une possible observation sur nos relations avec les éléments inertes dans notre ère actuelle ; Cette vision, d’objets ou de situation personnifiée, ne correspondrait elle pas à une sorte de fétichisation, un anthropomorphisme exacerbé, qui serait peut-être du à notre ère matérialiste et désenchantée ?
Dans son ensemble mes travaux exposent par le biais de différents dispositifs d’installations, des objets malades, narcissiques, vieillissants, contagieux comme un virus imaginaire qui se généralise dans l’espace réel.
Les œuvres, deviennent des symptômes visibles et existants, qui changent nos perceptions et l’espace lors de manifestations.
Échos d’activités humaines et des pratiques contemporaines, la Machine Hypocondriaque est en route….

www.jokart.over-blog.com

Camilo Osorio Suarez

Vendredi 22 octobre 2010

L’écriture des choses ou la contemplation

Un pavé, une corde de cloche, des objets existants, tout peut devenir matière première dans la pratique de Camilo Osorio Suarez. Tout va très vite, les idées se bousculent, chacune étant prétexte à un développement possible. La technique matérialise le regard intuitif que l’artiste porte sur le monde et exploite les médiums qui lui sont nécessaires: la peinture, le dessin, la gravure, la sérigraphie, la photographie, la vidéo et l’installation. D’une grande prolificité, l’artiste questionne son rapport aux choses en créant une tension interne dans ses propositions.
L’acte de créer est pour lui une nécessité de « vider » son inconscient. Les éléments observés dans son environnement sont toujours rapprochés de leur essence qu’il soit cosmologique, tautologique, scientifique, organique, afin de nous en montrer leur force ou leur faiblesse, ou simplement en faire un constat. Un bassin de sel manufacturé reflète son histoire propre par
son usure et la fixation du sel sur les parois. Un olivier plongé dans sa propre huile nous interroge sur ce qu’est l’essence de cet arbre : ne sert-il simplement qu’à produire de l’huile ?
La confrontation des éléments devient le moyen de faire surgir les préoccupations de l’artiste.
Dans une installation, il reproduit une table cosmologique dont la fragilité est visible par la disposition des éléments, ou encore se penche sur les tensions électriques qui seraient factrices de migraine.
L’éclectisme de l’œuvre de Suarez n’est autre que l’immense vocabulaire dont il use comme une forme d’« écriture purgatoire » puisée dans la mélancolie du monde observé. Son œuvre transfigure cette notion et véhicule un regard posé sur la société. Poète contemporain, les mots et les formes s’unissent désormais dans un langage plastique en permanente évolution à l’exemple de sa dernière série de peintures dans laquelle l’écriture et la peinture s’entremêlent.
Fabienne Bideaud

www.osoriosuarez.com

Eden Morfaux

Vendredi 22 octobre 2010

Construction de Situations
Nommant ses œuvres des « constructions autant architecturales que mentales », Eden Morfaux pose la question de la fonction de l’art et de l’usage de l’espace public. Interrogeant la place et les relations humaines dans la société ou encore l’architecture comme puissance symbolique, historique ou sociale, les constructions d’Eden ne cessent de se confronter au réel. Les problématiques des rapports entre architecture et sculpture sont extrêmement riches sur de nombreux plans : historique, esthétique, formel, théorique… Proches de certaines théories situationnistes, ou encore des happening Fluxus, ses pièces invitent à un usage indéterminé et à l’expérience : elles révèlent l’espace, un possible, une impossibilité : une « construction concrète d’ambiances momentanées de la vie » (Guy Debord).
Dans l’ensemble de son travail Eden Morfaux invite à l’expérience et à la confrontation. Il cherche à montrer comment l’architecture conditionne les relations entre les individus. Souvent inspiré des formes minimales et abstraites, ses projets acquièrent une autonomie esthétique et formelle. Avec la série des Reliefs Concrets, Eden Morfaux utilise l’esthétique et le dessin architectural dont il développe la dimension de « réinterprétation ». Ces reliefs en béton sont réalisés à partir de photographies de façades d’immeubles. Après un travail de dessin, seuls la dimension graphique et le motif de la façade apparaissent en relief. Les éléments en béton de la façade de l’immeuble en constituent le dessin. L’effet de perspective et l’accrochage vertical sont conservés pour relier le dessin à son origine tridimensionnelle.
La série de photographies intitulée Réalité augmentée fonctionne comme un révélateur. En photographiant un paysage au sein duquel il a pris le soin d’installer un carré blanc, Eden nous invite à investir et à nous approprier un espace neutre. Le concept de réalité augmentée vise à compléter notre perception du monde réel, en y ajoutant un élément fictif. Il s’agit donc bien d’une réalité augmentée par la présence de la sculpture. Ne perturbant pas la lecture de la photographie, cet espace plein autant que vide plonge le spectateur au cœur d’un monde à la fois réel et virtuel. Le spectateur devient acteur en interagissant avec l’espace créé. Ainsi, Eden Morfaux mène tout un travail sur le contexte et  « le ré-investissement ». Dans l’ensemble de son œuvre, il mène autant un travail de construction que de déconstruction.
Clément Nouet

