Archive pour la catégorie ‘Galerie Jeune Creation’

Adamantios Kafetzis

Mercredi 25 janvier 2012

Du 1er au 25 février

Vernissage le mardi 31 janvier à partir de 18h


Adamantios Kafetzis -  Kappatos Gallery, Athènes.

Dès qu’on cesse de regarder une œuvre d’art, on succombe aussitôt à la tentation de son interprétation. Les yeux se sont accoutumés à être renvoyés à un texte comme celui-ci, afin de «voir» si il y a quelque chose à «comprendre». Mais, le plus souvent, il n’ y a rien à comprendre, pour deux raisons principales: premièrement, c’est l’oeil qui est pris par l’œuvre (et pas l’œuvre qui est com-prise dans le regard); puis, parce que le plupart des textes ne s’adressent pas au regard du spectateur. La relation entre l’œil (du photographe ou du spectateur) et l’icône (l’«image» en grec) pose toujours la question éternelle: croire ou comprendre? Et dans la mesure où Adamantios utilise un moyen qui assume une certaine fonction d’enregistrement (l’enregistrement de ce qui est vu par l’oeil), cette question prend un caractère de plus en plus urgent.  Et ce d’autant plus qu’Adamantios photographie des scènes de prière.

L’enjeu d’une photographie de la prière est peut-être semblable à celui de l’iconographie byzantine et des images islamiques: rendre visible l’in-visible, faire une image de ce qui ne peut pas être représenté. Dans les icônes de la tradition orthodoxe ce qui est en jeu c’est l’entrée d’un saint dans le monde illusoire de la représentation, sans que la personne sacrée ne soit touchée par ce passage. D’une façon semblable, ces photographies ont l’ambition de se transformer en tableaux qui saisissent le mystère de la prière. La possibilité de la comparaison entre ces deux modes d’iconographie n’est pas seulement due à la tentation de la représentation (le «désir de voir» que Jean de Damas attribue au diable en le distinguant de la puissance communicative des icônes), mais aussi à un certain isomorphisme entre le moyen et son objet. Adamantios, pour ainsi dire, n’a pas apporté dans la galerie des photographies faites à Hagion Oros, afin de nous transmettre un certain air de «mystification» (ça serait un vrai péché esthétique). Tout au contraire il est resté ici, dans la cité, et il a demandé aux croyants de s’asseoir près des climatiseurs du temple ou sur les chaises de plastique.

Il se peut donc que le sacré soit tracé entre nous –comme l’indique l’image d’Amadou Bamba, le prophète des Mourides qu’on voit partout dans les rues au Sénégal. En fait les croyants mêmes qu’on voit dans les photographies gardent la retraite indispensable de la prière –mais toujours dans les bornes imposées par la cité moderne: [ils sont gauches] dans le temple, éloignés de leur patrie ou ils font leur prière dans une petite chambre, juste avant le grand match. Cette « dégradation» du mystère dans la photographie équivaut au danger imminent de la peinture, c’est-à-dire à la transformation de l’image en représentation pure –un «péché» caractéristique de nôtre civilisation (c’est pour cela peut-être que les deux photographies obscures et séparées du reste de l’exposition sont à ce point pareilles à un tableau). C’est bien de la même tentation que  la camera a vu le jour: on pourrait rappeler que, sous la Renaissance, la chambre obscure (camera obscura) était utilisée en peinture pour atteindre la plus grande fidélité possible.

Ce danger de dégradation, de la diminution de l’image en photographie, est surpassé par la fonction de la lumière. Le moment où on lance notre regard vers la lumière des images d’Adamantios est cruciale pour la manière dont on les verra. Cette lumière ne semble pas avoir une origine fixe –sa question reste toujours ouverte. Elle envahit soudainement l’image en touchant en peine les croyants – on peut bien constater que ces personnes deviennent dans quelques cas obscures. La lumière fait bien le croyant apparaître, mais elle ne nous le présente pas. Il semble qu’elle soit réservée pour quelque chose d’autre.

On va être surpris en trouvant que le jeu entre la lumière et l’obscurité est également caractéristique de l’iconographie, de la photographie et de la prière. Car, dans chacun de ces trois cas, la condition de la vue c’est l’obscurité même. Dans l’iconographie, l’image est obscure, faite pour la lumière de la bougie: éclairez-vous l’icône, et le saint vous regarde. De plus, il est dit que l’image d’Amadou Bamba, aussi obscure qu’une icône orthodoxe, transmet à ceux qui la regardent une certaine puissance mystique. Puis, en ce qui concerne la photographie, l’obscurité est constitutive de l’apparition de l’image (la chambre reste toujours obscure): un petit rayon de lumière suffit pour qu’une image nous apparaisse. Et finalement, dans la prière les yeux restent fermés dans l’obscurité du temple, comme « personne n’a jamais vu Dieu». On ferme les yeux en dénonçant le monde lumineux, et dans notre désir si fort de Le voir, on sent que c’est Dieu qui nous regarde.

Le résultat ces trois rituels n’est pas le fait qu’on voit une certaine image, mais l’impression que quelqu’un nous regarde. Et, en ce qui concerne les photographies faites par Adamantios, ce qui nous apparaît n’est pas le croyant, mais les icônes qui le regardent. Les icônes le regardent de l’intérieur, nous de l’extérieur. Tout à coup on s’aperçoit qu’on se partage la même vue (le croyant) et finalement on s’observe réciproquement l’autre.

Encore une fois les icônes nous regardent. Elles nous regardent à travers cette lumière qui a pénétré la boîte noire de la camera pour les éclairer, tout en rendant possible l’obscurité des croyants. On ne pourrait pas voir ce spectacle (le croyant avec l’icône) à l’œil nu, car on serait obligé de choisir: En se trouvant dans une église, on regarderait soit l’un, soit l’autre et l’on aurait le dilemme éternel entre foi et non foi. Tout au contraire, les photographies – tableaux offrent la possibilité de se regarder avec les icônes – chacun dans son lieu propre.

Regardez donc ces photographies et pensez seulement cela: comment, en regardant des croyants, une image de plus en plus claire de vous-même émerge-t-elle ; et comment cette même image commence à s’obscurcir quand vous tournez le regard vers le prophète. Vous êtes venu ici afin de regarder ; y–a -il la moindre chance que vous soyez regardé vous-même?

Nicolas Skiadopoulos

 


Galerie Jeune Création

mardi-samedi 11h-18h

24 rue Berthe 75018 Paris (Abbesses / Pigalle / Anvers)
01.42.54.76.36
Avec le soutien de la Mairie du 18e.

