Archive pour la catégorie ‘K L M N O’
Agata Nowosielska
Mercredi 5 août 2009Simon Nicaise
Mercredi 5 août 2009Le travail de Simon Nicaise s’établit autour d’une entreprise qui gère de manière administrative l’ensemble de ces activités artistiques.
Volonté de former un groupe d’artistes à soi tout seul avec comme activité principale la constitution d’oeuvres plastiques où l’appartenance à sa structure est activée en fonction des projets.
A chacune des oeuvres est conférée une identité propre liée pour la plupart à la pluralité des figures d’artistes endossés. Ce principe fait aussi l’écho d’un positionnement professionnel de l’artiste, sans délégation de compétences. Alternativement consommateur et travailleur actif. Ce travail se veut absorbeur de références, se nourrissant des idées et des formes qui l’entourent dans une visée interventionniste mais également dans une forme d’épuisement.
Ni simple manipulateur, ni donneur d’ordres : bricoleur du réel qui à partir d’un nombre fini de signes à portée de main, tente de déjouer les obstacles pour construire ses propres modèles. Modèles faits de signes, entités vacillantes entre images et idées. Matériau de base qui procède d’un même mécanisme d’observation et de recomposition des signes.
Ce traitement peut passer par une posture de metteur en scène, décorateur, machiniste, régisseur en se concentrant sur les hors-champs du spectacle, en opérant des décalages où la scénarisation des formes oscille entre hommage et impertinence.
Simon Nicaise met en place un appareillage critique et différents dispositifs en vue de scruter les croisements et les télescopages de faits sociaux ou artistique .
Son travail interroge également la sculpture en elle-même en tentant de cerner ces spécificités. Cette étude passe par l’analyse de l’endroit où elle se crée et se dispose. L’élément même de l’exposition fait donc lui aussi l’objet d’un travail sculptural.
Simon Nicaise, France, 1982, vit et travaille à Rouen,
Buuuscchhttttt, 2009, matériaux mixtes
Fire Place, 2009, matériaux mixtes
Last, 2009, matériaux mixtes
Se définissant comme « bricoleur du réel », Simon Nicaise travaille essentiellement à partir d’objets de la vie courante, comme par exemple ici une cheminée ou un buste en plâtre, éléments incontournables d’un intérieur bourgeois. Détournés par l’artiste, ces derniers se mettent à vivre, mais ce n’est qu’un sursaut d’existence. Le buste menace de se suicider sous son sac en plastique, respirant de manière régulière ; la cheminée quant à elle se trouve dans un temps latent, dans l’attente d’un grattoir qui provoquerait sa combustion complète. Piratant la pratique des tours Eiffel d’allumettes ou des châteaux de cartes, l’artiste donne à ces objets une certaine autonomie, non dénuée d’humour, mais qui peut se révéler tout aussi angoissante qu’un automate dont le mécanisme s’est enrayé.
Par ailleurs, à contre-courant d’un art toujours plus spectaculaire et ambitieux, il présente ici des cocardes pour dernier, rappelant avec ironie que « l’important, c’est de participer ». La collection de coupes et de médailles fait ici place à la conviction qu’un rôle de loser est meilleur à prendre que celui d’une vedette.
Camille Paulhan
Benoit Ménard
Mercredi 5 août 2009Not Yet Titled (Ménard/Sur la touche), 2009, raticides, 500 x 350 cm. Vue de l’exposition Jeune Création 2009, Le Centquatre
Loin de n’être qu’un univers chaotique où l’accidentel semble tenir lieu de logique, cette constellation se livre aux échos, récurrences, correspondances, superpositions et collisions du modernisme et de la tradition, de la culture savante et de la culture populaire, et se présente à la fois comme l’expansion d’un centre vers une périphérie, et comme la concentration de cette périphérie dans le centre. La peinture occupe ce centre, et la périphérie se constitue des ramifications dans d’autres registres, d’autres possibles.
