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Depuis le début, ma pratique artistique consiste à raconter. À raconter des histoires, ou plutôt ce que j’appelle des «rapiècements narratifs», sortes de cadavres-exquis oraux ou picturaux souvent bancals, absurdes, épiques, noirs, drôles. Comme ce qu’il advient des événements d’une vie qui verrait, comme Don Quichotte avec l’aventure, de potentielles histoires d’amour ou de destinée dans chacun de ses segments, mais surtout comme seule perspective de survie. Ce travail fragmentaire puise dans les mythes et les légendes populaires, l’actualité, dans l’histoire politique ou l’anecdote, dans les objets, les sons et les personnages de mon proche -environnement.-
Ma fascination pour les monstres, les objets et les animaux donne un ton quelquefois grinçant et pathétique à ces histoires dans lesquelles ces derniers jouent le rôle du héros, du sujet pictural ou d’un personnage métaphysique, accentuant à la manière des contes la relation absurde ou énigmatique que nous pourrions entretenir avec ceux-ci, et notre propre peur d’être «des leurs». Ces récits s’articulent grâce à différent médiums tel que le dessin, la photo, le film, l’écriture, la performance ou la chanson et se déploient aussi dans l’installation. Ils projettent à la manière d’un théâtre de poche un univers inspiré du cinéma et du spectacle qui sont mes domaines de prédilection et dans lesquels la question de la collaboration est centrale.
Ma démarche est motivée par les questions à la scène, au cinéma, à la musique et à la littérature, et mon travail, peu importe le médium qu’il emploie, s’inspire et collabore à ces langages. C’est dans cet esprit que j’ai effectué une série de performances où je raconte seule sur scène l’histoire du film que je suis en train de faire. Projetant sur un écran des extraits de ce futur film pour en appuyer le récit oral, chantant le générique au piano, mimant les personnages absents des images, je cherche à faire entrer du vivant en tant que tel dans le cinéma, à déplacer le spectateur de la deuxième à la troisième dimension, mêlant les aventures fictives du personnage principal à ce qui se passe dans l’espace même où celles-ci sont racontées.
Pauline Curnier-Jardin, France, 1980, vit et travaille à Paris et à Berlin.
De la ciboulette dans la maison-crâne, 2009, installation composée de : »Amis « (première version d’une collection), 2009, vidéo, 6′40 » (musique : Leyland Kirby) ; « Mami » (Le nez de Mami et les Prosôponpons), 2009, photographie (prise de vue : Jean-Francois Robardet), « La fâveur de la Bûche-Flûte » (Acte III du Salon d’Alone), 2009, sculpture (céramique, bois, fer) et « Amis », 2009, série de 8 dessins (encre sur papier)
Pauline Curnier-Jardin présente ici un ensemble d’œuvres selon une esthétique proche de celle du cabinet de curiosité. Plusieurs médias cohabitent, et certains objets renvoient à d’autres créations de l’artiste : « la fâveur de la bûche-flûte » est un personnage de l’opéra Le Salon d’Alone (2008-2009). A l’arrière-plan de « Mami », on découvre la série de quatre sculpture-masques Les Prosôponpons (2004-2008). Quel rapport entre ces formats hétéroclites ? Il s’agit toujours d’objets, trouvés, chinés, vus dans des musées (« Amis », vidéo ou dessins) et auxquels l’art de Pauline Curnier-Jardin redonne une vie propre. La théâtralité du dispositif est ainsi une condition sine qua non de ce processus : c’est cet univers fantasmagorique propre à l’artiste qui réanime les objets, dont la vie se manifeste entre autres par l’abondance des connotations sexuelles. Ainsi, ces objets dits « primitifs », qui viennent renouveler l’art occidental depuis le début du siècle (arts premiers, jouets, objets artisanaux et folkoriques), sont ici réanimés par l’art. Ils conservent du coup cette inquiétante étrangeté qui est la leur et nous plongent dans un univers marqué par l’altérité.
Pauline Curnier-Jardin participera aussi à deux performances collectives au cours de Jeune Création.
Performances : La Carmagnole des She-Romps – 2009, 25′ avec Catriona Shaw, samedi 7 novembre à 19h ; Les Vraoums - 2009, concert spectacle, 60′, avec Maeva Cunci, Pauline Curnier Jardin, Aude Lachaise et Virginie Thomas, dimanche 8 novembre à 18h30
Mots-clefs : Dessin, Performance, Photo





[...] EX-STUDENT DES 2000z Posté en BLOG 2004-2009 par helene delprat à 2009/11/05 PAULINE. Là [...]