www.edenmorfaux.com

Damien Marchal

Vendredi 22 octobre 2010

Waiting For The Pigs est une sculpture sonore retraçant l’histoire d’un morceau de musique, Piggies des Beatles, paru en 1968 sur l’album  THE BEATLES surnommé l’album blanc.

Durant l’été 1969, cette composition de Georges Harrison inspira Charles Manson, ou tout du moins celui-ci en fit une interprétation toute particulière, qui l’amena à assassiner Rosemary La Bianca de 41 coups de couteaux ainsi que son mari, Leno La Bianca, de 12 coups de couteau et 7 coups de fourchette. Manson lui laissa la fourchette plantée dans l’abdomen et le couteau dans la gorge et écrivit sur l’un des murs  DEATH TO PIGS avec le sang de la victime, ceci faisant référence directe aux paroles de la chanson Piggies« Vous pouvez les voir sortir dîner, avec leurs femmes cochon, attrapant fourchettes et couteaux, pour manger leur bacon ».
Le 9 août 1969, alors que Polanski était au Royaume-Uni pour préparer son prochain film, Sharon Tate, son épouse enceinte, qui était en compagnie de 5 amis dans sa maison de Bel Air à Los Angeles, furent  tous assassinés par « La Famille » de Charles Manson. Le mot « Pig » fut écrit, sur la porte d’entrée, avec le sang de Sharon Tate.

En 1994 sort, The Downward Spiral concept album de NINE INCH NAILS, retraçant l’autodestruction d’un homme jusqu’à son suicide, qui fut enregistré dans la maison où Sharon Tate a été assassinée, le 10050 Cielo Drive à Bel Air, Los Angeles. Les titres Piggy et March of the Pigs font d’ailleurs écho aux inscriptions sanglantes laissées par « la Famille » (cf. Charles Manson). Petite anecdote supplémentaire : Le studio d’enregistrement de Nine Inch Nails, Nothing, basé à 10050 Cielo Drive se voit attribuer le nom de « PigStudio », The Downward Spiral y verra le jour, ainsi que  » Portrait Of An American Family » de Marilyn Manson.

Octobre 2009, le Washington Post, publie un article informant que la CIA venait d’être attaquée en justice par un groupe d’artistes américains pour utilisation abusive de leur musique. Des artistes comme Bruce Springsteen, Eminem, Britney Spears ou Nine Inch Nails ont été diffusés dans des complexes pénitentiaires militaires tels qu’Abou Ghraib ou Guantánamo, à des volumes sonores très élevés et des périodes d’exposition plus ou moins longues. Ainsi, un détenu a raconté avoir écouté pendant 20 jours le même morceau d’Eminem, sans discontinuer. Dans la liste rendue publique figure les titres Piggy et March of the Pigs de Nine Inch Nails.  Les détenus subissent  l’écoute de ces morceaux de musique populaire choisis par les soldats-geôliers eux-mêmes. Cette torture est perpétrée dans une cellule «sonore» baptisée par les soldats, le «DISCO’S».