 

 

Present & Projet n°9 avec l’association Jeune Création

Jeudi 19 janvier 2012

 

Conférence mardi 24 janvier 19h

Présentation des enjeux de l’association Jeune Création et de l’appel à candidature pour l’exposition internationale qui se tiendra en novembre 2012, au 104, Paris

Exposition 24-28 janvier / vernissage le 24 janvier à 18h

 

Cité Internationale des arts

Auditorium

18, rue de l’Hôtel de Ville — 75004 Paris

 

A venir à la galerie Jeune Création:

Adamantios Kafetzis / Vernissage le 31 janvier à 18h

Plus d’informations ici

 

Ils ont dit des choses. Ils ne m’ont pas dit grand-chose. Ils sont partis.

Samedi 3 décembre 2011

 

Exposition collective du 10 décembre au 14 janvier

Finissage le samedi 14 janvier à partir de 16h

Avec:

Arnaud Aimé / Estèla Alliaud / Sandra Aubry et Sébastien Bourg / Arnaud Bergeret / Yves Koerkel / Antoine Miserey / Sandra Schmalz

 

« Ils ont dit des choses. Ils ne m’ont pas dit grand-chose. Ils sont partis. »

Céline, Mort à crédit, incipit.

 

A Rebours

Arnaud Aimé, Estèla Alliaud, Sandra Aubry, Arnaud Bergeret, Yves Koerkel, Antoine Miserey et Sandra Schmalz quittent le bureau de Jeune Création. J’ai pu les voir à l’œuvre, en pleine action et en pleine création, pendant deux ans. C’est en témoin que je remonterai le temps des trois phrases qui les rassemblent.

« Ils sont partis. »

Ils sont sur le départ. Les œuvres parlent de déplacement et de disparition. La danse des bombes d’Antoine Miserey s’ouvre sur des images d’avion à l’embarquement. Apparaissent à l’écran quelques phrases tapées à la machine, tirées à peu près de Bonnie and Clyde de Serge Gainsbourg : « comment ils ont vécu/comment ils sont morts », qui commentent les déplacements des foules de places publiques en stades de foot, espaces à la fois vides et pleins, et traversés par l’ombre de l’artiste – déjà plus là – en rollers. Cette ombre file comme l’eau dans les caniveaux, à la fois présente et absente au monde, comme cette plume qui frôle un trottoir.

Et ils meurent un peu, comme dit le proverbe, et s’éparpillent comme les visages fragmentés d’Yves Koerkel. C’est la tristesse du départ. Antoine Miserey nous convie à une danse des bombes, d’une déclaration de guerre à l’autre. Les images d’enfouissement abondent dans sa vidéo (pelleteuses, gravats), quand Arnaud Aimé expose un gisant, renouant ainsi aussi avec l’histoire, la mémoire des hommes et l’art ancien. Estèla Alliaud travaille avec la cendre, si poétique, si funèbre et si fragile, pour construire un obstacle éphémère. Le Jeune Garçon d’Arnaud Bergeret, en corps pompéien solidifié, semble vaticiner. Aveugle aux yeux clairs, blanc comme le hasard de la fabrication, il s’apparente aussi à une Pythie antique, à un Tirésias prophétisant du fond des Enfers, sans âge, ni sexe, au babil aussi incertain qu’un journal contemporain.

« Reddition ou rémission ? », interroge le drapeau de Sandra Aubry et Sébastien Bourg. Sépulcres blanchis ou pansement, pour ce drapeau cassé et trempé dans le plâtre ? Paix nouvelle ou blancheur de l’absence ? Sandra Schmalz avec L’eau de Paris, montre ce paradoxe : la vie jaillit de ce sol si spécial qu’est celui des cimetières parisiens.

« Ils ne m’ont pas dit grand-chose. »

Car ils sont discrets. Cette éthique de la discrétion est d’abord celle du nuancier de gris. Gris quasi monochrome des photographies d’Estèla Alliaud, qui rappelle au passage que la photographie peut être pensée comme un effleurement de lumière quasi immatériel, à l’image de ces cendres qui hésitent entre l’air et la matière. Graphite virtuose d’Arnaud Aimé pour le modelé de Mea Culpa en oppositions de valeurs, de la chair au drapé de marbre. Le dessin est inachevé, une feuille réduite à l’état de squelette graphique : nouvel effacement de l’artiste. C’est enfin dans un matériau grisâtre fait de journaux accumulés qu’Arnaud Bergeret a sculpté le Jeune Garçon, sans fioriture, et Il était une fois. La pierre des cimetières parisiens de Sandra Schmalz entre dans ces mêmes tonalités et le cadrage rigoureux et marqué, l’indifférence hasardeuse à la couleur du film polaroïd, la sérialité dans le traitement du thème, signalent également un retrait de l’artiste qui évacue tout pathos romantique. Quant à Antoine Miserey, l’ensemble ou presque de son travail vidéo baigne dans un gris-bleu qui rassemble dans une sorte de fondu enchaîné les ardoises, la pierre et le bitume parisien, et les plages normandes balayées par une mer grise, sous des ciels bas, lourds, et nuageux. Ce gris est la couleur d’une présence au monde, discrète, un peu mélancolique, qui risque l’effacement, mais sans laquelle aucune autre couleur ne pourrait resplendir. C’est le fond des choses, l’indistinct sur lequel le reste ressort, l’éminence nécessaire aux éclatantes entreprises.

« Ils ont dit des choses. »

