Le Pôle conférences 2011

Animées par des professionnels de l’art contemporain et des artistes, des conférences auront lieu chaque jour pendant l’exposition, permettant ainsi des débats soutenus liés aux enjeux soulevés par la création contemporaine et les oeuvres présentées.

Christian Globensky, plasticien et professeur à l’Ecole d’Art de Metz Métropole, coordonnera un cycle de conférences sur le thème « Art et Création Durable ».

« Partant de l’idée que le « local » se confronte toujours au « global », que la mondialisation contemporaine se mesure et se qualifie à l’aune de la sphère privée de l’individu, on considèrera dans ce cycle de conférences tous types d’activités créatives participant à reconsidérer notre mode de vie individuel, afin qu’il s’inscrive dans une perspective globale et éco-durable. Nous verrons que ce travail de militantisme s’inscrit dans une démarche d’art et de création durable, dans laquelle les réalisations des artistes d’aujourd’hui peuvent et doivent avoir une incidence à long terme sur notre monde globalisé. Nous interrogerons donc l’exercice de la citoyenneté confrontée à la société de l’information où l’expérience des catastrophes reproduites en boucle, comme spectacle de l’information, peut parfois confronter le citoyen autonome à une situation dans laquelle toutes les opinions existantes échouent, voire, malheureusement, le contraindre à ne plus souhaiter avoir d’opinions, tant il en a assez du marché d’idée d’opinions instaurant un régime de la peur. Et c’est bien ici que l’artiste citoyen entre en jeu.

Les réalisations des artistes d’aujourd’hui ont une incidence sur notre monde globalisé. Nous prenons conscience avec eux que nous sommes tous embarqués, embarqués à bord de notre vaisseau-terre, dont nous devons contrôler les réserves d’énergies, maintenir à température constante et surveiller la qualité de l’air respirable. Il en va tout simplement de la survie de notre humanité. Il nous faut donc partir de ce que les artistes instaurent, entrer de plain-pied dans la singularité des oeuvres et leurs environnements, en extraire ce qui attire l’attention, attise la prise de conscience.

Dans notre actuelle post-culture des Lumières, du moins depuis Nietzsche, nous savons que les vérités scientifiques et philosophiques ont acquis un statut de simple opinion — ce que Gilles Deleuze appelle des « idées d’opinion » — et que la prétention aux vérités dites scientifiques est essentiellement dictée par la distance qui sépare notre actuelle connaissance de notre ignorance latente. Sitôt proclamées, elles peuvent donc être déconstruites et déconsidérées l’instant qui suit. Or, si les artistes sont souvent comparés à des sismographes, ils n’en construisent pas moins, comme les chercheurs, des modèles où la manifestation et l’effet de leurs compétences sont exposés, traduisant ainsi une nouvelle aventure intellectuelle.

Plus que jamais l’opinion des artistes nous est nécessaire, plus que jamais l’artiste est cette figure du funambule surplombant le gouffre qui sépare la maîtrise objective et scientifique des opinions de celles menant aux risques idéologiques — l’obscurantisme de destruction massive émanant des opinions dites surnaturelles et religieuses, totalitaires et fascistes, mercantiles et égoïstes — et où la science y serait représentée comme un champ de bataille dont l’issue des conflits dépend des seuls rapports de forces, d’intérêts financiers et gouvernementaux. Le temps présent est à la peur, à la menace, voire à la terreur quand un risque terroriste s’ajoute aux précédents, les efface pour les faire réapparaître l’instant d’après, telle une série d’accidents en cascade. Cette menace multirisque, comme on dit d’une assurance, les artistes la ressentent. Ils éprouvent cette peur et subissent la terreur devant ces événements catastrophiques où notre environnement semble s’autodétruire, imploser pour se retourner contre nous. Que peut l’artiste face à ce nouvel environnement ? Dans quelle mesure, nous en imprégnions nous et nous en protégeons nous ? Que répondent la science et la philosophie contemporaines à ces questions ? Quel est le statut de ces opinons propagées à travers les masses médias, qu’elles émanent d’autorités scientifiques, religieuses ou gouvernementales ? Quel rôle idéologique jouent aujourd’hui les médias numériques de masse au sein de notre humanité augmentée ?

Autant de questions auxquelles ce cycle de conférences « Art et Création Durable » — cycle ACD — tentera d’apporter des réponses théoriques et des propositions plastiques. Des réponses dans lesquelles les réalisations des artistes d’aujourd’hui peuvent et doivent avoir une incidence à long terme sur notre monde globalisé. Partant de l’idée que le « local » se confronte toujours au « global », que la mondialisation contemporaine se mesure et se qualifie à l’aune de la sphère privée de l’individu, on pourrait considérer l’art comme création durable, comme prolongement de l’aphorisme de Robert Filliou : « L’art est ce qui rend la vie plus intéressante — et plus résistante — que l’art ».

