Jean Denant

jean denant

« Around the World »

Un planisphère martelé dans le mur à l’échelle d’une embrassade, révélant continents et nations dans les béances de la surface, trous et fissures pour les terres, surfaces lisse et blanche pour les océans. non loin de là, dans la pénombre, éclairé par le bienvenue et bien nommé, néon blafard, un modèle réduit de pelleteuse à monter soi même, en cours de fabrication à l’aide d’élément de placoplâtre soustrait aux cimaises de l’espace d’exposition. L’absence de ces mêmes pièces laisse des jours dans les murs, révélant l’envers du décor du dit espace d’exposition, apparaissent l’atelier, l’établi, les stocks de bois, de pièces diverses, les outils, l’indispensable au travail artistique, la régie. Jean Denant l’auteur de ces pièces, en plus de son aisance ludique à révéler le monde, s’attache finement à produire une œuvre in situ au sens strict. Le lieu d’exposition devient ici littéralement une carrière, l’endroit ou l’on prélève la matière première essentielle à la réalisation de l’œuvre ou l’illustration efficace du dicton « se nourrir sur la bête ». L’économie de moyen poussé à son paroxysme. L’intérêt de se positionnement réside autant dans la posture économique, que physique. Ici la planisphère n’est pas seulement une image du monde, elle rappelle la présence corporelle de l’artiste, son échelle face au mur d’exposition, la distance de son corps au bâtit, l’ écartement de ses bras définisse la surface de l’œuvre.
Imaginez celui-ci, marteau à la main confronté à la parois vierge, inscrire de mémoire la représentation plane de la terre.

Jean Denant affirme son inscription au monde et surtout l’inscription de l’art et de ce que parfois il atteint, la révélation d’une globalité, par la déclaration d’une singularité.

Manuel Pomar, directeur du centre d’art « lieu commun » à Toulouse

www.myspace.com/jeandenant

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