Archive pour la catégorie ‘Jeune Creation 2009’

Jeune Creation 2009

Jeudi 6 août 2009

JC09_pour_site

Jeune Création 2009

CENTQUATRE Paris 19ème
Du 4 au 8 novembre
Vernissage le mercredi 4 novembre à 18h

Après s’être tenue à La Bellevilloise puis à La Grande Halle de la Villette, l’exposition internationale d’art contemporain Jeune Création investira cette année, du 4 au 8 novembre, les espaces du CENTQUATRE. Panorama d’une création plastique internationale émergente, Jeune Création présentera, sur 2500 m2, des œuvres inédites d’une soixantaine de jeunes artistes d’une dizaine de nationalités : peintures, sculptures, dessins, photographies, vidéos, installations, performances…

Au gré d’un parcours scénographique original, les visiteurs se laisseront surprendre par les démarches singulières des plasticiens présentés et pourront apprécier les nouveautés de cette édition.

Le Prix Jeune Création 2009 et le Prix Boesner (entrer)

Les artistes:
Arnaud Aimé / Jérôme Allavena / Estèla Alliaud / Mariano Angelotti /
Karem Arrieta / Sandra Aubry / Ilinca Balaban / Manon Bara /
Pauline Bastard / Tania Bedrinana / Arnaud Bergeret /
Ghyslain Bertholon / Nathalie Bibougou / Filomena Borecka /
Siegfried Bréger / Enrico Centonze / David Chaignon / Raffaella Crispino /
Pauline Curnier Jardin / Jean Denant / Faustine Ferhmin / Isabelle Frémin /
François Génot / Laura Gozlan / Grégory Grincourt / Gabriel Hernandez /
Iseo / Filip Jonker / Sojung Jun / Jean-Christophe Kerourédan /
Taegon Kim / Marketa Koreckova / Ledia Kostandini / Daniela Krajcova /
Mehdi-Georges Lahlou / Delphine Lecamp / Guillaume Légaré /
Emeric Lhuisset / Hao Li / Sylviane Masson / Benoit Ménard /
Antoine Miserey / Simon Nicaise / Agata Nowosielska / Benjamin Nuel /
Stefan Papco / Orion Papleka / Malin Pettersson Oberg / Benoît Pingeot /
Romain Rambaud / Sarah Schastok / Sandra Schmalz /
Roosmarijn Schoonewelle / Anne Kathrin Schuhmann /
Marcelino Stuhmer / Aurélie Tomas-Bouil / Sarah Trouche / Sarah Tunnell /
Fabien Villon / Ji-Eun Yoon / Siegfried Zeller

NowosielskaPauline Curnier JardinGrincourtCrispino

Agata Nowosielska / Pauline Curnier Jardin / Grégory Grincourt / Raffaella Crispino

Les invités:

L’artiste d’origine cubaine Pablo Gonzalez-Trejo invitera le public à interagir, métamorphoser et achever les pièces présentées à travers son  projet « Defacing »

Performance mercredi 4 novembre à partir de 19h.

Lorraine Hussenot, jeune commissaire, proposera un projet spécifique intitulé The Forgotten Territories qui présentera le travail de six  jeunes artistes français et étrangers Daniel Chust Peters, Jenelle Covino, Edouard Decam, Romain Erkiletlian, Miguel Angel Molina et Théophile  Seyrig.

Le programme des performances et de la Black Box :

Télécharger le programme des performances et de la Black Box

Informations pratiques:
Du 4 au 8 novembre 2009
Mercredi 4 novembre :
Vernissage et ouverture au public à partir de 18h
Horaires du 5 au 8 novembre :
Jeudi et dimanche de 11h à 20h / vendredi et samedi de 11h à 23h
Entrée : 5 euros

CENTQUATRE
104 rue d’Aubervilliers / 5 rue Curial 75019 Paris
M : Stalingrad (ligne 2) , Crimée ou Riquet (ligne 7)
Vélib’: bornes rue d’Aubervilliers, rue Curial, rue Riquet

CENTQUATRE13©Edouard Caupeilweb

© Edouard Caupeil

Les partenaires :
CENTQUATRE, Coton Doux, Epson, Boesner
art press, Mouvement, Zero deux, Artension

Relations avec la presse:
Lorraine Hussenot
01 48 78 92 20 / 06 74 53 74 17
lohussenot@hotmail.com

Visuels disponibles sur demande

Télécharger le communiqué de presse

Télécharger le dossier de presse

Ji-Eun Yoon

Mercredi 5 août 2009

yoon

ji-eun yoonji-eun yoonji-eun yoon

Ji-Eun Yoon, Corée, 1982, vit et travaille à Paris.