A leur manière furtive. Ces artistes ont une conscience vive des temps révolutionnaires et des grands idéaux passés. Leur regard est tourné vers le XIXe siècle, l’anarchisme révolutionnaire, le socialisme utopique, le drapeau rouge non des maoïstes, mais de la Commune de Paris, dont le fantôme blanchi hante le travail de Sandra Aubry et Sébastien Bourg. Mythologies personnelles ? Jeune Création est sise sur la Butte Montmartre surmontée d’un Sacré-Cœur symbole d’expiation selon une lecture religieuse et fanatique de l’histoire que rappelle la Bible d’Arnaud Bergeret (Il était une fois),  pour cette colline qui a vu naître la Commune. Cette Commune, elle nourrit le travail d’Antoine Miserey, de sa vidéo Baisse d’existence (2009) centré sur le mur des Fédérés, à La Danse des Bombes : la course à rollers croise le square Louise Michel (75018), la rue Jean-Baptiste Clément (75018), communards, et Elysée Reclus, penseur anarchiste. Les photographies de Sandra Schmalz prennent place dans ces cimetières parisiens (dont le Père-Lachaise, Montmartre ou Montparnasse) construits au XIXe siècle et nourris de ses figures historiques. Estèla Alliaud dresse une barricade de cendres, lieu de mémoire des révolutions parisiennes (1789, 1830, 1848, 1870) et de leurs incendies, en nouvelle pétroleuse. Le Mea Culpa d’Arnaud Aimé, une Marianne inachevée, fait alors sens. C’est bien la République naissante (la IIIème) qui a massacré les Communards. Comment s’étonner alors que cette République idéalement libre, égalitaire et fraternelle ne soit pas finie, imparfaite, sur le dessin comme dans la réalité, puisqu’entachée de ce bain de sang originel doublé d’une repentance (« mea culpa est ») elle-même coupable ? Vieilles révolutions ? Ne voit-on pas aujourd’hui d’autres révolutions populaires risquer d’être confisquées par des forces conservatrices ?

Car La menace ne venait pas du ciel, ni des grandes idéologies, ni de dieu, et on la voit à peine, dit la quasi invisibilité de la gravure sur verre d’Aubry et Bourg. La menace est plutôt insinueuse, humaine et horizontale comme les strates du Jeune Garçon et de la Bible de Bergeret. Elle se répand dans les pages des journaux, créent des blocs massifs qui marquent (la Bible est marquée au fer rouge) les individus. Il faut donc défigurer le pouvoir médiatique, et c’est ce que fait Koerkel, et agir. L’idéal est celui d’une action furtive, discrète, inscrite dans un territoire, à coup de crayon graphite, de pointe à graver, de polaroïds, de cendres et de pellicule, de rollers et d’image numérique, de pliages. Il est aussi question d’agir en association. On leur souhaite de semer ailleurs ces discrètes et efficaces révolutions.

Emilie Bouvard

 

Sandra Aubry et Sébastien Bourg / Antoine Miserey

 

Arnaud Bergeret / Arnaud Aimé

 

Sandra Schmalz / Yves Koerkel

 

Estèla Alliaud

 

Communiqué de presse

Et si demain

Vendredi 18 novembre 2011

Une proposition de La Galerie Miniature

Du 23 novembre au 7 décembre

Vernissage le mardi 22 novembre à partir de 18h

Prochaine exposition à la galerie Jeune Création, vernissage le 9 décembre


 

Découvrez cinq récits photographiques par Simone Lueck (États-Unis), Stefano Marchionini(Italie/France), Arnaud Rodriguez (France), Kourtney Roy (Canada) et Ricardo Yui (Pérou/France).

Dédiée à la jeune photographie, l’exposition « Et si demain… » propose à cinq photographes de construire une fiction visuelle à partir de ces quelques mots. Images photographiques se conjuguent alors avec une narration aux possibilités multiples où chacun est libre de livrer une vision intime de son univers. « Et si demain… » met en scène cinq récits photographiques comme un photo-roman épuré ou une courte chronique interprétant la possibilité d’une rencontre ou les incertitudes du lendemain. Chaque artiste propose quelques lignes pour accompagner son récit photographique afin que celui-ci s’articule autour des notions de narrations, d’histoires racontées, suggérées, rêvées.

Arnaud Rodriguez / Ricardo Yui / Stefano Marchionini / Kourtney Roy / Simone Lueck

 

«Et si demain»
Cinq histoires photographiques racontées, suggérées, rêvées

 

Galerie Jeune Création

24 rue Berthe 75018 Paris (Abbesses / Pigalle / Anvers)
01.42.54.76.36
Avec le soutien de la Mairie du 18e.


Drôle de Temps

Mercredi 2 novembre 2011

Une proposition de Leïla Simon

Avec Cécile Hesse et Gaël Romier et Atsunobu Kohira

Du 8 au 18 novembre

Vernissage le mardi 8 novembre de 18h à 20h30

Drôle de Temps

Tout a commencé par cette fameuse réplique :

Louis Jouvet – Bizarre, bizarre…

Michel Simon - Qu’est-ce qu’il a ?

L. J.- Qui ?

M. S.- Votre couteau

L. J.- Comment ?

M. S.- Vous regardez votre couteau et vous dites «bizarre, bizarre», alors je croyais que…

L. J.- Moi, j’ai dit «bizarre, bizarre» ? Comme c’est étrange. Pourquoi aurais-je dit «bizarre, bizarre» ?

M. S.- Je vous assure, cher cousin, que vous avez dit «bizarre, bizarre».

L. J.- Moi, j’ai dit bizarre ? Comme c’est bizarre !

Cette réplique est extraite d’un film de Marcel Carné, Drôle de drame. Deux personnages se détestant respectueusement, incarnés par Michel Simon et Louis Jouvet, sont entrain de dîner. Le premier, mal à l’aise de mentir au second, crée des situations rocambolesques, que le second interprète comme étant la preuve de sa culpabilité. La méprise induite par la bizarrerie engendre une lecture tout autre de la réalité, d’un fait relativement banal.

Le point de départ de cette exposition est ce film, plus particulièrement cette réplique. Le fil de mes idées, mon cheminement m’en ont distancé tout en gardant l’empreinte, le goût de cette atmosphère, de ces impressions.

Le temps s’écoule ?… Le temps bruisse ! Il était une fois, un sablier qui donnait à entendre le temps, à l’écouter dans sa durée. Nous installant ainsi dans un espace sonore et visuel. Le temps est suspendu et se donne à entendre comme celui d’un paysage figé par la glace qui crisse.

Nous avons plaisir, en un court instant dilaté, à écouter le temps qui passe et pour renouveler l’expérience il suffit de (re)retourner Soundglass. Atsunobu Kohira nous dévoile la beauté de cet espace indéfini où paraissent se dérouler irréversiblement les existences dans leur changement.

Le temps est aussi suspendu dans les photographies de Cécile Hesse et Gaël Romier : Picnic à l’Ether, Pour le Meilleur et pour le Pire, Talons Epluchés. À la fois sages et violentes, rationnelles et irrationnelles, générant des atmosphères dans un univers réaliste mais détenant un supplément fictif aux regards de nos esprits fantasques.

Tout comme dans Soundglass, c’est le détail de ces artifices qui nous fait basculer de l’autre côté du miroir, ouvrant des échappées vers le rêve aux contours insaisissables, détricotant ainsi nos certitudes, interrogeant notre regard sur ce qu’il croit connaître. Ces œuvres redessinent le monde réel en déplaçant avec poésie la perception de celui-ci. Nous nous trouvons ainsi un rôle en tant qu’acteur dans le théâtre du quotidien en le nourrissant de nos fantasmes.