©globensky

 

PROGRAMME

Mardi 8 novembre de 18h à 19h, Lauranne Germond et Loïc Fel, membres fondateur de COAL, coalition pour l’art et le développement durable, association qui rassemble des professionnels de l’art contemporain, du développement durable et de la recherche. Loïc Fel — philosophe et responsable du développement durable chez BETC Euro RSCG – développe une réflexion sur les enjeux environnementaux par une appréhension de la nature qui a pris la forme d’une théorie sur la perception esthétique : « l’esthétique verte ». Au-delà de l’exploration des expressions des artistes, c’est la fonction et le champ social de l’art lui-même que l’écologie interroge et remet en cause. Lauranne Germond — commissaire d‘exposition, co-fondatrice de COAL – Commissaire d’exposition spécialisée sur le développement durable, elle oeuvre depuis plusieurs années à la création d’une « coalition pour l’art et le développement durable » : COAL favorise l’intégration de l’artiste au sein d’un réseau de parties prenantes sur les enjeux sociétaux et environnementaux.

Mercredi 9 novembre de 18h à 19h, Philippe Mairesse, artiste, directeur d’Accès Local, mène un projet consistant à transposer les démarches créatrices des artistes dans le domaine de l’entreprise. Philippe Mairesse — Artiste et entrepreneur – Ingénieur de formation (Télécommunications), puis plasticien, il mène des activités d’artiste, d’entrepreneur, et de consultant. Il interroge ainsi la notion de valeur, entre individuel et collectif, subjectivité et connaissance, participation et critique par le développement de nouvelles théories et méthodes de conseil aux entreprises.

Jeudi 10 novembre de 18h à 19h, Emeline Eudes et Guillaume Dimanche ; si l’une œuvre à faire connaître les arts nordiques par le biais de la revue ARTnord, dont elle est rédactrice en chef, lui, plasticien, relie à vélo Paris à Copenhague, distants de 1300 kilomètres, au moment de la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique (Copenhague 2009), se positionnant en contradiction avec les moyens de transport communément utilisés.

Vendredi 11 novembre de 18h à 19h, Sylvain Lamothe et Christelle Blouët. En tant que chargé de mission culture de la Mairie du 18e, Sylvain Lamothe interrogera avec Christelle Blouët (coordinatrice du Réseau Culture 21) les notions liées à la citoyenneté participative et les rapports complexes qu’elles entretiennent avec la culture et le politique.

 

Générations et transmission dans l’art du 20ème au 21ème siècle

Une proposition de l’association Portraits

Samedi 12 novembre de 15h à 19h

« Jeune Création », après « Jeune Peinture » expose de jeunes artistes, Portraits défend des artistes dit « émergents » et de fait souvent nés après 1980. Mais que veut dire « jeune » ? Quand commence-t-on à ne plus l’être et que cela signifie-t-il pour un artiste, dans un monde souvent accusé de « jeunisme » ? Notre propos dans cette série de conférences est de s’intéresser à l’autre bord de la vie, et aux relations entre « jeunes artistes » et artistes confirmés, voire d’aborder la question très taboue en art comme dans le reste de la société, du grand âge et de la création : après « jeune création », que dire de la création « vieille » ?

Marion Alluchon, Emilie Bouvard, Constanze Fritzsch, Constance Moréteau et Camille Paulhan sont critiques d’art à Portraits, elles sont aussi doctorantes en histoire de l’art contemporain.

www.portraits-lagalerie.fr

Programme :

– Emilie Bouvard, Louise Bourgeois, portrait de l’artiste en vieille dame, le cas de l’émergence tardive. Louise Bourgeois s’est imposée sur la scène artistique new yorkaise après ses 70 ans. L’Old Age Style, un privilège d’artiste femme?

– Constanze Fritzsch, The New Old Surrealists, « ces bons vieux surréalistes », ou la transmission de la révolution, ou le rajeunissement d’une vieille tradition artistique révolutionnaire dans les années 1950.

– Camille Paulhan, Le « vieux » dans l’art contemporain, une conférence avec des rides au coin des yeux, ou l’étude dans l’art actuel d’une figure oubliée : la personne âgée, ou plus précisément le vieux ou la vieille.

– Constance Moréteau, Les publics âgés de l’art contemporain, la question de la médiation pour un public oublié, celui des personnes âgées.

– Marion Alluchon, Table ronde : Maîtres et élèves ? la question de la transmission dans la création artistique: quelle peut être la nature des relations entre le jeune artiste, étudiant à l’Ecole des Beaux-arts par exemple et son professeur, artiste également ? (Avec des artistes de la sélection Jeune Création 2011)

 

Jeune Création / Eco-Festival musical Kiosquorama

Musique et développement durable

Dimanche 13 novembre de 15h à 17h

GreenSinging et productions culturelles éco-responsables : poudre aux yeux ou mesures concrètes ?

Avec : Eric Garnier (Alter-Eco), Arnaud Hiltzer (10 :10, Action Carbone, Good Planet), Frantz Steinbach & David Barriquault (Eco-Festival Kiosquorama), Nicolas Prechet (France 3 – TBC), Mike Ibrahim (Artiste – TBC), Parcs & Jardins de la Mairie de Paris.

Cette conférence vous donnera toutes les clefs pour comprendre la place du développement durable dans une économie en pleine mutation : l’industrie musicale.

Avec un acteur majeur représentant l’ensemble des métiers du secteur, venez entendre des témoignages et interroger les participants sur leurs initiatives afin de découvrir si, en 2011, le développement durable a enfin sa place dans ce secteur.

 

INFOS PRATIQUES

Galerie Jeune Création
74 av. Denfert-Rochereau
75014 Paris
0768292934
jeunecreation@gmail.com

Ouvert du mercredi au samedi 14h-18h

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