Il est des déplacements que l’on remarque à peine.
Des bouleversements.
Un instant. Pour que nos repères tombent en ruines.
Je donne à voir le passage.
D’un état à un autre.
À aucun moment la construction pré-existante dans sa totalité, ni l’état final, postérieur à la chute.
Je vous parle de la perte, je vous parle du reste – à la fois.
Image d’un désastre et image d’une résistance, c’est cette instabilité qui crée la proximité avec l’humain.
Plus que l’effondrement d’une architecture de feuilles c’est aux fondements de l’intime auxquels on est confronté.
Estela Alliaud, France, 1986, vit et travaille à Paris,
Estela Alliaud présente une série de photographies qui documentent des installations éphémères. Les matériaux fragiles avec lesquels ont été réalisées ces installations évoquent directement le caractère fugitif des choses et le temps qui passe. Les photographies, prises à différents moments d’un même processus de dissolution, montrent un équilibre en train de se défaire sous nos yeux : de la glace fond petit à petit, libérant des pages de livres, des cendres en briquettes sont pulvérisées, des pavés de sucre se dissolvent dans l’eau. Estela Alliaud a inventé un mot-valise pour parler de son travail : « perdessence » est un terme polysémique qui dit à la fois la perte de l’essence et la traversée du ou des sens. L’économie des moyens utilisés, l’attention portée à des événements peu spectaculaires, le chromatisme restreint enfin permettent à l’artiste de suggérer la portée essentielle contenue dans d’infimes accidents.
Marie Frétigny
Mots-clefs : Photo



Les fòtos d’Estèla Alliaud me touchent énormement. Plus qu’un château de cartes qui fait effondrer sa vie, son passé l’espace d’un instant, ici c’est le grand livre de la vie qui est emporté page après page par un souffle quasi magique. Il ne teste plus qu’un amas de feuilles désordonnées, inertes. Quelqu’un viendra-t-il remettre un peu d’ordre dans tout cela ? Merci et compliments pour ce travail et les impressions qui nous sont données.
En observant cette photo extraordinaire, mon cœur se serre. Dans un univers où règne le virtuel, nos bibliothèques d’antan aux livres séculaires et grimoires jaunis, imprégnées d’odeurs mêlées d’encre et d’humidité, lentement se désagrègent tandis que quelques pages dérisoires et fantômatiques s’en viennent joncher le sol, telles les feuilles mortes d’un square que le vent lentement éparpillera. Ne demeurent alors que ces murs blancs tristes et vides, dépourvus d’histoire. Merci pour la beauté de cette œuvre et toute l’émotion qu’en quelques mots vous avez si bien su nous communiquer.
On reconnait ici le caractère non permanent de toute chose, base de la philosophie bouddiste.
Carpe diem.
N’avez-vous jamais remarqué que les feuilles libres aiment à s’éparpiller? Dès que nous avons tourné le dos, elles se déplacent, se mettent en ligne, forment des escaliers… Voilà pourquoi on les agrafe, on les relie, on les prive de liberté. Merci de me faire rêver.
je suis une amie de votre cousin Yannick d’Avignon qui m’a bcp parlé de votre travail effectivement
BRAVO
on a hate d’en voir d’autre !!
Sincérement
Anabel Paris
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