Leïla Simon

 

Cécile Hesse et Gaël Romier
http://www.kephyr.fr/

Atsunobu Kohira
http://atsunobukohira.wordpress.com/

Horaires d’ouverture
mercredi 9 novembre et jeudi 10 novembre de 14h à 20h
du vendredi 11 au vendredi 18 novembre de 14h à 19h (fermé le dimanche) ou sur rdv.
contact : leila.untitled@gmail.comhttp://www.wix.com/leilasimon4/leilasimon

 

Galerie Jeune Création

24 rue Berthe 75018 Paris (Abbesses / Pigalle / Anvers)
01.42.54.76.36
Avec le soutien de la Mairie du 18e.

 

Mètre carré

Mardi 5 juillet 2011

Une proposition de Fabienne Bideaud & Raphaële Mas

Avec Guillaume Aubry, Jean-François Leroy, Carine Bazin et Ann Guillaume

Du 10 octobre au 5 novembre 2011

Vernissages à 18h : Guillaume Aubry, 10 octobre / Jean-François Leroy, 17 octobre / Carine Bazin, 24 octobre / Ann Guillaume, 31 octobre.

 

MÈTRE CARRÉ

Superficie, espace, dimension, formule mathématique, grandeur, coût, aménagement, occupation, situation, appropriation ; autant de mots pour définir cette notion de « mètres carrés ». Système de mesure d’une surface, il est aujourd’hui un nombre de valeur, le baromètre du statut social. Prenons l’exemple de Paris. Elle est actuellement une ville très chère dans laquelle acquérir ou tout simplement louer un espace est difficile. Dans cette jungle immobilière, comment un jeune artiste peut-il travailler sans avoir d’atelier? Quelles méthodes doit-il mettre en place pour produire?

Gilbert & George, duo d’artistes britanniques, se sont retrouvés sans atelier à la sortie de l’école des beaux-arts et expliquent dans un entretien avec Jean-Hubert Martin que leurs « personnes » étaient devenues leur espace de création : « En sortant de l’école, nous nous sommes trouvés sans rien : sans atelier, sans matériaux et sans argent. […] Il ne nous restait que nous-mêmes et nous étions par conséquent des objets. Alors on pourrait dire que nous sommes devenus des sculptures vivantes tout naturellement, par la force des choses. […] Si nous avions eu des ateliers, nous aurions fait d’autres choses[1]. » Cette contrainte pousse les artistes à réfléchir sur leur pratique et, sans être aussi radical que le duo Gilbert & George, certains choisissent la solution de faire de l’espace d’exposition leur atelier pour un temps donné. Ce processus de travail réduit alors le temps de conception, tandis que l’expérimentation devient presque synonyme de résultat. Espace d’atelier / espace d’exposition ne font dès lors plus qu’un, l’appropriation du lieu devient expérimentale et la production « in situ ».

La question de l’atelier, dans son espace physique et mental, a beaucoup été abordée depuis les années 1960, approchant le travail d’un artiste dans ses recherches et ses questionnements les plus personnels mais aussi dans l’expérimentation d’un espace de production. MÈTRE CARRÉ prend la tangente tout en poursuivant cette réflexion ; s’appuyant sur une production issue non pas d’un espace d’expérimentation personnel et privé, mais d’un atelier temporaire duquel résulte une production conçue pour le lieu. Le processus de création se déroule dans un temps imparti qui oblige l’artiste à élaborer sa propre stratégie de production. Si certains choisissent ce mode de fonctionnement délibérément lié à leur pratique, d’autres le conçoivent comme une activité temporaire.

Pour explorer cette question de l’atelier-espace d’exposition, nous avons invité quatre artistes travaillant à Paris à venir investir l’espace de la galerie Jeune création. Ils travaillent de lieu en lieu, avec des formats plus ou moins grands selon l’espace, toujours dans une durée limitée.

 

Guillaume Aubry s’insère dans un espace, telle une virgule dans une phrase. Ne pas avoir d’atelier est le dogme de sa pratique et sa production est toujours relative à l’espace d’exposition.


Les trois sœurs, installation trois souris blanches, livre « les trois soeurs » d’Anton Tchekhov, Exposition, Plutôt que rien: démontage, commissariat Raphaëlle Jeune, Maison populaire de Montreuil, février 2010


Les trois soeurs (détail) / Péplum, workshop in-situ avec les étudiants de l’ENBA Bourges, Panorama 2010, novembre 2010


Carine Bazin capture des surfaces, des traces, des objets qu’elle collecte puis qu’elle réutilise dans des formats et médias différents au travers de gestes simples et concrets, percevant l’espace à la fois comme un lieu de mémoire et de vie.


Sans titre, novembre 2010


Sans titre, mai 2010


Ann Guillaume « creuse » l’espace dans ses couches temporelles, son histoire, et en fait rejaillir ses spécificités. Regard d’expert sur le passé, elle l’active, crée un décalage en lui proposant une modernité.


Argile, Argile et  Plâtre, 110 x 15 cm et dimensions variables, 2011, courtesy de l’artiste.

« Toute fabrication est un dialogue entre le fabriquant et la matière » (A. Leroi-Gourhan, Le geste et la parole vol. 2, 1965)


Quales Lapides / quales Structurae, Impression sur PVC 2mm, 2 m 9 7 cm x 2 m 33 cm, 2009,  courtesy de l’artiste

 / Fragments de Rails en céramique, 100 cm x 6 cm x 4 cm et dimensions variables, 2010, courtesy de l’artiste

 

Quant à Jean-François Leroy, il aménage l’espace de ses sculptures faites de matériaux industriels (mdf, peinture industrielle, etc.) à la limite de l’abstraction, qu’il reprend, transforme, jouant sur la deuxième et troisième dimension. Chaque pièce est potentiellement utilisable à l’infini, les formes sont mouvantes et toujours sujettes à une nouvelle proposition.


