Gaspard Drubigny

Mon travail se base sur l’observation et la prise en compte systématique de l’erreur dans un programme, un appareil, une image ou un son, comme l’expression d’une forme de réactivité de la matière.
La mise en évidence de ces phénomènes, à travers la sculpture, l’installation, la performance ou l’édition me permet de considérer ces éléments intempestifs comme des manifestation d’une possible identité de l’objet.
L’ensemble de mes recherches consistent, la plupart du temps, en une réhabilitation d’appareillages aujourd’hui obsolètes. Le perfectionnement constant de l’industrie et des sciences tient à l’écart toute forme d’erreur sous peine d’arrêt total du fonctionnement. Toute modification ou réparation devient alors impossible : seule la fonction de production utile prime.
L’idée est de signifier, à travers une mise en place de dispositifs de modification du corps de l’objet, une cohérence dans l’apparition de l’aléatoire. Tout comme pour les horloges chimiques où des milliards de molécules oscillent en synchronie, ou encore les colonies d’amibes où les cellules coopèrent pour former un organisme, c’est un comportement logique mais potentiellement libre de la matière que j’interroge. Ainsi, toutes traces de l’activité interne (électrique, magnétique, vibrations, propriétés des matériaux ,etc.), toujours passées sous silence en tant que preuve d’imperfection et donc de non-fonctionnalité, prennent la forme d’une trace résiduelle d’activité propre. Lorsque l’on supprime la raison d’être de l’objet apparaît alors un langage inconnu. Une parole propre à la matière considérée. Ces organismes peuvent alors exprimer, générer, une forme de création.

http://www.collectifcross.org/artists/1

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