Titien’s Strata (série). Vue de l’installation : huiles sur toile, pupitres en acier, cartels. (Jeune Création 2009, Le Centquatre)
Saint-Jean faisant l’aumône (série Titien’s Strata), 2007/2009, huile sur toile, 111 x 73 cm
Hao Li
Mercredi 5 août 2009Guillaume Légaré
Mercredi 5 août 2009Guillaume Légaré s’intéresse à la représentation des formes anciennes et à l’esthétique des objets populaires. Il se définit comme chasseur de fictions et cueilleur d’images, car sa réflexion artistique s’articule autour de la modélisation du réel et de l’archéologie de la mémoire. Par le biais de divers procédés de mise en scène tels l’amplification, l’accumulation, l’irréversibilité, et l’interaction mnésique, les dispositifs surréalistes de Légaré foisonnent d’anachronismes. Pour l’artiste, la présentation d’objets scénographiés est l’occasion de mettre en suspens la dimension temporelle par des constructions qui passent d’un état de tension antérieur à postérieur au réel.
Mehdi-Georges Lahlou
Mercredi 5 août 2009Mehdi-Georges Lahlou était sur les scènes de danse contemporaine (collaboration avec Maria La Ribot (E), la compagnie Le Douaré (FR),etc ) avant de s’inscrire aux Beaux-Arts (Quimper, puis Nantes)
Il s’y passionne pour l’art de la performance et de la vidéo. Inspiré par des artistes comme Journiac, Molinier, Bowery, Viola, Neshat, Pane ou encore Abramovic. Il développe un travail poétique sur l’Identité à travers une imagerie burlesque mêlant travestissement et personnages chimériques qui paradent pour mieux masquer leur néant intérieur.
Installé à Bruxelles, terreau du surréalisme, Mehdi-Georges ne cesse de parler de ses propres Identités pour mieux explorer celles des autres. Il précise les orientations de son travail, questionnant la représentation et la place d’un corps, ou corps sexuel, dans les cultures musulmanes. Il y questionne aussi la possibilité d’humour dans ces mêmes cultures.
Il crée des images où se confrontent un double, voire un triple stigmate. À travers entre autres, l’épuisement d’un fétiche, celui de l’escarpin rouge, qu’il confronte tout autant aux pavés de nos villes qu’aux objets et symboles religieux.
Dans son travail plastique, peintures, objets, installations…, Mehdi-Georges tend a trouver des passerelles, utopiques, mais humoristiques entre Nord et Sud. Il s’agit d’une impossible synthèse.
David Lambert.
Medhi-Georges Lahlou, Français et Marocain, 1983, vit et travaille à Bruxelles.
Installation, performances, technique mixte.
Medhi-Georges Lahlou réalise des performances et des installations qui traitent avec humour à la fois des identités culturelles et de genre, au point de les dissoudre les unes dans les autres. Et en effet, si le genre est une construction sociale, par opposition au sexe biologique, il est alors pris dans le tissu culturel dans lequel il se construit, quel qu’il soit. Jonglant d’une communauté à l’autre, de l’ethnie au genre, par ses actions burlesques, Lahlou effectue un travail de sape. Il se livre à une sorte de typologie des clichés associés au monde arabo-musulman, et les attaque à coup de talons aiguille rouges, au cours de performances qui sont autant d’exploits sportifs censés tester la testostérone. Ces talons sont ceux de cette figure topique qu’est le queer, le trans ou le travesti. La « tête d’arabe » de la photo rencontre les chaussures de vamp : stigmate + stigmate = 0. Mehdi-Georges Lahlou s’attaque à la définition de la masculinité dans cette sphère culturelle, et teste en quelque sorte inlassablement, performance après performance l’ébranlement de cette culture, ici ou là-bas, par la déconstruction du genre, rêvant une réconciliation des « contraires » et que le merveilleux ne soit plus révolu.