Bureau des chutes n°5, 2010, moquette, placoplâtre, peinture acrylique, tréteau, Courtesy galerie Bertrand Grimont et l’artiste


Bureau d’étude, 2009, bois peinture, acrylique, néon / Vue d’atelier, 2009, tirage numérique sur papier mat, Courtesy galerie Bertrand Grimont et l’artiste. Images Jean-François Leroy


MÈTRE CARRÉ est un projet qui propose aux artistes de se succéder une semaine après l’autre afin d’avoir la possibilité d’investir pleinement le lieu et de se l’approprier personnellement. Tel un fil rouge, l’espace se transmet d’un artiste à l’autre qui se ponctue par le vernissage de chaque interprétation. Le dispositif de cette exposition raconte l’histoire d’une rencontre entre quatre artistes. Faussement collective et conçue par strates, MÈTRE CARRÉ propose un mode d’utilisation ouvert où l’artiste peut imposer ou choisir de garder un ou des éléments de l’exposition précédente. La lecture des oeuvres se voit ainsi modifiée par la pollution d’objets venant créer un nouveau récit. Cette déconstruction nous échappe pour laisser une place au hasard. Si bien que MÈTRE CARRÉ devient une plateforme en mouvement constant suscitant des questions chaque fois renouvelées.

Une publication unifie cette expérience en regroupant des esquisses et proposant une interview entre les artistes et les curatrices.


[1] Atelier : l’artiste et ses lieux de création, Ed. du Centre Georges Pompidou, Paris, 2006. Extrait d’un entretien avec Jean-Hubert Martin, plaquette publiée à l’occasion de l’exposition Gilbert et George au musée national d’art moderne, centre Pompidou du 16 avril au 1er juin 1981.

 

MÈTRE CARRÉ (SQUARE METER)

Surface, space, dimension, mathematical formula, size, cost, fitting out, appropriation — so many words that orbit the notion of the square meter. The system of surface values also consitutes a monetary value and an indication of social status. Paris, for example, is a very expensive city in which it is extremely difficult to find a space to rent or buy. In this real estate jungle, how can a young artist work without a studio? What methods can one use to make work while operating within this restriction ?

British artists Gilbert & George were studioless after they graduated from art school, and in an interview with Jean-Hubert Martin, they explained that their bodies became their space of creation. Without this constraint, their work probably would have taken a different form.

Without being as radical as Gilbert & George, many artists in this situation find themselves rethinking their practices. Some of them choose to use the exhibition space as a temporary studio, which reduces the time of creation and in which experimentation becomes a result. Studio space and exhibition space merge into one; the appropriation of place becomes experimental and the production site-specific.

The studio’s physical and mental space has been frequently questioned since the 1960s through the examination of artists’ work and the experimentational nature of the production space. SQUARE METER pursues this reflection by presenting work created in the exhibition- space-as- temporary-studio, which often results in site-specific artwork. The creation process is delimited in a specific time frame, pushing the artist to articulate a personal strategy of production. If some of them choose this modality as a practice, the others conceive it as a temporary activity.

To explore the question of exhibition-space-as-temporary-studio, we have invited four Paris-based artists to work and exhibition in Galerie Jeune Création. Each artists works with different formats, always within a set frame time, as they don’t have studios.

Guillaume Aubry works directly in the exhibition space ; it is his protocol. His practice always considers place as a starting point.

Carine Bazin captures surfaces, traces and objects she collects in her everyday life and re-uses them in different formats and mediums through simple,concrete gestures. She perceives space as a memory and place of life.

Ann Guillaume excavates the space in its temporal stratum, its history, and removes its specificities. Through her knowledge of the past, she activates the space and creates a gap in proposing it through a modernity.

Jean-François Leroy fits out the space with abstract sculptures made of industrial materials. Hey plays with these sculptures, re-uses and transforms them using the second and third dimensions. Each piece has an unlimited potential; shapes can be moved and are always the source of a new proposal.

SQUARE METER proposes that the four artists use the space one week after another in order to fully invest personally in the gallery. As a common link, the space is passed on from one artist to another, punctuated by the opening of each interpretation. The nature of this exhibition tells the story of a meeting between four artists. Inadvertently collective and conceived in layers, SQUARE METER proposes an open modality in which the artists can decide to impose or choose to keep one or several elements from the previous proposal. The reading is modified by the introduction of new objects and consequently creates a new « story ». This deconstruction is not under our control and leaves room for randomness. SQUARE METER becomes a moving platform where questions are always renewed. A publication unifies these experiences by grouping sketches from artists’ reflections and proposing an interview between the artists and curators.


Mardi-samedi 11h-18h

Galerie Jeune Création

24 rue Berthe 75018 Paris (Abbesses / Pigalle / Anvers)
01.42.54.76.36
Avec le soutien de la Mairie du 18e.

« Fermé au public »

Samedi 2 juillet 2011

Une proposition duCygne

Elisabeth Czihak – Florimond Dupont – Ben Sandler

Du 9 septembre au 8 octobre

Vernissage le jeudi 8 septembre à partir de 18h

Nuit Blanche samedi 1er octobre jusqu’à 2h / projet associé parcours Montmartre-Anvers

Prochaine exposition à la galerie: MÈTRE CARRÉ, du 10 octobre au 5 novembre

 

Florimond Dupont – Extrait de Random Memory, 2010, vidéo, 12 min.

 

S’introduire dans un chantier en pause la nuit, déambuler à travers une ville désertifiée à cause de la crise, porter une attention rigoureuse aux sites abandonnés …

Ces démarches semblent s’inscrire dans la continuité de celles des fameux explorateurs urbains dont l’activité favorite consiste à franchir les portes fermées des lieux désactivés. Ces « explos » clandestines prolifèrent depuis les années 90, guidées par une « philosophie » pensée par Jeff Chapman, allias Ninjalicious, considéré comme le « père » de l’Urbex, autrement connu sous le nom de Reality hacking. Ninjalicious diffuse les fondements  de l’éthique de l’exploration urbaine à partir de 1996 par le biais du fanzine Infiltration : the zine about going places you’re not supposed to go. Les textes « No Disclaimer » ou « Warning signs, a guide to ignoring them » annoncent la couleur de ces investigations.

L’Urbex se définit en général  comme le fait de recueillir des données sur des zones publiques du paysage urbain, délaissées tout ou partie du temps, en vue d’y accéder pour les découvrir. Cette  pratique conduit très souvent ses adeptes à la photographie, en mémoire de leurs excursions. Des photos-souvenirs qu’on ne sait comment qualifier pour être dans le juste, entre le document et l’art.

Sans appartenir à cette mouvance, du moins ne se revendiquant pas comme tel, Florimond Dupont, Ben Sandler et Elisabeth Czihak intègrent à leur démarche artistique l’exploration de lieux désactivés, fermés au public ou fatalement voués à une clôture imminente. Ils les utilisent alors comme matière de travail.