Un moment dans un moment, série de I à VIII, techniques mixtes, 2009

L’artiste pratique essentiellement le dessin au crayon de couleur et à l’acrylique, sur bois ou papier. Pour évoquer ses œuvres, elle fait appel au monde flottant de la rêverie, ce moment privilégié pour l’imagination où les pensées se déploient comme un rhizome. Le motif de l’arbre, tout comme celui de la corde à linge qui n’en finit pas, sont récurrents dans ses œuvres, comme autant d’invitations à l’évasion.

Pour ces nouveaux dessins, l’artiste part d’abord de la matière même du support, le contreplaqué, dont elle redessine à la gouge les veines du bois afin de créer des sillons peu profonds, devenant des supports à l’imagination. Elle reproduit ensuite au crayon des photographies réalisées auparavant, la représentant dans des postures souvent énigmatiques, où le visage s’efface subtilement au profit d’un paysage onirique. Elle développe ainsi un univers particulier où chaque circonvolution du bois, qu’elle gratte ou brûle, devient prétexte à un nouveau motif.

Camille Paulhan

Sarah Tunnell

Mercredi 5 août 2009

sarah Tunnell

sarah Tunnell

Sarah Trouche

Mercredi 5 août 2009

sarah trouche

La performance est un espace de recherche, conduit par des artistes qui travaillent à travers différentes disciplines mais aussi contexte et lieux.
Constamment à la limite de la danse, vidéos, installation, sculpture et nouvelle formes émergentes trouvent en la performance le moyen d’inventer l’idée «  de process », d’expériences et de présences, plus qu’une simple production de formes et d’objets.
C est un art qui avant toute chose cherche à tester les limites du possible et du permissible.
Et qui reste au plus prés de son contexte et de son public.
La performance nous offre un espace formel et conceptuel pour questionner les relations entre les médiums et les publics .
Dans mon travail le » process » est tout aussi important que l’objet finis
Et la mise en place de l’exposition est vue en terme de format.
Je cherche à garder les choses en suspens et cette irrésolution me permet d’appréhender des rencontres avec les autres disciplines, architectures, philosophie et danse; ainsi la collaboration devient essentielle car elle devient productrice de signes et amène un niveau de complexité de compromis de débordements.
Le travail devient alors imprévisible, car mes performances n’ont jamais de scénarios prédéfinis.
Elles cherchent à créer des déplacements, trouver un rythme, vivre une expérience.

www.sarahtrouche.com

sarah trouchesarah trouche

Sarah Trouche, France, 1983, vit et travaille à Paris

7 photographies de performances contrecollées sur aluminium :

st08_3A, Chelsea College, Londres,UK, 2008
st08_5F, Winter Story show, Shunt Lounge, Londres, 2008
why not action2, HitAndRun project, Setubal, Portugal, 2009
st06_5E, Do Seina ao Amazona project, Rio Negro, Brésil, 2006
st07_3A, Taiwan, 2007
why not action1, HitAndRun project, Cargo Grande Ellade, mer Méditerranée, 2009
st07_5A, Taiwan Artist Village, Taipei, Taiwan, 2007

Vidéo, 3′, boucle, Cargo Grande Ellade, mer Méditerranée, 2009

Sarah Trouche présente ici sept photographies de performances et une vidéo ; elle réalise aussi des performances au 104 pendant Jeune Création, tous les soirs à 20h au 104 : chapter 1 waiting for chapter 2 , chapter 2 waiting for chapter 3, chapter3 waiting for chapter 4, chapter 4 still waiting. Sarah Trouche conçoit la performance comme un lieu d’expérimentation, qui voit le jour à l’issue d’une longue préparation, le process. C’est un lieu de risque au sens où l’on se risque à tester une hypothèse. Ses performances donnent ainsi le sentiment d’une grande maîtrise préalable et font l’objet d’un travail scénographique et chorégraphique d’ampleur qui permette d’élaborer différents types de rapports entre le corps et divers types d’architecture, et de matériaux. La performance est ainsi le lieu où se révèle la réussite ou l’échec de ce qui a été chorégraphié. Les performances de Sarah Trouche s’apparentent à des ordalies médiévales : il s’agit de tester la cohérence plastique et esthétique d’un imaginaire. Une démarche qui s’inspire de Jan Fabre ou de Paul Ardenne.

