Le travail de Simon Nicaise s’établit autour d’une entreprise qui gère de manière administrative l’ensemble de ces activités artistiques.
Volonté de former un groupe d’artistes à soi tout seul avec comme activité principale la constitution d’oeuvres plastiques où l’appartenance à sa structure est activée en fonction des projets.
A chacune des oeuvres est conférée une identité propre liée pour la plupart à la pluralité des figures d’artistes endossés. Ce principe fait aussi l’écho d’un positionnement professionnel de l’artiste, sans délégation de compétences. Alternativement consommateur et travailleur actif. Ce travail se veut absorbeur de références, se nourrissant des idées et des formes qui l’entourent dans une visée interventionniste mais également dans une forme d’épuisement.
Ni simple manipulateur, ni donneur d’ordres : bricoleur du réel qui à partir d’un nombre fini de signes à portée de main, tente de déjouer les obstacles pour construire ses propres modèles. Modèles faits de signes, entités vacillantes entre images et idées. Matériau de base qui procède d’un même mécanisme d’observation et de recomposition des signes.
Ce traitement peut passer par une posture de metteur en scène, décorateur, machiniste, régisseur en se concentrant sur les hors-champs du spectacle, en opérant des décalages où la scénarisation des formes oscille entre hommage et impertinence.
Simon Nicaise met en place un appareillage critique et différents dispositifs en vue de scruter les croisements et les télescopages de faits sociaux ou artistique .
Son travail interroge également la sculpture en elle-même en tentant de cerner ces spécificités. Cette étude passe par l’analyse de l’endroit où elle se crée et se dispose. L’élément même de l’exposition fait donc lui aussi l’objet d’un travail sculptural.
Simon Nicaise, France, 1982, vit et travaille à Rouen,
Buuuscchhttttt, 2009, matériaux mixtes
Fire Place, 2009, matériaux mixtes
Last, 2009, matériaux mixtes
Se définissant comme « bricoleur du réel », Simon Nicaise travaille essentiellement à partir d’objets de la vie courante, comme par exemple ici une cheminée ou un buste en plâtre, éléments incontournables d’un intérieur bourgeois. Détournés par l’artiste, ces derniers se mettent à vivre, mais ce n’est qu’un sursaut d’existence. Le buste menace de se suicider sous son sac en plastique, respirant de manière régulière ; la cheminée quant à elle se trouve dans un temps latent, dans l’attente d’un grattoir qui provoquerait sa combustion complète. Piratant la pratique des tours Eiffel d’allumettes ou des châteaux de cartes, l’artiste donne à ces objets une certaine autonomie, non dénuée d’humour, mais qui peut se révéler tout aussi angoissante qu’un automate dont le mécanisme s’est enrayé.
Par ailleurs, à contre-courant d’un art toujours plus spectaculaire et ambitieux, il présente ici des cocardes pour dernier, rappelant avec ironie que « l’important, c’est de participer ». La collection de coupes et de médailles fait ici place à la conviction qu’un rôle de loser est meilleur à prendre que celui d’une vedette.
Camille Paulhan
Mots-clefs : Installation