Florimond Dupont investit, le temps d’une nuit, un chantier en pause. Ce dernier devient atelier, studio, décor. Le chantier de réhabilitation est une phase de transition pour un espace entre deux vies. Les restes de son histoire passée sont encore présents mais rassemblés en tas, prêts à être évacués pour faire place aux nouveaux aménagements. Florimond utilise ce « résidu d’espace » comme matière sculpturale qu’il modèle exclusivement à la lumière des néons de chantier récupérés sur place. Il en fait l’objet d’un film, le sujet principal d’une fiction, Random Memory.

La scène d’investigation privilégiée d’Elisabeth Czihak est celle de l’abandon. Elle semble établir au cours de ces visites un état des lieux documenté à la photographie. De l’observation des particularités graphiques de ces lieux délaissés émane également des dessins, sortes de relevés d’empreintes témoignant du manque d’attention portée à ces derniers. La nature reprend le dessus sur la construction humaine.

 

Elisabeth Czihak – Altrosa, 2008, photographie – Courtesy galerie ma collection.

 

Les pérégrinations de Ben Sandler l’amènent sur d’autres terrains. Il s’intéresse, lui, au processus qui mène à la désaffection d’un lieu. Il infiltre la scène juste avant la fin de l’histoire. En août 2010, il se rend à Phoenix, en Arizona. La crise économique et immobilière a frappé d’un grand cou cette ville pourtant prospère jusqu’alors. Les commerces, les parcs d’attractions, les bureaux et les habitations sont désertés par leurs propriétaires. Récupérés par les banques, c’est le temps incertain de la dernière chance. Bienvenue dans les limbes.

 

Ben Sandler, photographie de la série In Limbo, 2010.

 

Ironie du sort peut-être, les artistes présentés vouent un intérêt tout particulier à ces espaces « désaffectionnés », désaffectés. « Fermé au public », une exposition de l’affection pour des lieux de désaffectation.

 

Mardi-samedi 11h-18h

Nocturne Nuit Blanche samedi 1er octobre jusqu’à 2h

Rencontre le jeudi 15 septembre, Le Bateau Lavoir, 19h

Les démarches d’Elisabeth Czihak, Florimond Dupont et Ben Sandler semblent s’inscrire dans la continuité de celles des fameux explorateurs urbains dont l’activité favorite consiste à franchir les portes fermées des lieux désactivés. 

La Jeune Création et duCygne vous invitent à participer à la rencontre de l’explorateur urbain Yves Marrocchi avec les artistes de l’exposition « Fermé au public » Florimond Dupont et Ben Sandler.

Ils échangeront sur leurs pratiques respectives et donneront chacun leur point de vue sur ces lieux en marge.

Intervenants : Florimond Dupont, Yves Marrocchi et Ben Sandler

Un grand merci à François Boisrond (Bateau Lavoir)

Entrée libre

 

Galerie Jeune Création

24 rue Berthe 75018 Paris (Abbesses / Pigalle / Anvers)
01.42.54.76.36
Avec le soutien de la Mairie du 18e.

 


 

 

Un X Deux

Vendredi 1 juillet 2011

Une proposition de Jean-Jacques Dumont et Christian Globensky

Du 8 juillet au 5 août

Vernissage le jeudi 7 juillet à partir de 18h

Du mardi au samedi de 11h-18h

Partant de l’idée que le « local » se confronte toujours au « global », que la mondialisation contemporaine se mesure et se qualifie à l’aune de la sphère privée, on considèrera cette exposition comme une invitation à reconsidérer son mode de vie individuel, afin qu’il s’inscrive dans une perspective globale. « Un X Deux » : c’est aussi une pratique de l’objet et de l’installation développée par deux artistes ayant en commun d’explorer et d’interroger l’exercice de notre citoyenneté confrontée aux systèmes de représentation et de communication à travers de multiples dysfonctionnements usuels. On considérera donc l’exposition comme une installation d’objets toujours à l’échelle du corps, et toujours en quête d’une fonction imaginaire, le tout orchestrant un programme de redétermination du sens.

C’est ainsi tout un ensemble de postures d’artiste citoyen, de passeur d’opinions, qui est à l’œuvre dans cette exposition à quatre mains, que l’on pourra voir dans un premier temps tel un catalogue d’outillage incongru qui déjoue les règles de la fonctionnalité, de la rationalité et du sens commun. Invité à la métaphore d’une manipulation (poignée, niveau, serre-joint), manipulation d’objets le plus souvent à l’échelle de la main, on se confronte à l’image de notre domestication, de notre rapport au monde. Le spectateur se mesure donc à lui-même par objets interposés, de même que l’apparition de la vidéo dans la structure du message télévisé (pub, clip, spot) souligne la volonté de nos deux artistes de créer ensemble un projet où s’articulent dans un va et vient, règles définies et pertes de contrôle programmées.

————-

« L’implication physique du corps est vraisemblablement la manière la plus prompte à conscientiser le spectateur. Ce principe est mis en exergue par le caractère préhensible des objets présentés à l’échelle de la main, offerts métaphoriquement et physiquement à la manipulation. Épousant l’arrondi du mur de la galerie, face à l’entrée, Miroir poignées convexe de Christian Globensky, version de ses Miroir poignées conçue pour cette exposition, se veut comme une mise en pratique d’une illusion conceptuelle, celle d’avoir prise sur les choses, à travers une illusion perceptuelle. Au centre du miroir dans lequel le spectateur se reflète, deux grandes poignées verticales s’offrent au saisissement à la fois manuel et illusoire d’un artefact du monde, car ce que les mains saisissent à travers les poignées ne sera jamais autre chose qu’un simple reflet. Dans un coin de la galerie, à hauteur d’homme, deux marteaux sont chacun cloués ironiquement au mur par une grosse pointe dans un jeu de symétrie qui assure la défonctionnalisation de l’outil rendu à un statut décoratif. Qui plus est, l’improbabilité de l’accrochage repose sur une illusion matérielle : l’objet habituellement fabriqué dans des matériaux résistant à toute épreuve est ici réalisé en papier. La charge ironique du « cloueur » cloué se double d’une charge critique. Travaillant sur le multiple, Jean-Jacques Dumont propose en effet un kit de marteau en papier à monter soi-même et à utiliser à bon escient. Cependant, que faire d’un marteau en papier dont la fragilité ne peut permettre de remplir la fonction initiale de l’objet ? C’est que ce marteau a valeur de symbole. Par ce dispositif performatif, l’artiste convie en effet le spectateur à se forger lui-même ses propres outils d’analyse critique du monde, à élaborer ” une philosophie à coup de marteau ” »

Extrait de l’article de Perin Emel Yavuz, Un X Deux.