Emilie Bouvard.

Marcelino Stuhmer

Mercredi 5 août 2009

Stuhmer_Marcelino

www.marcelinostuhmer.com

Stuhmer_MarcelinoStuhmer_MarcelinoStuhmer_MarcelinoStuhmer_Marcelino

Marcelino Stuhmer, Etats-Unis, 1971, vit et travaille à Milwaukee

The Choreographed Accident: A Temporary Memorial for Paul Avery, technique mixte, 2009

Paul Avery (1923-1964) était un agent secret britannique actif au cours de la Guerre Froide dont on a redécouvert récemment le « Warsaw Notebook » – témoignage de sa vie d’espion, qui fit l’objet le 3 octobre 2008 d’un article de Christopher James dans le London Times intitulé « The Choreographed Accident ». Dans ce « carnet de notes », on trouve une photographie d’un accident étrange survenu au début des années 1960, en plein guerre froide. D’après les autorités britanniques, un Zeppelin  se serait écrasé à Cardington dans le Bedforshire ; d’après Avery, il s’agirait d’un tout autre engin, extraterrestre ?, fabriqué dans des matériaux et d’une forme inconnus. Il serait arrivé sur les lieux et aurait participé au maquillage de l’accident. Avery s’est suicidé peu après les faits.  L’installation de Marcellino Stuhmer s’interroge sur la valeur de preuve de l’image : ici, la photographie du « Zeppelin », sur laquelle on aperçoit le « témoin » des faits, Paul Avery, est censée attester de la machination. Elle a pour fonction de prouver l’existence d’un événement étrange, mais c’est Avery, un homme à la santé mentale fragile, qui l’a prise et l’interprète ainsi. La déconstruction de l’espace, suggère l’importance du discours qui accompagne la photographie, et sa capacité à appartenir au champ de la fiction.

Emilie Bouvard

Anne Kathrin Schuhmann

Mercredi 5 août 2009

Schuhmann AK

www.annekathrinschuhmann.com

Schuhmann AKSchuhmann AK

Anne Kathrin Schuhmann, Allemagne, 1982, vit et travaille à Berlin.

Hooded, série de neuf photographies couleur, 2008.

L’artiste présente ici une série de photographies dont le titre provient du mot anglais « hoodie », intraduisible en français, désignant aussi bien les sweat-shirts à capuche que les personnes qui en portent. Pourtant, le travail de Schuhmann n’est pas un énième travail documentaire sur la violence ou le désœuvrement dans les banlieues parisiennes. Au contraire, ses photographies résultent d’un travail sur la différenciation mené avec ceux que l’on désigne régulièrement sous le terme générique de « jeunes ». Une enquête qui passe aussi par le choix du vêtement, des poses et des lieux dans lesquels ces adolescents sont photographiés. S’intéressant aux poses codifiées de ces derniers, elle choisit de faire rejouer celles-ci dans des contextes différents, révélant des jeux de répétition et un rapport quasi indéfectible avec l’architecture qui les entoure. Photographiés généralement de manière isolée, plutôt qu’en groupe, ces personnages regagnent par le biais d’une étrangeté sous-jacente leur individualité.

