Petròleo, installation in situ d’origami, papier Canson noir, 25×45 cm chacun.
Petròleo, installation in situ d’origami, papier Canson noir, 25×45 cm chacun.
La Compression—le livre de Twitter, « L’oeuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique », 2010, Papier photo, Plexiglas, bois, métal, 49,6×8,7×18,2 cm.
Aujourd’hui, l’exemple le plus typique est Twitter. L’une de ses spécificités est que chaque message compte un maximum de 140 caractères, ce qui permet de faire circuler les informations plus rapidement.
En Octobre 2009, 2 garçons américains ont commencé à mettre des livres classiques sur Twitter. Chaque livre célèbre a été résumé dans une phrase qui contient bien sûr un maximum de 140 caractères.
Donc j’ai réécrit un livre de Walter Benjamin, « L’oeuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique », de manière à ce qu’il corresponde aux critères de Twitter. Chaque page est constituée d’une seule phrase qui inclut un maximum de 140 caractères. J’ai compressé les lettres dans chaque rangée horizontale. Alors elles se transforment en petit point noir illisible.
L’époque de l’explosion de l’information est aussi l’époque de la compression. Face à trop d’informations, on essaie de résumer, raccourcir, simplifier tout ; afin d’économiser du temps, de connaître plus. Mais on s’arrête toujours au niveau de « connaître » (pas au point de « comprendre »). C’est une méprise de penser que «connaître» c’est « comprendre».
Pas tant phase 5, 2010, Installation, Bois, peinture.
Le contexte définit la nature de mon intervention. Je construis ma proposition par rapport à son environnement pour qu’elle se mette en résonance avec la vie réelle et pour que le spectateur soit pris au dépourvu.
Je cherche à faire de la poésie avec des matériaux banals et avec un protocole simple.
Ma première intention est souvent formelle, mais je suis attentif au sens que la forme crée.
L’œuvre qui fonctionne bien est celle qui fonctionne à différents niveaux : elle intéresse les jeunes enfants aussi bien que les critiques d’art.
Toiles contextuelles, 2011, Châssis assemblés, 90×90 cm.
Lucille Uhlrich est une chercheuse. Avec opiniâtreté, elle s’applique à faire surgir ce qui se trouve sous la couche superficielle de la réalité, à découvrir de nouveaux niveaux de sens. La traduction d’une idée dans un objet, de même que le passage d’un mot d’une langue à l’autre, sont toujours vecteurs de gain et de perte de sens. Mouvement à la fois déceptif et créateur, cette « translation » l’intéresse pour l’à-côté qu’elle fait naître : les restes, en quelque sorte, d’une vision purement conceptuelle de l’art. C’est cet interstice qui est suggéré, avec malice, par la ronde des dictionnaires bilingues mis dos-à-dos qui semblent se renvoyer les mots comme des balles de ping-pong. C’est également là qu’elle choisit d’élever des habitations dans un style post-moderne, avec sa série « Etc ». Ses oeuvres viennent souvent dessiner un espace fictif, peut-être idéal, à l’intérieur d’éléments empruntés à l’histoire de l’art et à ses récupérations contemporaines, traités comme autant de réseaux, de cartes ou de mondes potentiels.
Camille Azais
Rejouer 24 moments de ma vie,
qui me viennent en tête sans réfléchir,
le plus simplement possible.
Debout, devant un fond blanc,
me photographier 24 fois.
Regarder chaque image,
et écrire les mots
que j’associe à ces photographies.
Ji-Eun Yoon, Corée, 1982, vit et travaille à Paris.
Un moment dans un moment, série de I à VIII, techniques mixtes, 2009
L’artiste pratique essentiellement le dessin au crayon de couleur et à l’acrylique, sur bois ou papier. Pour évoquer ses œuvres, elle fait appel au monde flottant de la rêverie, ce moment privilégié pour l’imagination où les pensées se déploient comme un rhizome. Le motif de l’arbre, tout comme celui de la corde à linge qui n’en finit pas, sont récurrents dans ses œuvres, comme autant d’invitations à l’évasion.
Pour ces nouveaux dessins, l’artiste part d’abord de la matière même du support, le contreplaqué, dont elle redessine à la gouge les veines du bois afin de créer des sillons peu profonds, devenant des supports à l’imagination. Elle reproduit ensuite au crayon des photographies réalisées auparavant, la représentant dans des postures souvent énigmatiques, où le visage s’efface subtilement au profit d’un paysage onirique. Elle développe ainsi un univers particulier où chaque circonvolution du bois, qu’elle gratte ou brûle, devient prétexte à un nouveau motif.
Camille Paulhan