Les œuvres citées :

— Jean-Jacques Dumont, C’est possible / It’s possible - Un marteau pour tout casser !, 2010, marteau en papier et clou, chaque 29 x 8,8 x 3 cm. Réalisé à partir de l’édition « Poster à colorier et à découper ! », impression offset papier couché mat 135gr, deuxième édition 500 exemplaires, 59,4 x 42 cm, avec flyer mode d’emploi en français & anglais 15 x 10 cm.

— Jean-Jacques Dumont, Tilt, 2008-2010, extrait de la série « Les fantômes », lampes électroluminescentes, programmateur, papier, paperboard, 85 x 92 x 185 cm.

— Jean-Jacques Dumont, En dessous, 2011, niveau en aluminium perforé, graphite, 220 x 10 x 2 cm.

— Christian Globensky, Miroir poignées convexe, miroir, poignées, bois,116 x 80 x 20 cm.

— Christian Globensky, L’Image tue, deux paquets de cigarettes modifiés sur cadre, extrait d’une édition de 50 paquets modifiés, numérotés et signés, 29 x 24 x 5 cm.

— Christian Globensky, Mines sous-marines, 2011, serre-joints, cubes de plexiglas, dimensions variables.

 

Galerie Jeune Création
24 rue Berthe 75018 Paris (Abbesses / Pigalle / Anvers)
01.42.54.76.36
Avec le soutien de la Mairie du 18e.


Bricolage supérieur

Jeudi 9 juin 2011

Une proposition de Cyril Zarcone


Du 10 juin au 2 juillet
Vernissage le jeudi 9 à partir de 18h
Du mardi au samedi de 11h-18h

 

Galerie Jeune Création
24 rue Berthe 75018 Paris (Abbesses / Pigalle / Anvers)
01.42.54.76.36
Avec le soutien de la Mairie du 18e.

Merci

Lundi 9 mai 2011


Une proposition de Stéphane Albert



Du 14 mai au 4 juin
Vernissage le vendredi 13 mai à 18h
Du mardi au samedi de 11h-18h
Rencontre avec l’artiste le samedi 28 mai de 14h à 18h dans le cadre de la manifestation Quartiers d’Art
Quartiers d’art / 23 lieux, 5 parcours, 1 rallye, 1 cabaret
Vendredi 27, samedi 28, dimanche 29
www.quartiersdart.fr

Une pince-Monseigneur en bois,
des graffiti pyrogravés,
des fragments de façades pour portraits,
un voilage sans perspective fenêtre,
un monde sans contour …
Voici égrainés sommairement quelques éléments de l’exposition personnelle de Stéphane Albert à la Galerie Jeune Création.

Quels sont les objets de ce remerciement?

Composition (Pied de biche ) se situe dans la lignée des reproductions d’outils populaires, que Stéphane Albert réalise depuis 1997. Il opère des processus de glissement de l’objet à la sculpture sur un ensemble de profilés qu’il choisit : des outils liés à la circulation de marchandises comme la cagette, aux outils de lestage comme l’enclume, aux outils d’élévation comme l’échafaudage… etc.
Ces éléments sont reproduits à échelle un, en bois, à partir d’assemblage ou de carottage. Leur intrusion et installation dans l’espace d’exposition dé-contextualisent l’objet de leur environnement convenu: Le chantier, l’atelier ou l’espace domestique. Hors d’usage et hors champ, l’objet devient alors sculpture.
Stéphane Albert sélectionne un objet, il observe sa forme, analyse le rendu industriel et en déduit son propre processus de fabrication à adapter au bois. Détaché des techniques d’artisanat préconçues et empiriques, il module l’outil générique et sériel à la pièce unique.
Composition (Pied de Biche) perd sa fonction et son usage, il ne peut plus permettre d’arracher les clous, de faire levier, de guider, de saboter ou même de briser. Il devient une forme statique et fragile à contempler et à re-figurer. Ce profilé octogonal accède alors au rang de trophée ou de pièces à points de vue multiples.

Compositions murales 1-2-3-4 sont des modules de parpaings en bois composés à la manière du portait. Chacun a son volume, sa couleur et sa forme et ils sont tagués en leur recto. Stéphane Albert a collaboré avec des graffeurs, qui ont apposé leurs « blazes » (leurs signatures). Le principe du graffiti se trouve déplacé, puisqu’il est ici contraint par un cadre (et non par un environnement). De plus, il ne procède plus d’un geste libre et spontané, puisqu’il reprend le tag selon un processus lent et contraignant de brûlage. Le rendu prend alors des allures de bas-relief. Le verso du parpaing n’est pas plein. La pièce offre une double-face, et rejoue en son dos le principe du cartel de l’œuvre et du châssis d’une toile. Cette nouvelle série prolonge le protocole des Constructions (2001-2011), composées à partir de panneaux de bois recyclés et retaillés en modules parpaings, qu’il assemble à partir des couleurs et des marques initiales. Compositions murales 1-2-3-4 laissent présager de nouvelles perspectives de compositions et de récursivité, qu’il projette d’adapter et expérimenter selon les supports à venir et les espaces d’expositions futures.

Un planisphère sur tissu laisse en suspens une ré-interprétation de l’image du monde. Les inscriptions de noms de villes, de pays, de régions flottent ; tous les tracés ont disparu. Avec Composition (d’après la carte politique du monde, échelle 1 : 23 000 000 – Kümmerly & Frey), la géographie se trouve réduite à un égrainage de noms, redessinés sur le même principe des pages de la Littérature qu’il reproduit manuellement depuis 2000, sous le mobile de protagonistes prénommés Albert.
Stéphane Albert dissout les continents, engendre leurs dérives, les essaime en archipels et s’approprie le planisphère, par nature, normatif et immuable.

L’exposition Merci révèle de multiples translations entre standard et singulier, tout en déjouant les pièges de la sublimation et de l’ersatz.

Charline GUIBERT
Le 28 avril 2011

 

Galerie Jeune Création
24 rue Berthe 75018 Paris (Abbesses / Pigalle / Anvers)
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Avec le soutien de la Mairie du 18e.