Camille Paulhan

Roosmarijn Schoonewelle

Mercredi 5 août 2009

R.Schoonewelle

www.roosmarijnschoonewelle.nl

R.SchoonewelleR.SchoonewelleR.SchoonewelleR.SchoonewelleR.Schoonewelle

Sandra Schmalz

Mercredi 5 août 2009

sa schmalz

Portrait avec façade

Le sujet de ma recherche se situe dans une région du nord-est de l’Allemagne, la Saxe-Anhalt, en ex-Allemagne de l’Est. Le sol sablonneux y est essentiellement exploité par l’agriculture. La proximité de l’activité économique berlinoise laisse cette région dépourvue de développement industriel. La  rupture causée par la réunification de l’Allemagne a laissé des marques. Cette rupture s’est traduite par une transition démographique et un exode rural brusque, ainsi que par l’effondrement du système économique
socialiste et la fermeture générale des coopératives agricoles. Ces changements sont clairement visibles.
Je suis devenue un « témoin d’époque » de ce changement, suite aux longues et régulières visites chez ma grand-mère dans le village de Trüben. Trüben peut être compris comme « drüben » et signifie alors « là-bas » en allemand.

Le changement politique bouleversa une région déjà économiquement faible. La plupart des travailleurs étaient employés dans l’agriculture et l’élevage. Le régime subventionnait ces secteurs afin de réaliser un idéal d’égalité et d’équité sociale, dont la gestion était pourtant chaotique.

La disparition d’instance publique locale au sein des communautés rurales empêcha toute création de niche économique, ou de réorientation des structures existantes. Comme beaucoup d’autres villages,
Trüben n’a pas pu prendre le train en marche et adapter son équilibre socio-économique. De ce fait, la génération des jeunes de 16 à 25 ans, appelée « lost generation », alors qu’elle trouvait sa place dans la société socialiste, fut désorientée et abandonna majoritairement sa terre natale. Obligée de choisir entre un départ, même sans but, ou un immobilisme bordé d’incertitude.

La migration des jeunes vers l’ouest de l’Allemagne, les  grandes villes et même vers l’étranger, continue.
Elle a toujours pour but la recherche d’un travail et d’une vie meilleure. Les personnes âgées restent dans leur village natal et y passent le soir de leur vie. Un développement ou un renouveau y devient ainsi de plus en plus improbable.

Jusqu’à quel point les traditions tomberont dans l’oubli ?
Dans quelle mesure, la mémoire culturelle restera après la migration de la jeunesse ?

Une nouvelle forme de nostalgie est apparue, malicieusement nommée l’ « Ostalgie » (« Ost » signifiant « Est » en allemand). De nombreuses personnes déplorent la disparition du régime socialiste, dont l’essence se traduisait par l’égalité des droits.

Dans cette série d’images, « Portrait avec façade », je donne un visage à des gens qui ne pouvaient pas, ou ne voulaient pas, abandonner leur pays malgré des perspectives austères. Aussi, ils sont devenus les derniers détenteurs des coutumes et des traditions régionales.

La série montre en pleine page les façades des maisons. Leurs habitants sont placés derrière les vitres de leurs fenêtres. On voit quelques petites familles, pourtant rares ; la plupart des personnes représentées sont des retraités. L’aspect formel respecte l’uniformité de la construction de l’image. Cette construction répétitive dirige le regard de l’observateur vers les différences entre les façades et vers les personnes.

Je prends ces portraits sans entrer dans l’intimité de la maison. L’état de la façade, les plantes, les ornements placés devant la maison, les détails de la décoration des fenêtres, et  évidemment la manière dont les habitants se présentent derrière leurs fenêtres, nous permet de se faire une idée de leur identité et de leur statut social.

sa schmalzsa schmalzsa schmalzsa schmalz

Sandra Schmalz, Allemagne, 1978, vit et travaille à Paris

Série de quatre photographies

Ces quatre photographies de Sandra Schmalz font partie d’une série plus vaste composée sur le même modèle : les images nous montrent les façades de pavillons dont on distingue les habitants de tous âges à travers les fenêtres. L’image est coupée de façon à ce que l’on ne puisse voir ni le ciel, ni les côtés de la maison ; la lumière est grise et les couleurs ternes signalent une composition réaliste, de type documentaire et sociologique. Qu’est ce que Sandra Schmalz documente ? Ces images proviennent de la petite ville de Trüben, d’ex-Allemagne de l’Est, une région marquée par l’exode rural provoqué par la désorganisation du système agricole, subventionné auparavant largement par le régime, à la suite de l’effondrement du bloc soviétique. Cet exode signifie aussi la disparition progressive et l’oubli des coutumes et traditions locales. Sandra Schmalz fait ici le portrait d’individus retranchés, qui refusent de partir, malgré les grises perspectives d’avenir. Parmi eux, la grand-mère de l’artiste. Derrière leurs vitres, visibles, mais séparés, appartenant à un autre monde, ils nous interrogent du regard.