www.marchal.biz

Jérémy Lecomte

Vendredi 22 octobre 2010


Un panneau publicitaire dans la rue
Allemagne, Paris, Copenhague Espagne New York
la même invitation :

« Israël, partez plus loin que prévu. »

Un abribus.
Un bus.
Au cinéma une réclame
Publicité encore : « Israël, partez plus loin que prévu »

2008. La plage. Tel-Aviv. Le 28 décembre. Grand soleil sur toute la côte. La température extérieure est de 22°C.  Celle de l’eau : 18°C.
Sur toute la côte

Image mentale, persistance touristique…
Dit toujours la même chose : trésors cachés, authentique, sacré ; histoire millénaire  des prophètes civilisation berceau beau temps plus loin que prévu….

Fascination.

Drapeaux tags touristes

Soleil armée fierté nation
Soleil
Avions
Armés

On est à Tel-Aviv.
Des hôtels grandes tours de verre.  Bauhaus marché cafés galeries ;
La plage.
La mer. Des avions.
Bombardement soleil avions gaza la côte
Ashkelon. Roquettes. Ashdod.

Bombardements.
RAS.
Écrans.
Gaza Blessés Morts ruines plage sable côte.

Des avions. Des hélicoptères. Des bombes. La plage la ville la mer :
Il est 14h20.

Des avions ciel bleu soleil
Hélicoptères des nuages des bombes.

Images extraites d’un travail intitulé IS REAL 09, réalisé entre décembre 2008 et Mars 2009 en Israël. L’installation sera montée pour la première fois à l’occasion de l’exposition Jeune Création 2010 au 104.

Le Collectif DOP

Vendredi 22 octobre 2010


Fondé en 2005, le Collectif DOP s’est fait une spécialité de l’observation affûtée du monde qui l’entoure. À travers des sculptures, installations et projets localisés dans un espace donné, ils ont d’abord posé les bases d’une réflexion sur fond de démocratie participative. Le terme peut, c’est vrai, paraître éculé en ces temps de démagogie rhétorique. Mais, sans renoncer à son ambiguïté, il faut autant ici l’entendre comme une forme de partage, tout d’abord car nous avons bien ici à faire à un collectif, autant qu’à celle d’un exercice de pouvoir.
Ainsi, se situent dans la ligne de mire du Collectif DOP les éléments qui régissent les systèmes de vie en communauté, à partir desquels il met en place des formes tant destinées à scruter, évaluer un territoire qu’à y intervenir. Pour cela, le Collectif DOP a initié en 2006 un projet d’urbanisme en deux temps, remarquable et remarqué au titre qu’il relève ce qui d’habitude reste totalement inconsidéré par les architectes et financiers, à savoir l’avis des riverains concernés par une nouvelle construction. Une Cellule de consultation, a ainsi été mise en place dans le Jardin des Plantes de Rouen, au centre ville pour engager  la réflexion avec les habitants du quartier venus s’informer et s’exprimer. Le projet, bien sûr utopique, mené dans la cellule de consultation a, dans un deuxième temps , fait l’objet d’un démarchage prospectif afin de trouver des investisseurs potentiels. Le projet agit donc dans un déplacement des forces en présence qui révèle, en réponse à l’incontestabilité des décisions architecturales, la prégnance d’un consensus social, immanquablement empreint des croyances, idéaux et qui circonscrit le bâti à des survivances identitaires.
Aussi, si l’architecture appréhendée en tant que programme constitue un fondement, le Collectif DOP la considère éminemment en tant que signe du populaire. À l’instar des deux façades « Folklore » adossées en 2009 à la devanture de deux galeries rouennaises, la sculpture issue du projet « Poncif suisse » intitulée Campanile est tout à fait exemplaire. En tant que simulacre de la culture civile, cette sculpture joue sur les même ressorts, visuels et sonores, et s’impose dans l’espace d’exposition comme un repère. Sonnant tous les quarts d’heure, cette œuvre émet un signal clair, audible et compréhensible pour tenter d’emporter l’adhésion du plus grand nombre.
L’enjeu devient clairement persuasif, rhétorique. Et c’est bien là, et uniquement là, finalement, que se joue la démocratie.
Leslie Compan

www.collectifdop.fr

Yves Koerkel

Vendredi 22 octobre 2010

Depuis une dizaine d’années, Yves Koerkel développe un travail de pliage systématique et rigoureux, au tramage toujours identique.
Prolongeant avec virtuosité le savoir-faire des enfants préparant des guirlandes de Noël, il applique sa technique compulsive à différents supports papier, vierges ou imprimés, avec une prédilection marquée pour les affiches publicitaires, obtenues auprès des imprimeurs ou des affichistes, auxquels il fait subir des traitements littéralement défigurants.