Emilie Bouvard
Daniela Krajcova
Mercredi 5 août 2009Ledia Konstandini
Mercredi 5 août 2009Puppet guards
In most of the cases, puppets are objects, which cohabit with our privacy and our interior habitation.
It’s astonishing how they can play a completely different role.
Their delicacy, softness and naivety, suddenly turn to be their power.
How can this happen?!
Their power is emphasized by the strong contrast between them and the aggressive frontages.
It sounds strange, but they “guard” a building using only their outlook. Immediately they turn into “puppet guards”. In this case, puppets fight using their own image, which compete with the building.
Hanged on these positions, they become talismans. The owners of these buildings, believe somehow in a negative mystical power of the human eyes.
These people hang the puppets for a “serious” reason, for de-concentrating the viewer’s eye. Somehow they admit that the toys are more attractive than the building itself, even though they pretend esthetics and harmony on their architecture .
So, you get confused about the concept of esthetics and vulgarity. It’s hard to understand if the vulgarity belongs to the frontage or to the way puppets are hanged! It’s hard to understand which image wins the battle of
The installation (puppets covered with concrete), materially connects these concept. In the installation I unify the image and the material of buildings and puppets. This I subjective reaction on the phenomenon.
Ledia Kostandini
Marketa Koreckova
Mercredi 5 août 20093 fois à propos de l´amour
Markéta Korečková (1975) se penche, dans ses créations en art plastique, sur le sujet des relations de couple. Elle étudie la zone d´interférence entre deux Etres humains, qu’elle soit temporaire ou éternelle. Elle perçoit cet “espace de rencontre“ comme quelque chose de naturel, sur individuel, comme une sorte de territoire pour des messages archétypaux ou se déroulent les actes existentiels principaux mais aussi les actes irréversibles de la prise de conscience des deux acteurs. La créatrice a appelé l´ensemble présenté « A propos de l´amour ». Il inclut trois oeuvres indépendantes, chacune représente un couple – un homme et une femme – dans des positions variées et en relation réciproque.
Pour son oeuvre les Stéréotypes de genre (2008), la créatrice a opposé, face à face, deux torses selon le modèle grec de Kouros-Koré. La femme est plus petite, blanche, en hauteur, elle se termine par une plaque de cuisinière, un interrupteur et une prise électrique mâle. Comme la femme représente un « produit électroménager », l´homme est celui qui, depuis sa position d´Etre supérieur et créatif, « fait cuire » sa masculinité. Korečková a créé une situation modèle de deux figures d´un jeu d´échec (noire x blanche) entremêlées dans une partie du jeu a fin ouverte. On y perçoit, dans des schémas et des clichés sociaux (le créateur et la bonne), leurs rôles traditionnels ironiquement démasqués.
Deux torses de sexes différents allongés forment l´œuvre appelée l´Amour comme passion (2009). La créatrice s´est laissée inspirer par de vraies formes forestières. Il y a des racines qui poussent des jambes des demi-figures. Au niveau de la coupe transversale, les cernes de la femme portent un cœur transpercé d´une flèche, ceux de l´homme une inscription Love. Les deux saignent légèrement. Ils ne se touchent pas ce qui représente un moment important, ils entrent uniquement en configurations variables et distantes. Ce qui permet au spectateur de faire des associations libres. Les stéréotypes de la pensée humaine se mettent de nouveau en œuvre pour s´imaginer des histoires romantiques d´amour malheureux avec une fin tragique, de tourments corporels et spirituels d´une passion forte, d´un déracinement et de la perte de la « terre sous les pieds ». Ce sont exactement ces associations-là que la créatrice recherche avec un perfectionnisme cynique dans son choix de la forme sculpturale et du traitement de la surface.