Emilie Bouvard

Sarah Schastok

Mercredi 5 août 2009

sarah.schastok

www.sarahschastok.de

Romain Rambaud

Mercredi 5 août 2009

romain rambaud

Les sculptures sont le constat d’un monde environnant comme une collision d’objet. Mon travail se réalise en effet par le prélèvement d’éléments variés du paysage urbain ou naturel pour en transformer la perception et pour trouver un point d’équilibre entre la réalité et son modèle de fiction. Un processus qui implique la mise en représentation. Cette représentation est appréhendée comme une nécessité et façade.Nécessité dans la volonté de poser un regard critique sur ce monde et de se l’approprier par la représentation, et façade par le fait que les pièces tridimensionnelles sont perçues comme des substituts des choses qu’elles sont censées représenter.

romain rambaudromain rambaud

Malin Pettersson Oberg

Mercredi 5 août 2009

Malin Pettersson Oberg

www.malinpetterssonoberg.com

Malin Pettersson ObergMalin Pettersson Oberg

Stefan Papco

Mercredi 5 août 2009

papco S.

papco S.papco S.papco S.papco S.

Stefan Papco, Slovaquie, 1983, vit et travaille à Bratislava

Bivouac, 2008/2009/2010, projection en ligne de sculpture de bois à taille humaine installée à Jossinsfjord en Norvège, caméra IP, panneau solaire, connexion internet

Le Bivouac de Stefan Papco repose sur un dispositif particulier. A Jossinsfjord en Norvège est placée une sculpture de forme humaine enveloppée dans ce qui ressemble à un sac de couchage. Elle est laissée là, soumise aux intempéries, le temps de cette « performance ». Une caméra diffuse les images de ce « happening » sur le réseau. L’internaute a ainsi le loisir de regarder tranquillement cette forme humaine battue par les éléments : suave mari magno… Le paysage sublime, et la matière du sac  qui évoque un drapé, accroissent le plaisir du spectateur à contempler ces images, et créent une dissonance avec le titre Bivouac. Qui est en sécurité au bivouac ? la silhouette pelotonnée dans son sac de couchage au cœur de la montagne ? Ou bien celui ou celle qui regarde ces images derrière l’écran de son ordinateur ? Stefan Papco crée ici une collision entre deux mondes, un monde quotidien dont internet est une des barrières de protection, et la nature sauvage, espace où l’homme dépasse ses limites – mais peut-être, avec hybris ?

Emilie Bouvard

Benjamin Nuel

Mercredi 5 août 2009

Nuel B.

« Construit sur l’idée du FPS, First Person Shooter, L’Hôtel est un jeu vidéo où toutes les armes ont cédé la place à une lourde absence d’hostilité. En observateur écarté, le joueur découvre alors les protagonistes de cette expérience vidéo ludique, aux occupations insolites. Un terroriste joue de l’ukulélé, plus loin un autre dessine l’espace à la fumée de sa cigarette. Dans un salon aux bruits sourds de la cheminée, derrière une porte vitrée trois terroristes jouent aux cartes. Une musique accompagne constante, cette étrange flânerie. En gardant son regard ironique et en cohérence avec ses vidéos précédentes, Benjamin Nuel nous amène avec l’Hôtel au sein d’une situation rocambolesque: des terroristes terrorisés par l’ennui. Le joueur assiste impassible à leurs conversations, il découvre leurs gestes non nuisibles, il dévoile aisément leurs stratégies cachées. Des héros démunis de tous leurs moyens et en attente d’un conflit inexistant. Simplement, des héros: humains trop humains ! Par ellipse, au sein de l’Hôtel on découvre un gameplay utopique où l’espace s’oublie à fur et à mesure et le temps semble omis […].
Dans le jeu l’Hôtel le bug informatique déclenche chez le gamer l’envie de déambulations inattendues. L’exploration au sein de la matrice permet alors de s’extraire du monde, de sortir du code, d’appréhender la beauté de la matrice. Dans l’instance qui permet d’apercevoir le VOID, la noirceur plus profonde de l’infini informatique, le joueur est abandonné à lui même et à la fois voyeur d’un instant freeze frame qui lui révèle l’invraisemblable fin : GAME OVER ! »
Margherita Balzerani, curateur.
-    “l’Hôtel” est une production du Fresnoy, Studio national des arts contemporains
-     »Hôtel : Episode 1″. Réalisé avec le soutien de la DRAC Île de France – aide individuelle à la création 2009, avec la participation du ministère de la culture et de la communication – Dicréam.