Livrés à l’artiste, les visages parfaits se crispent, les paradis terrestres se distordent, le monde idéal exalté par la publicité se noie, se brouille dans les plis et les replis. Le papier mis en forme devient volume et se mue en formes organiques, sculpturales, plus ou moins monumentales qui flottent suspendues dans l’espace. D’autres fois,  le côté obsessionnel prend le dessus et Yves Koerkel s’attache à la nature répétitive des images qu’il utilise et envahit l’espace d’innombrables modules similaires qu’il élabore.

Installateur de figures et de choses dont il a entrepris une savante défiguration avec une grande économie de moyen, ses réalisations offrent une expérience singulière de détournement des images qui imprègnent nos quotidiens.
Son univers à la fois drôle et caustique est au cœur des préoccupations actuelles, de la prolifération des images aux paradis artificiels.

http://yveskoerkel.blogspot.com

Nicolas Juillard

Vendredi 22 octobre 2010

Extraits du compte rendu du Nagazi-Spectrums-Shearsh-Group après l’approche à l’aveugle du Paysage Audiovisuel Français, à la Cité Internationale Universitaire de Paris en novembre 2007, sur une invitation du collectif Glassbox:

Comme en témoigne l’extrait vidéo de la première retransmission, la météo n’était pas particulièrement bonne ce 10 novembre 2007, un temps d’automne typique en France. Le facteur vent étant insuffisant, l’éolienne n’a quasiment pas fourni d’énergie, les captations étaient donc essentiellement le produit de l’ensoleillement du jour. Nous avons réalisé 90 minutes de vidéo afin de rendre compte de ce « non-événement » médiatique mais l’archivage n’est absolument pas au centre de nos préoccupations : Music For Masses #2 s’éprouve en direct, nous voulions produire de « l’ambient music » ou de la météorologie médiatique au sens littéral…

De la pluie et du beau temps
D’ailleurs ce dispositif fonctionne au « premier degré » : en tant que météo-dépressifs, nous pensons que le P.A.F., au même titre que tout paysage, est soumis aux aléas météorologiques. La consommation télévisuelle d’un lieu va, par exemple, augmenter proportionnellement à sa pluviométrie ; un orage, quant à lui, conditionnera un arrêt de l’appareil de réception. Les nombreuses incidences de la pluie et du beau temps sur nos comportements d’auditeurs et/ou de téléspectateurs pourraient être ici énumérées et recensées, mais cela ne relève pas des attributions du Nagazi-Spectrums-Search-Group. C’est néanmoins ce type de constatation essentiel qui nous a amené à placer « la météorologie » référent touristique et facteur de sociabilité universel, au centre de notre dispositif expérimental d’observation de la sphère médiatique. Autres spéculations capitales qui illustrent l’influence des phénomènes atmosphériques sur notre société, les lois de proximité journalistique, et plus particulièrement celle du « Mort-kilomètre » que nous synthétiserons librement comme suit : la prévision d’intempéries dans notre région devient plus importante que l’accident sur la route des vacances qui se déroule à 200 km, et que le génocide à 2000. Cette déontologie lucide qui érige la mitoyenneté géographique et/ou culturelle au rang d’étalon principal de notre conscience du monde, dicte actuellement la conduite de la quasi totalité des médias. Il nous est donc apparu fondamental de rendre un modeste et absurde hommage sculptural à ce principe de hiérarchisation de l’information. C’est donc par tautologie plastique que notre instrument de mesure favorise une étude globalisante et approximative de la forme neutralisée médiatique et que nos diffusions se  restreignent au voisinage immédiat. N’étant ni des professionnels, ni des analystes de renom de la médiatisation, nous assumons parfaitement cette position de néophytes ou, c’est selon, de touristes du P.A.F., nous irons même plus avant en nous intronisant éboueurs-dilettantes de l’environnement médiatique.