La troisième réalisation le Cœur brisé (2009) ironise la relation entre les deux sexes par une mise en situation. L´homme est représenté par des corps incomplets, un torse d´un trophée asymétrique et comique décoré d´un cœur rouge découpé et épinglé dessus. L´endroit du percement est perçu comme une cicatrice douloureuse. La femme = un seau avec une serpillière et une tache rouge (de sang) est située par terre. Les deux artefacts sont reliés par une chaîne – relationnelle équilibrant l´analogon du couple. La serpillière posée sur le seau peut être interprétée sans aucune hésitation soit comme un voile de souffrance (Veraikon) ou bien comme une cape qui permet à la femme de cacher ses douleurs et ses souffrances afin de préserver le présent pour le futur (la cape de la Vierge Marie).
L´amour apparaît de partout de manière critique et non féerique sous trois formes différentes et semblables en même temps. Le ton moqueur ne vise ni l´homme, ni la femme, ni leur vie commune. Ce qui est ironisé, ce sont les préjugés générationnels et sociaux qui participent, encore aujourd’hui, de façon néfaste, à la formation du milieu culturel de l´Europe centrale.
En bref, “ça passera avant que tu ne te maries“, nicht wahr, Markéta?!
Petr Vaňous, curateur indépendant, Prague
Markéta Korečková, Tchécoslovaquie, 1975, vit et travaille à Prague
Gender stereotypes, 2008, fibre de verre, bois, plaque chauffante
Love as passion, 2009, fibre de verre, crystal, racines de pin,
Broken heart, 2009, bois de cerf, seau en plastique, silicone, chaîne métallique
Ces trois sculptures représentent un tournant dans le travail de Markéta Koreckova, qui s’était auparavant intéressée au corps féminin d’un point de vue organique, féministe et ironique, qu’il s’agisse du fait que les « princesses aussi ont leurs règles » ou d’une série de sculptures sur les implants mammaires. Markéta Korečková y critiquait la division traditionnelle des rôles selon le sexe. Ici, il est question des rapports entre l’homme et la femme dans le couple. La métaphore de l’arbre, et la volonté de présenter des corps coupés au même niveau suggère que l’homme est la femme sont faits « du même bois ». La beauté de l’enchevêtrement des racines exprime la profondeur de cette parenté. Pourtant, une disproportion est établie et suggère une relation de bourreau (masculin) à victime (féminine), qui renverrait à l’état des relations entre les sexes en Tchéquie aujourd’hui (et ailleurs…) : l’homme, sur son piédestal acquiert prestige et inspiration en utilisant la femme, et pour finir, il lui brise le cœur. Les corps séparés de Love as passion traduisent peut-être le solipsisme de l’être passionné, et l’impossibilité d’une vraie rencontre, y compris dans la sexualité.
Emilie Bouvard
Yu kyeong Oh
Lundi 1 septembre 2008Christel Montury
Lundi 1 septembre 2008Antoine Miserey
Lundi 1 septembre 2008Antoine Miserey, France, 1978, vit et travaille à Paris.
Valstar, vidéo, 4’48 »
Cette vidéo est construite d’après une (très) libre adaptation du téléfilm l’Abécédaire de Gilles Deleuze réalisé par Pierre-André Boutang et Claire Parney (1988-89/ 1996), et plus particulièrement de la lettre « D », « Désir ». La bande-son, une voix féminine, cite Deleuze. Antoine Miserey réalise ici une vidéo composée de fragments de films qui évoquent des films personnels, amateurs, des souvenirs de vacances au contenu narratif minimal. Les « héroïnes » de ces petites histoires sont des figures féminines qui apparaissent par instant et qui semblent être les objets de ce désir, dont le sujet serait la voix off, une autre femme. Il est donc question de désirs fugitifs d’une femme pour des femmes, dans des environnements particuliers qui leur sont propres, les « agencements » dont parle Deleuze. Cette vidéo peut ainsi apparaître comme une suite de souvenirs. Le titre, une marque de bière, aux sonorités brutales, évoque peut-être au contraire la pulsion brutale, et entre en contraste avec le contenu doucement nostalgique de la vidéo.
Emilie Bouvard




















