www.benjaminnuel.com

Nuel B.

Agata Nowosielska

Mercredi 5 août 2009

Agata Nowosielska

Agata Nowosielskaagata NowosielskaAgata Nowosielska

Simon Nicaise

Mercredi 5 août 2009

simon nicaise

Le travail de Simon Nicaise s’établit autour d’une entreprise qui gère de manière administrative l’ensemble de ces activités artistiques.
Volonté de former un groupe d’artistes à soi tout seul avec comme activité principale la constitution d’oeuvres plastiques où l’appartenance à sa structure est activée en fonction des projets.
A chacune des oeuvres est conférée une identité propre liée pour la plupart à la pluralité des figures d’artistes endossés. Ce principe fait aussi l’écho d’un positionnement professionnel de l’artiste, sans délégation de compétences. Alternativement consommateur et travailleur actif. Ce travail se veut absorbeur de références, se nourrissant des idées et des formes qui l’entourent dans une visée interventionniste mais également dans une forme d’épuisement.
Ni simple manipulateur, ni donneur d’ordres : bricoleur du réel qui à partir d’un nombre fini de signes à portée de main, tente de déjouer les obstacles pour construire ses propres modèles. Modèles faits de signes, entités vacillantes entre images et idées. Matériau de base qui procède d’un même mécanisme d’observation et de recomposition des signes.
Ce traitement peut passer par une posture de metteur en scène, décorateur, machiniste, régisseur en se concentrant sur les hors-champs du spectacle, en opérant  des décalages où la scénarisation des formes oscille entre hommage et impertinence.
Simon Nicaise met en place un appareillage critique et différents dispositifs en vue de scruter les croisements et les télescopages de faits sociaux ou artistique .
Son travail interroge également la sculpture en elle-même en tentant de cerner ces spécificités. Cette étude passe par l’analyse de l’endroit où elle se crée et se dispose. L’élément même de l’exposition fait donc  lui aussi l’objet d’un travail sculptural.

www.d-coop.org/simon-nicaise

simon nicaisesimon nicaisesimon nicaisesimon nicaise

Simon Nicaise, France, 1982, vit et travaille à Rouen,

Prix Jeune Création 2009

Buuuscchhttttt, 2009, matériaux mixtes

Fire Place, 2009, matériaux mixtes

Last, 2009, matériaux mixtes

Se définissant comme « bricoleur du réel », Simon Nicaise travaille essentiellement à partir d’objets de la vie courante, comme par exemple ici une cheminée ou un buste en plâtre, éléments incontournables d’un intérieur bourgeois. Détournés par l’artiste, ces derniers se mettent à vivre, mais ce n’est qu’un sursaut d’existence. Le buste menace de se suicider sous son sac en plastique, respirant de manière régulière ; la cheminée quant à elle se trouve dans un temps latent, dans l’attente d’un grattoir qui provoquerait sa combustion complète. Piratant la pratique des tours Eiffel d’allumettes ou des châteaux de cartes, l’artiste donne à ces objets une certaine autonomie, non dénuée d’humour, mais qui peut se révéler tout aussi angoissante qu’un automate dont le mécanisme s’est enrayé.

Par ailleurs, à contre-courant d’un art toujours plus spectaculaire et ambitieux, il présente ici des cocardes pour dernier, rappelant avec ironie que « l’important, c’est de participer ». La collection de coupes et de médailles fait ici place à la conviction qu’un rôle de loser est meilleur à prendre que celui d’une vedette.

Camille Paulhan