De l’écologie médiatique
À défaut d’être « libre », Music For Masses #2 est une radio-balai, qui recycle, compile, et réordonne chaotiquement les transmissions radiophoniques. Si la machine entraîne une mise en abîme aléatoire de ces émissions, elle n’y ajoute strictement rien. Perroquet des ondes, elle n’est que le révélateur de ce qui nous est donné à entendre quotidiennement. Il s’agit d’un système de tri sélectif arbitraire par « le temps qu’il fait » de l’entertainment diffusé à la population. Le dispositif recompose ainsi, à notre place, une partie de la masse d’informations que nous devons habituellement gérer seul : pourquoi et comment organiser de manière cohérente une corbeille audiovisuelle contenant des interférences, un calembour de Philippe Bouvard, une chanson de la Nouvelle Star, le résultat de Lyon-Bordeaux et l’annonce de la crise financière…? MFM#2 va fournir une classification automatisée et écologique de tels éléments : c’est à dire qu’elle va structurer selon une logique environnementale instantanée, le phénomène de désinformation (inhérent à la surproduction de données pour preuve ce texte) et le synthétiser en un objet sonore que nous pourrions qualifier de « compost médiatique ». Certes, ce média-terreau offre une vision fragmentaire incomplète et compressée du panorama étudié, mais il propose une alternative « statistique » à des systèmes de mesure subjectifs. À l’image de la quasi totalité des productions médiatiques de notre société, ce fumier hertzien obéit à des critères quantitatifs et non qualitatifs. L’objet d’un tel dispositif étant d’obtenir une « radiographie », un cliché sonore du P.A.F. le plus objectif possible, afin de trouver des solutions de retraitement des « infos usées » ; leur recensement historique actuellement proposé comme méthode unique nous apparaissant pédagogiquement aussi utile qu’un herbier pour la gestion des déchets nucléaires.

Du facteur X
Le N.S.S.G désirait également réactiver un geste expérimental primitif que la grande majorité de notre génération, née entre 1960 et 1981, a pratiqué sans doute de 3 à 6 ans « le free radio-tunning ». Cette expérience, ébauche enfantine du « turntablism » consiste à prendre un transistor quelconque et à en moduler aléatoirement les fréquences. Le sujet passera ainsi manuellement d’une station à l’autre jusqu’à la fameuse « radio-martien » de fin de bande, créant ainsi, par un mouvement de va-et-vient, son premier mixage électronique improvisé.
Pour expliquer les intentions liées à cette attitude résolument «électronique», qui n’a toujours pas fait, à notre connaissance, l’objet d’études approfondies, nous formulerons deux hypothèses : cet acte conduirait à échapper, de manière ludique, aux conventions académiques d’un langage utilitariste et dépersonnalisé. Il pourrait également s’agir d’une démarche intuitive de communication avec d’autres espèces que l’homme. Générateur autonome de « chants-dada-médiatiques », MFM#2 s’inscrit donc dans cette tradition de relativisme ethnocentrique par l’irrationnel.
Autre référence à cette génération qualifiée de X, le titre même de la pièce et l’analogie formelle entre le dispositif et une pochette d’un album homonyme de Dépêche Mode. Non, que le collectif ait décidé de rendre hommage à la production musicale de ce groupe, mais nous nous devions d’assumer le premier phénomène de réminiscence visuelle dont nous avons été victime. C’est en 2002 au Québec, lors des premiers tests publics du prototype, qu’un observateur, épais mélomane, nous a fait redécouvrir la jaquette que nous connaissions effectivement mais que nous avions oublié. Le projet s’appelait alors « F.M.AIR ». Cinq années plus tard, lors de l’élaboration de la version définitive, nous réalisâmes qu’il était impossible pour des raisons de politesse élémentaire et de sérieux scientifique de l’affubler d’un #2. Nous avons alors opté pour ce nom légèrement modifié, qui faisait par rebonds successifs, allusion au dit pop-band, mais surtout au magazine féminin éponyme, synthèse visionnaire de « fashionable » et d’informations qui préfigurait l’actuelle évolution médiatique.