Wired Above

Mardi 12 avril 2011

David Morin et Neil Webb

Vernissage le jeudi 21 avril à 18h avec performance sonore
Exposition du 22 avril au 7 mai 2011
Du mardi au samedi de 11h-18h

L’exposition « Wired Above » est une installation sonore multi diffusion produite par les artistes David Morin et Neil Webb.
La pièce se compose de sons accidentels ou cachés de notre environnement qui, le plus souvent, ne sont pas remarqués ou imperceptibles.
David Morin et Neil Webb sont à la recherche de nouveaux paysages sonores, et prêtent l’oreille aux sons qui reflètent l’activité naturelle ou artificielle.
Le son des câbles à haute tension se mêle avec les courants marins et allées venues de chauves-souris.

www.davidmorin.org

www.neilwebb.com

Cette exposition reçoit le soutien de

http://www.shu.ac.uk/

 

Galerie Jeune Création
24 rue Berthe 75018 Paris (Abbesses / Pigalle / Anvers)
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Avec le soutien de la Mairie du 18e.

Un tableau / un dessin

Dimanche 6 mars 2011

Un tableau / un dessin
Olivier Filippi

Vernissage le vendredi 11 mars à 18h
Exposition du 12 mars au 9 avril 2011
Du mardi au samedi de 11h-18h

« Suivant deux modes distincts, les œuvres graphiques et picturales d’Olivier Filippi mettent à l’épreuve la vitesse de l’image, l’évidence commerciale du design graphique héritier du Pop, le caractère de pures surfaces des productions culturelles de masse. Les dessins démantèlent le processus visant, dans les tableaux, à atteindre par une voie lente et intuitive, une force d’impact similaire à celle de l’image publicitaire et technologique. À ce titre, par l’espace et le temps d’improvisation et de « désordre » qu’ils s’autorisent, et par leur fragilité même, ils associent à la grande maîtrise dont témoignent les tableaux récents la manifestation du souci profond et réfléchi de renouvellements prochains et de devenirs inattendus. »
Cédric Loire, extrait de « Lent impact », avril 2008.

http://o.filippi.free.fr/


Galerie Jeune Création
24 rue Berthe 75018 Paris (Abbesses / Pigalle / Anvers)
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« Eye of the Storm »

Lundi 7 février 2011

« Eye of the Storm »
Per Svensson et Duncan Nilsson-Pinhas

Vernissage le mardi 15 février à 18h
Exposition du 16 février au 5 mars
Du mardi au samedi de 11h-18h

Le projet « Eye of the Storm » traite de la fascination qu’exercent sur l’homme les phénomènes naturels basés sur le cycle et les courants.

Avec une approche à la fois sonore et visuelle, Per Svensson et Duncan Nilsson-Pinhas nous proposent un travail sur la visualisation du son et l’oscillation des ondes sonores en relation avec les forces de la nature.

La vidéo, le son et l’installation permettent aux artistes de retranscrire la matière enregistrée en extérieur en confrontation avec les éléments naturels (la mer, le vent…).
Les œuvres invitent le spectateur à un voyage au cœur de paysages invisibles et proposent une mise en scène des outils de captation utilisés par les artistes.

Le projet « Eye of the Storm » est pluridisciplinaire et également performatif.

« Eye of the Storm » a joué à la soirée Non jazz, organisateur de concerts de musiques improvisées et expérimentales, le 22 janvier au Générateur à Gentilly. Per et Duncan ont créé un vrai groupe de scène recréant silence et fureur des vents. Le groupe a joué des sons d’environnements et malaxé des matières faisant écho aux mouvements d’étricules, de magma, aux esprits perdus dans le large.

Deux autres performances visuelles et sonores sont programmées à Paris : le 8 Février à la Cité Internationale des Arts et le 19 février pour l’événement IRL au Centre Mercoeur. Per et Duncan proposeront également un concert performatif à Poitiers le 12 Février.

“Per Svensson, originaire de Göteborg, est depuis longtemps un des artistes prédominants de Suède. La somme de ses oeuvres est à la fois longue et multidisciplinaire: peinture, sculpture ainsi que son, performance et installation. Ses travaux ont été exposés au L.A.C.E. à Los Angeles, à Heliosturm à Cologne, au Musée d’Art Moderne à Stockholm, au Musée d’Art de Göteborg et au Musée National de Lusaka, Zambie. L’Art de Per Svensson décrit souvent l’Inconnu, l’alchimie, les sciences occultes et les enjeux écologiques entre l’homme et la nature. Il fait des recherches sur ces sujets avec la précision d’un artiste et le résultat est souvent des installations audiovisuelles frappantes et poétiques”
Joachim Norwall et Henrik Rylander, curators de BOTANIC SOUNDS

http://www.persvenssonsoundart.com

Duncan Nilsson-Pinhas, né à Lund – Suède, enchaîne depuis 2005 albums solo, pièces sonores, concerts, collaborations et projets audiovisuels dans des domaines aussi variés que l’ambient, le blues, la noise, l’electro-acoustique, l’interaction image/son dans les arts numériques, la sonorisation d’exposition et la composition de musique de films.
Ses travaux récents et projets audiovisuels (GEO) sont basés sur l’énergie et le mystère des éléments naturels et leur confrontation avec le monde industriel.

www.myspace.com/duncanpinhas

Christophe Herreros et Julie Chaumette

Vendredi 10 décembre 2010

Jeune Création présente, en partenariat avec la Mairie du 18e

Christophe Herreros, Prix Jeune Création 2010 et Julie Chaumette, Prix Boesner 2010

Vernissage le jeudi 13 janvier 18h

Exposition du 14 janvier au 5 février 2011

Mardi-samedi 11h-18h

GALERIE JEUNE CRÉATION
24 rue Berthe
75018 Paris
M° Abbesses (ligne 12) / Anvers ou Pigalle (ligne 2)
01 42 54 76 36
info@jeunecreation.org

Exposition inaugurale de la nouvelle galerie Jeune Création

Jeudi 2 décembre 2010

JEUNE CRÉATION DÉMÉNAGE!

Ouverture du nouveau lieu avec:

Mariano Angelotti, Sandra Aubry, Gabriel Hernandez, Jean-Christophe Kerourédan,
Sylviane Masson, Antoine Miserey, Siegfried Zeller.

Vernissage le 9 décembre à partir de 18h
Exposition du 10 au 23 décembre 2010
Mardi-samedi 11h-18h

GALERIE JEUNE CRÉATION
24 rue Berthe
75018 Paris
M° Abbesses (ligne 12) / Anvers ou Pigalle (ligne 2)
01 42 54 76 36
info@jeunecreation.org