De la logique de l’écho
Au vu des réactions, lors du vernissage, de l’audience qui nous a à plusieurs reprises demandé quels samples nous utilisions, et afin d’être en totale conformité avec les nouvelles lois de libres-échanges culturels, nous tenions à clarifier le fonctionnement audio de la pièce : comme exposé précédemment, nous considérons la réalité médiatique comme un écosystème, et c’est donc par rigueur logique que nous avons utilisé un système d’écho afin de la sonder. S’il y a effectivement un phénomène de répétition produit par cet effet de réverbération, sa durée est courte et constante (mise à part l’alimentation en énergie la météorologie n’affecte aucun paramètre dudit effet) chaque captation est donc traitée « audiophoniquement » de façon similaire. À l’opposé d’un échantillonneur, cette machine à discours est dépourvue de mémoire, la navigation au sein de la sphère médiatique se déroule ainsi sans boîte noire. Cependant, nous avons constaté sur nos relevés l’omniprésence de termes économiques faisant allusion à une dépression (non atmosphérique), ainsi qu’un phénomène de répétition patronymique régulier et constant. Le Nagazi-Spectrums-Search-Group décline toute responsabilité relative à un contenu alarmiste et propagandiste du recyclage médiatique produit par son anémomètre sonore. Le groupe adopte sur le langage, un point de vue scientifique, il envisage la parole pour ce qu’elle est physiquement : un son, une vibration de l’air, du vent. Notre appareil ne produisant que des transmissions aléatoires, et n’ayant, au même titre que tout citoyen, aucun contrôle sur le Paysage Audiovisuel Français, nous ne pourrions être accusé d’une volonté de standardisation de ce dernier. Nous tenions également à déclarer que nous ne téléchargeons aucun fichier sur internet et que nos rediffusions sont à but non lucratif. Nous serons gré aux organismes compétents de ne pas entamer de procédure concernant les droits d’exploitation ou de copyright.

Synthèse et premières conclusions
Après expérience, nous constatons que ce prototype fournit un « bulletin météo sonore » du paysage radiophonique d’un lieu donné à un instant T, et donc par extrapolation, une image partielle de la « réalité médiatique » de ce même lieu. Image partielle, car pour l’instant nos moyens nous limitent à une approche spéculative radiophonique du matériau médiatique. Malgré une introduction au P.A.F. sans visuel, nous avons l’intime conviction, que ces premiers « scans sonores radiophoniques » constituent un progrès non négligeable pour une étude plus objective, du chaos ordonné (ou réalité) de panoramas médiatiques internationaux.
Et nous pouvons d’ores et déjà avancer avec certitude qu’il n’est désormais plus nécessaire d’attendre la fin du journal pour connaître la météo…

http://nicolasjuillard.free.fr/

Hanna Husberg

Jeudi 21 octobre 2010

Le travail d’Hanna Husberg évolue entre une pratique régulière de la vidéo, des interventions ponctuelles in situ, et plusieurs projets d’installation mettant en jeu divers aspects de notre perception physique et visuelle.
L’observation de la matière – la façon dont l’eau passe d’un état à un autre, les mouvements internes du liquide ou du gaz, transmission, photosynthèse, mutation et évolution – qu’elle soit naturelle ou artificielle, constitue une des sources conceptuelles de ses recherches les plus récentes, comme le projet « Dead zone », qui reconstitue de façon artificielle le phénomène de zone morte ou zone anoxique, que l’on observe dans les mers et les lacs atteints par des efflorescences algales et l’installation « Culture Hors Sol », où la renouée du Japon, une plante classée «envahissante» en Europe, a été transposée dans le lac artificiel du Parc du Buttes Chaumont, sur une plateforme flottante donnant les conditions de base, non optimisées, pour la survie dans un environnement hostile.
Jb. Calistru